lundi 25 août 2025

Les incohérences : mise en pratique (3/3)

J’ai réservé le meilleur pour ce dernier exemple car tout n’est pas toujours aussi simple : ce serait tellement ennuyeux !

Dans cette même branche bourguignonne, j’ai quelques implexes qui me donnent du fil à retordre et de nombreux homonymes à remettre dans la bonne génération.

Plusieurs problèmes dans cette branche 4 :

Claude BOIRE est mon SOSA 82 ; il a eu 3 épouses :

    • Dominique GILLOT (1766 - 1785), mariage à Moux en Morvan le 18/02/1783 (AD 58 BMS page 54/202)

    • Jeanne COURTOIS (1755 - 1788), mariage à Moux en Morvan le 10/01/1786 (AD 58 BMS page 95/202)

    • Adrienne BALLOUX mon SOSA 83 (1771 - 1833), mariage à Alligny en Morvan le 10/01/1790 (AD 58 BMS page 94/147)

Avec Adrienne, Claude a eu 9 enfants :

  • Jeanne (1791 – 1862)

  • Jean (1793 – 1868)

  • Claude (1795 – 1869)

  • Pierre (1798 – 1865)

  • Pierrette (1804 – 1805)

  • Jeanne (1806 – 1870)

  • Françoise (1807 – 1871)

  • Reine (1810 – 1882)

  • Claudine (1813 - 1882)

L’incohérence potentielle se situe entre l’âge des enfants Jeanne et Françoise dont les dates de naissance sont trop rapprochées.

J’ai donc vérifier les baptêmes (actes paroissiaux) et les naissances (actes d’état civil) dans les archives de la Nièvre, et plonger dans les actes paroissiaux de la Nièvre, c’est un véritable parcours du combattant pour moi !

Naviguer dans les registres paroissiaux de la Nièvre relève d’un exercice d’équilibriste : entre les lacunes chronologiques – passage du calendrier Grégorien au Républicain - l’encre très grasse provoquant des bavures importantes sur le papier – ou plume inappropriée – l’absence de tables en fin de registre, les lettres épaisses au point de se confondre entre elles, rendant la lecture laborieuse, des taches sombres, probablement dues à l’humidité ou à une manipulation négligente, qui obscurcissent plusieurs lignes du texte, bref, il faut une bonne dose de patience et un œil affûté pour espérer reconstituer une lignée ou dénicher un acte précis.

Et lorsque le « copiste » s’en mêle… c’est une autre histoire ! Écriture tremblante, orthographe approximative, encre qui bave ou taches qui masquent les noms cruciaux : on frôle l’enfer archivistique. Certains feuillets semblent avoir été rédigés à la hâte, dans une lumière vacillante, avec une plume récalcitrante ! Résultat : des patronymes méconnaissables, des dates incertaines, et des heures passées à déchiffrer ce qui ressemble plus à une devinette qu’à un document officiel.

Si pour les chercheurs professionnels c’est une épreuve, pour la passionnée que je suis, c’est un défi ! Et pour les curieux, une plongée fascinante dans le chaos organisé des archives anciennes… Je ne vais pas me plaindre, ces archives ne sont rédigées ni en latin ni en allemand gothique !

Mais vous vous doutez bien que j’ai trouvé, sinon cet article n’aurait pu être écrit !

Jeanne est née le 30 juin 1801 (11 Messidor An IX) et Françoise le 11 janvier 1807 (21 Nivôse An XV) ; entre les deux sœurs est née une petite Pierrette qui n’aura vu le jour qu’une année….

Toujours dans la famille BOIRE, voici une autre « incohérence » :

Mes SOSA 82 et 83 (encore eux ! ) ont donc eu 9 enfants dont Jean BOIRE, second de la fratrie ; Jean a épousé Dominique GILLOT – homonyme de la seconde épouse de son père Claude. Jean et Dominique ont eu un fils Nicolas – j’ai aussi beaucoup de cousins « Nicolas BOIRE » dans mon arbre – marié à Marie BROSSIER. Le logiciel me signale une incohérence dans « l’âge des conjoints à leurs décès ».

Pas d’alternative possible : je vais devoir chercher les trois actes d’état civil pour chacun des conjoints.

