samedi 28 février 2026

L'IA : une experte mais jamais une autorité

Certains débutants en généalogie veulent absolument utiliser l’IA avant de comprendre les bases de la généalogie numérique : mais pourquoi ? J’ai essayé de comprendre cette irrésistible attirance…..

L’IA est souvent présentée comme un outil capable de tout faire. Beaucoup de débutants arrivent avec l’idée que la généalogie est un puzzle dont l’IA pourrait donner les pièces manquantes. Ils pensent : « Si l’IA sait tout, elle va me dire d’où vient mon ancêtre ». C’est rassurant, rapide, et cela évite la confrontation avec la complexité réelle des archives. C’est un peu comme les personnes qui utilisent GENEANET pour faire des recherches et ne parcourent jamais les archives en ligne…. IL est vrai que consulter les registres peut devenir fastidieux, mais que voulez-vous, « c’est le jeu ma pov’ Lucette ! »

La paléographie, les registres, les méthodes de vérification… tout cela peut sembler intimidant. L’IA apparaît alors comme un raccourci - LA SOLUTION - pour éviter de se sentir perdu. C’est une manière de se protéger de l’impression d’incompétence.

On vit dans un monde où l’on obtient tout en quelques secondes. La généalogie, elle, demande lenteur, patience, recoupements, doutes. L’IA semble offrir un mode d’accès plus familier : rapide, conversationnel, fluide. Mais que neni !

Certains débutants pensent sincèrement qu’utiliser l’IA est une compétence attendue. Ils veulent être modernes, efficaces, « à la page » ; mais ils confondent outil et méthode. Beaucoup ignorent que la généalogie repose sur des sources, pas sur des suppositions. Sans cette base, ils ne voient pas pourquoi l’IA ne pourrait pas « retrouver » un ancêtre comme on retrouve une recette ou une définition…..

Évidemment, l’IA s’exprime bien, elle explique clairement, elle rassure, mais il lui arrive aussi d’affirmer des vérités qui n’en sont pas. Pour un débutant, cela peut suffire à lui attribuer une autorité qu’elle n’a pas. C’est un « effet de halo » : si elle semble intelligente, alors elle doit savoir….

Mais en réalité, l’IA n’est pas un généalogiste. Elle est un outil d’accompagnement, comme un dictionnaire, un logiciel ou un manuel. Elle peut aider à comprendre, à structurer, à formuler, à éclairer même. Mais elle ne remplace ni la méthode, ni la logique, ni la recherche.

N’hésitez pas à la confronter et à lui demander ses sources : vous verrez que certaines fois, elle n’est pas en mesure d’en fournir !

Si l’IA ne peut pas « deviner » une filiation, retrouver un acte qui n’existe pas, ni confirmer une hypothèse sans sources, elle peut toutefois proposer des pistes de réflexion susceptibles de vous aider dans vos recherches. Si on lui demande ce qu’elle ne peut pas savoir, par exemple l’identité d’un ancêtre sans document, la vérité d’une rumeur familiale ou la localisation d’un acte non numérisé, elle risque de produire des réponses approximatives ou inventées. Non pas par malveillance, mais parce que ce n’est pas son rôle.

Le généalogiste, lui, reste le chercheur, le vérificateur, l’interprète. C’est