Petite précision : il ne vous a sans doute pas échapper, en navigant dans GENEATIQUE, la présence de 3 carrés à côté de chaque individu de votre arbre ; ils ne sont nécessairement le symbole d’une incohérence ; ils indiquent des informations complètes ou pas :

  • Le carré rouge : l’événement (naissance, mariage, décès) existe mais aucune date ni lieu n’a été saisi

  • Le carré orange
     : une date ou un lieu a été saisi, mais pas les deux

  • Le carré vert : la date et le lieu sont renseignés

  • Le carré vert coché : en plus de la date et du lieu, une source est associée à l’événement.

On peut toutefois se dire que le carré rouge indique une donnée manquante, ce qui peut entraîner une incohérence, mais ce n’est pas une incohérence en soi.

Revenons au couple Nicolas BOIRE / Marie BROSSIER : l’incohérence se situerait au niveau de l’âge du décès des conjoints. Je vais donc rechercher l’acte de mariage puis la filiation de chacun des mariés.

Problème : j’ai bien retrouvé la publication des bans :

… .. mais avec deux promises différentes : Marie BROSSIER et Reine GEAY !

Y aurait-il deux Nicolas BOIRE, dans la même ville, dans le même hameau ? Un seul mais avec deux éventuelles promesses de mariage, comme je l’ai déjà vu dans mon arbre, et toujours en Bourgogne ou bien ….. Je dis souvent que s’il y a un problème, il y a forcément une solution et cette solution passe par la recherche des actes. Allez, on s’y colle !

Nicolas BOIRE est le 7ème enfant de son père Jean – fils de Claude et de Adrienne BALLOUX – et de sa mère Dominique GILLOT :

  • Anne, née le 30/01/1814

  • Jeanne, née le 23/12/1815

  • Pierre, né le 26/07/1818

  • Claude, né le 14/08/1820

  • Jeanne, née le 03/05/1822

  • Pierrette, née le 29/10/1824

  • Nicolas en 1826

  • Anne, née le 21/11/1830

  • Nicolas, né le 17/09/1835

Donc deux promesses de mariage entre

  • Nicolas BOIRE, 22 ans, majeur, fils de Jean BOIRE -propriétaire - et de Dominique GILLOT, et d’autre part Marie BROSSIER, fille mineure de Etienne – brassier – et de Reine BLANDIN, originaire de Saint Martin du Puy (58)

  • Nicolas BOIRE, 22 ans, majeur, fils de Jean BOIRE -propriétaire - et de Dominique GILLOT, et d’autre part Reine GEAY, fille majeure et naturelle de Philiberte GEAY.

Nicolas épousera Reine le 26/11/1850 à Alligny en Morvan (AD 58 n°22 page 894/1035).

Marie BROSSIER – ou plutôt Marie Blandin – est la dernière enfant de ses parents ; la fratrie de cinq a été légitimée par le mariage de ses parents Etienne BROSSIER et Reine BLANDIN, le 01/01/1833 à Saint Martin du Puy (AD 58 n°1 page 879/1272) ; Marie partira pour la capitale où elle épousera un « garçon de magasin » Jean BUISSON ; le couple s’unira le 10/07/1852 à la mairie de Belleville (acte reconstitué de l’état civil de Paris / XVI – 1859 / page 1443/3086). Peut-être est-ce un meilleur parti pour Marie : pour une jeune morvandelle, partir pour la ville des lumières et des opportunités, c’était presque un saut dans le modernisme !

Jean, le cultivateur, incarnait la stabilité, la terre, le rythme des saisons. Moins de glamour, certes, mais une vie souvent plus durable ; et s’il était propriétaire ou héritier, cela pouvait représenter une richesse bien plus solide qu’un salaire de ville, car le village offrait un tissu social fort, des repères, et une continuité familiale.

J’ai passé plusieurs jours sur cette situation intrigante, presque digne d’un roman rural du XIXe siècle ; je me suis d’ailleurs demandé ce qui avait bien pu motiver le choix de Jean.

Mais c’était sans compter sur les pressions familiales : il est possible que les deux familles aient poussé à un engagement, chacune espérant une alliance avantageuse. Les promesses de mariage étaient souvent négociées par les parents, et notamment par le « patriarche ». On peut également penser que Jean, en tant que cultivateur, pouvait chercher à renforcer sa position sociale ou économique. Reine, étant du même village, aurait pu représenter une union plus stable ou avantageuse sur le plan foncier. Quant à Marie, le fait qu’elle vienne de Saint-Martin-du-Puy pourrait indiquer une rencontre lors d’une foire, d’un marché ou par l’intermédiaire d’un parent. Elle aurait pu apporter une dot intéressante ou une nouveauté séduisante.

La réponse se trouve très certainement dans les archives notariales….

Quoiqu’il en soit, troisième problème résolu !


jeudi 21 août 2025

Les incohérences : mise en pratique (2/3)

Nouvelle incohérence potentielle dans mon arbre :

Jules GOURDAIN est le beau-père de Gustave Joseph DEIBER, un grand-oncle côté paternel.

Jules GOURDAIN a eu deux épouses :

  • Constance DEHAMME (1864 - 1892)

  • Eugénie DOCHE (1858 - ?)

Le couple GOURDAIN-DEHAMME a eu 5 enfants, dont l’ainé Emile né en 1877.

La seule incohérence potentielle ici concerne l’âge de Constance DEHAMME au moment de la naissance d’Émile ; née en 1864, Constance aurait eu 13 ans à la naissance de son fils.

Cela soulève une alerte généalogique, car biologiquement, une maternité à 13 ans est extrêmement rare, mais pas impossible.

Il peut alors s’agir de :

  • une erreur de saisie dans la date de naissance de Constance

  • une mère différente : Émile pourrait être le fils de Jules avec une autre femme et non de Constance

  • une adoption ou un enfant naturel : Émile pourrait avoir été adopté ou être un enfant né hors mariage, rattaché plus tard à Jules

  • voire un ordre des unions inversé : peut-être que Eugénie DOCHE était la première épouse, et Constance la seconde — ce qui changerait la mère potentielle d’Émile.

Une seule et unique solution pour y remédier : relire tous les actes et croiser les sources ! Un grand classique…..

Sur l’acte de mariage des époux GOURDAIN-DEHAMME (AD 60 n°115 page 334/357), célébré à Mouy le 5 octobre 1878, les deux futurs sont majeurs : Constance avait 26 ans (donc née vers 1852) et Jules 23 ans (donc né vers 1855).

Direction les tables décennales dans les AD 60 : TD 1802 – 1872

Dans les archives, je retrouve aisément l’acte de naissance de Constance : AD 60 n°2 page 623/662 avec un petit « bonus » avec une sœur Clémence.

De même, je retrouve l’acte de naissance de Jules (AD 60 n°20 page 251/660) et après relecture de l’acte de mariage, je relève que le premier enfant du couple Emile, est bien né avant l’union de ses parents et que sa naissance a été légitimé par le mariage de Jules et Constance.

Dans GENEATIQUE, il m’a suffi de rectifier la date de naissance de Constance pour que l’incohérence disparaisse.

Deuxième problème résolu ! Au suivant et pas des moindres….


Les incohérences : mise en pratique (1/3)

Même si je pratique la généalogie depuis de nombreuses années, je ne suis jamais à l’abri d’une erreur ! C’est la raison pour laquelle, il est important de toujours vérifier les incohérences.

Je ne sais pas si vous êtes comme moi, mais une seule incohérence, et mon cerveau refuse d’avancer : je dois la trouver et la corriger….

Dans GENEATIQUE, je suis le chemin : Rechercher / Rechercher des données incohérentes dans les fiches.

S’affiche alors une succession de patronymes que je peux classer à ma guise en colonne, par branche ou par images.

Tant d’erreurs ! Je suis très impressionnée….

En généalogie, une incohérence désigne une information qui semble contradictoire ou illogique dans un arbre familial : une date de naissance qui précède celle des parents, un décès avant la naissance, ou encore deux enfants nés à quelques jours d’intervalle… mais cela, je l’ai déjà expliqué dans l’article précédent.

Toutefois une incohérence détectée par un logiciel n’est pas forcément une erreur réelle. Les outils numériques appliquent des règles strictes, parfois trop rigides, à des données humaines. Or, la vie réelle est pleine d’exceptions : remariages, adoptions, erreurs de transcription, prénoms interchangeables… Autant de cas qui peuvent troubler l’algorithme sans pour autant invalider l’histoire.

Il est donc essentiel de garder un œil critique, de recouper les sources – vérifier les paramètres également - et surtout de ne jamais oublier que derrière chaque donnée, il y a une vie, une histoire, et souvent… un peu de chaos humain.

Retour à ma terrible liste : j’opte pour un affichage par branche et éviter ainsi toute dispersion. Sur mon écran, dans la colonne en bas à droite, je choisis d’imprimer cette liste pour mieux l’exploiter.

Voici un exemple facile à gérer : une incohérence qui en fin de compte n’en est pas une….

Claude BRETIN et Pierrette LACOUR ont recueilli mon Aagrand-mère (mon SOSA 23) Pauline BOIVILLE, une enfant assistée et abandonnée à l’hospice d’Autun. Il s’avère que le couple avait déjà des enfants :

  • Etienne, né en 1841

  • Jacques, né en 1846

  • Etienne, né en 1849

  • Louis, né en 1851

Pauline est née en septembre 1851 ; le couple venait alors de perdre le petit Louis, à l’âge de 4 jours, né au mois de juillet 1851. Ce fut certainement une heureuse opportunité pour cette maman d’accueillir une petite fille, après avoir eu plusieurs garçons et perdu le dernier….

Dans mon arbre généalogique, j’ai fait délibérément le choix d’inscrire les parents adoptifs et les enfants assistés (retrouvés souvent grâce aux recensements) ; il faut dire que j’ai une branche bourguignonne qui a accueilli de nombreux enfants : il me semblait cohérent de le mentionner.

Parce que la généalogie, ce n’est pas seulement une affaire de sang — c’est une affaire d’histoires humaines.

Les enfants assistés, souvent placés dans des familles d’accueil ou des institutions, ont traversé des parcours de vie marqués par l’absence de repères familiaux. En les intégrant à mon arbre, je choisis de reconnaître leur existence, leur histoire, et leur place dans le tissu social et affectif d’une époque.

Même sans lien biologique, ces enfants ont parfois grandi aux côtés de mes ancêtres, partagé leur quotidien, influencé leur trajectoire. Les exclure reviendrait à effacer une part de réalité, à nier des liens qui, bien que non génétiques, sont profondément humains.

Mon arbre ne se limite pas aux lignées de sang. Il raconte aussi les silences, les absences, les solidarités invisibles. Et les enfants assistés en font pleinement partie.

Ce choix m’a permis notamment de mettre en évidence des unions insoupçonnées ; par exemple, j’ai découvert qu’une belle-sœur de Pauline avait épousé un fils de sa famille adoptive.

Voilà donc une incohérence qui n’en est pas une !

Dans un arbre généalogique, certaines alertes peuvent apparaître lorsqu’un enfant adopté semble "incompatible" avec ses parents adoptifs : dates qui ne correspondent, âges trop éloignés ou trop rapprochés, lieux de naissance différents… Le logiciel peut y voir une incohérence. Mais en réalité, il s’agit simplement d’une lecture trop rigide d’une histoire profondément humaine.

L’adoption ne suit pas les règles biologiques, et c’est justement ce qui en fait sa richesse. Un parent peut adopter à 60 ans, un enfant peut venir d’un autre pays, avoir un passé complexe, ou même plusieurs identités successives. Ces situations ne sont pas des erreurs : ce sont des réalités.

Pour ma part, il est essentiel de distinguer les incohérences techniques des vérités humaines. L’adoption crée des liens puissants, légitimes, et dignes d’être représentés dans un arbre — même si les dates ou les lieux ne « collent » pas selon les standards du logiciel.

Mon arbre raconte des vies, pas seulement des lignées. Et chaque adoption y a toute sa place.

Pour valider cette « incohérence » dans GENEATIQUE, je me positionne sur l’individu en question et à droite de l’écran de saisie, je coche « valider les cohérences de cette personne ».

Bien évidemment, j’aurai au préalable rechercher les actes correspondants.

Problème résolu… Au suivant !

mercredi 20 août 2025

Les doublons et incohérences : les repérer, les gérer


Après le téléchargement du GEDCOM de GENEANET vers GENEATIQUE, j'ai eu la désagréable surprise de voir une différence d'individus : cherchons l'erreur....

Mon 1er travail sera donc un grand nettoyage : supprimer les doublons éventuels et corriger les incohérences.

Ensuite seulement, je pourrai vérifier les sources, ajouter des photos et des notes personnelles.

  • La gestion des doublons dans Généanet :

Depuis la page d’accueil de mon arbre, je clique sur le lien « Doublons potentiels » en utilisant les filtres : années identiques, unions homonymes, ou parents homonymes, ce qui me permet de mieux cibler les cas suspects.

J’ai de nombreux homonymes dans mes branches et je tiens à éviter les faux positifs, comme les homonymes ou les prénoms récurrents dans une même famille ; je coche également les individus sans nom.

Verdict : aucun doublon potentiel !

  • La gestion des doublons dans Généatique : la logique voudrait que je n’ai aucun doublon puisque Généanet n’en a détecté aucun ; mais ne sait-on jamais….

Dans le menu du haut, je suis le chemin : Rechercher / Recherche de doublon (je ne modifie aucun critère) ; Généatique propose d’emblée une sauvegarde, que j’accepte bien évidemment !

Verdict : « Aucune fiche de personne ne semble être en double ! » Ca me rassure...

*

C’est alors que je visualise mon SOSA 8, le père de mon grand-père : et que vois-je ?

Un énorme point d’exclamation ! Ça ne me plaît pas du tout….

C’est une incohérence.

Dans Généatique, les incohérences sont des alertes qui signalent des erreurs logiques ou chronologiques dans les données de notre arbre généalogique. Elles permettent de repérer des saisies improbables ou impossibles, afin de garantir la fiabilité de la base.

Les types d’incohérences les plus courantes sont :

  • Un enfant né avant ses parents : un enfant né par exemple en 1862 alors que son père est décédé en 1860

  • Un mariage improbable : une union dont l’épouse n’a que 9 ans !

  • Un âge invraisemblable : une personne décédée à 150 ans !

  • Un évènement après décès : une profession exercée après la mort, sans aucun doute un mauvais ordre des évènements

Une petite icône rouge dans l’onglet « Essentiel » de la fiche d’une personne et c’est le drame !

Dans l’espace de travail, à droite de l’arbre, double-cliquez sur cet icône pour afficher le détail de l’incohérence.

Dans l’exemple de mon Agrand-père Émile Théophile – qui compte 4 mariages à son actif ! – il semble y avoir des incohérences dans l’âge des mariés.

Ignorer cette incohérence ne semble pas une bonne idée : même si certaines alertes peuvent êtres exagérées, elles peuvent toutefois révéler une erreur de recopie depuis une source en ligne, une fiche en double ou mal reliée, voir une confusion entre homonymes.

Donc, je vais gérer cette incohérence

  • en vérifiant les dates et rechercher mes sources

  • en corrigeant les erreurs de saisie, s’il y en a une ; par exemple une inversion de chiffres est toujours possible

  • en ajoutant les événements manquants : parfois, une incohérence vient d’un événement oublié

  • voire en utilisant les notes si l’incohérence est volontaire

  • Ou bien alors en masquant l’incohérence : si elle est justifiée, tu peux la ignorer via l’interface.

*

Donc, Emile Théophile, tanneur-mégissier, s’est marié

  • le 23 décembre 1899 à Mouy (Oise)avec Marie Clémence DELARUE, jeune tisseuse de16 ans : il avait alors 20 ans ; mais mon Agrand-mère est décédée peu de temps avant la guerre 14-18 ;

  • le 15 avril 1919 à PARIS 5, avec Noémie Sophie GALZIN, veuve de Victor Auguste MASSON, décédé en 1910 ; veuf avec encore 3 enfants à charge, Emile Théophile a alors 40 ans et elle 47 ans ; c’est une période douloureuse d’après-guerre ; Noémie Sophie, de profession blanchisseuse, vivait dans le même hall d’immeuble ; en 1935, elle décède à 63 ans ;

  • le 27 février 1937 à PARIS 75005, avec Athalie Marie BELLANGER, veuve de Jean Antoine Germain RAYNAL, fourreuse de 60 ans ; elle décède 9 ans plus tard,

  • et enfin le 20 août 1949 à PARIS 75005, avec Aline Léontine FLOCH, couturière de 72 ans ; Emile Théophile a déjà 70 ans.

Ayant tous les actes en ma possession, je ne trouve aucune incohérence. Il se peut alors que les paramètres ne conviennent pas.

Dans le menu « Préférences / Contrôle de cohérence » je personnalise les seuils : âge minimal au mariage, âge maximal à la naissance d’un enfant, etc. Pour cela, j’ai besoin de tenir compte de

  • La période historique et du contexte : les individus de mon arbre remontent jusqu’au XVIIème siècle pour une branche, avec des mariages précoces et des familles nombreuses

  • Des types de profils présents : mariage tardif, enfants très espacés….

Au fur et à mesure de l’avancée de mon arbre, je serai peut-être amenée à changer ses seuils ; pour le moment, j’ai saisi ceux-ci :

A savoir :

  • Il est toujours possible de réinitialiser les réglages par défaut si besoin

  • on peux cocher/décocher les contrôles selon ce qui nous intéresse vraiment

  • Il est possible de lancer une mise à jour manuelle des incohérences, mais elle est aussi faite automatiquement chaque nuit

J’ai donc vérifié chaque lien, téléchargé les actes correspondants et le point d’exclamation a disparu !

Ce travail de vérification n'est pas ce que je préfère en généalogie, mais il est indispensable : vous ne voudriez pas construire votre maison sur de mauvaises fondations ? Et bien moi non plus ....

Fleur de tonnerre de Jean TEULE

Ce roman retrace la vie romancée d’Hélène Jégado, une tueuse en série bretonne du XIXe siècle, considérée comme l’une des plus prolifiques de l’histoire française. Née en 1803, surnommée Fleur de Tonnerre par sa mère, elle grandit dans un univers imprégné de légendes celtiques, de superstitions, et de la figure de l’Ankou, personnification de la mort en Basse-Bretagne.

Convaincue d’être l’instrument de cette entité funèbre, Hélène parcourt la Bretagne pendant près de vingt ans, se faisant employer comme cuisinière dans des presbytères tout d’abord, puis des maisons bourgeoises – et même une auberge militaire !… et empoisonne méthodiquement ceux qui croisent sa route — hommes, femmes, enfants, vieillards — à l’arsenic « reusenic’h », intelligemment dissimulé dans ses soupes et plats.

Une « soupe aux herbes à en tomber le front dans l’assiette, gâteau émerveillant à s’en attraper la gorge à deux mains »… et ce n’est pas peu dire !

*

Jean Teulé mêle humour noir, poésie macabre et réalisme historique pour dresser le portrait d’une femme à la fois monstrueuse et fascinante, nourrie de folklore et de solitude.

Si ce livre est quelquefois déroutant à la lecture, tant le style de Jean Teulé est très oral, rythmé et parfois cru, les nombreux dialogues nous plongent dans les mentalités populaires, et les expressions bretonnes ajoutent de l’authenticité ; elles peuvent toutefois freiner la compréhension. Certains termes comme Ankou, gwerz, ou fleur de tonnerre ont une forte charge symbolique et appartiennent au « brezhoneg ».

Mais ce roman est intéressant à plein des égards : il se déroule en Bretagne au XIXe siècle, une période riche en mutations sociales, religieuses et culturelles ; il offre un aperçu de la vie quotidienne, des métiers, des structures familiales, et des relations sociales dans les campagnes bretonnes. On y découvre les affres de la « fièvre, choléra, malédiction…. Car la Bretage est pétrie de mauvais sorts et de légendes de toutes sortes ».

Hélène Jégado a traversé de nombreuses communes bretonnes où elle a laissé quelques traces : Plouhinec, Bubry, Seghien, Trédarzec, Guern, Locminé, Auray, Pontivy, Hennbont, Lorient, Ploemer, Port Louis, Vannes et Rennes. Cela peut aider, éventuellement, à localiser des ancêtres ou à comprendre les migrations internes dans la région à cette époque.

Le roman est imprégné de folklore breton, notamment autour de l’Ankou, des superstitions, et des rites funéraires. Hélène Jégado vivait « au milieu des ombres des Korrigans et des fées « ; ces éléments peuvent éclairer les mentalités de l’époque et les pratiques religieuses qui influençaient les actes civils (baptêmes, mariages, décès).

Malheureusement, il faudra attendre les 4/5 du livre pour arriver à son arrestation le 2 juillet 1851, à Rennes. Après une série de décès suspects dans la maison de Théophile Bidard de la Noë, « professeur de droit à la Faculté de Rennes et ancien Substitut du Procureur de la République », Hélène Jegado est soupçonné d’empoisonnement.

Le procès s’ouvre le 6 décembre 1851, devant la Cour d’assises d’Ille-et-Vilaine ; elle est jugée pour 27 empoisonnements, mais la justice ne retient que 5 meurtres, les autres étant prescrits. Malgré son déni total des faits, les preuves médico-légales et les témoignages accablants suffisent à convaincre les jurés.

Au procès, elle apparaît « renfrognée, front bas et dur, devenue laide comme une sorcière qui se serait échappée de la lande bretonne »…..

Elle est condamnée à mort le 14 décembre 1851 ; sa grâce étant refusée par Louis Napoléon Bonaparte, elle est guillotinée le 26 février 1852, à 7h du matin, sur la place du Champ-de-Mars à Rennes, devant une foule immense.

*

Ainsi, Hélène Jégado a réellement existé : elle est née le 17 juin 1803 (28 Prairial An XI) à Plouhinec, en Basse-Bretagne ; un généalogiste pourrait être intrigué par son arbre généalogique, ses origines familiales, ou même par des liens collatéraux avec des familles locales, et susciter des recherches dans les archives judiciaires, paroissiales, ou d’état civil. Ce ne sont pas les récits qui manquent !

Si vous faites des recherches en Bretagne ou avez des ancêtres du XIXe siècle dans cette région, ce roman peut être une porte d’entrée originale pour mieux comprendre leur environnement.

La vie d’Hélène Jégado est surprenante. Alors folie ou croyance morbide ?

Hélène Jégado entretenait une forme de délire mystique autour de la figure de l’Ankou, le messager de la mort dans la tradition bretonne. On peut aisément supposé qu’elle aurait été traumatisée dès l’enfance.

Figure obsédante, l’Ankou est un personnage du folklore breton, souvent représenté comme un squelette vêtu d’un manteau noir, conduisant une charrette pour emporter les âmes des morts. Elevée dans une Bretagne rurale engluée de légendes, marquée par la ferveur religieuse, Hélène Jégado se serait identifiée à l’Ankou, se voyant comme une élue de la mort, chargée d’accomplir une mission funèbre.

Mais elle n’a jamais été reconnue «  folle » au sens juridique du terme, mais fallait-il encore avoir la notion « d’irresponsabilité » à cette époque ; elle nie tous les faits jusqu’au bout, sans jamais exprimer de remords, ce qui a renforcé son image de femme froide, calculatrice, lucide. De même, son comportement — son calme face à la mort, son obsession pour les enterrements, et son goût pour les poisons — laisse penser à une personnalité « pathologique », peut-être marquée par des troubles psychiques non diagnostiqués. Car elle le dit : « elle est devenue l’Ankou pour devenir quelqu’un d’important », égarée dans les légendes bretonnes….

Elle a été guillotinée à 48 ans.

*

Pour en savoir plus :

Plouhinec : Histoire, Patrimoine, Noblesse (commune du canton de Pont-Croix)

Portrait d'une condamnée à mort- Hélène Jégado - Champs de Justice

Archives et patrimoine de Lorient: Jégado Hélène

Hélène Jégado (Archives du Morbihan)

Accueil − Portail numérique de la langue bretonne

Hélène JEGADO : généalogie par Antistar (antistar) - Geneanet

Hélène Jégado (Archives du Morbihan)

Portrait d'une condamnée à mort- Hélène Jégado - Champs de Justice

Hélène Jégado, 1833-1851 - L'Ankou en chair et en os

Hélène Jégado, l'empoisonneuse en série, aux Assises de Rennes —WikiRennes

Hélène Jégado, l’empoisonneuse en série | ici

L'Ankou : Le messager de la mort - Légende de Bretagne

#03 - L’affaire de l’Ankou de Plouhinec - #FrenchHorrorStory #Horreur #threads #HorreurFrançaise - YouTube

LA JEGADO - YouTube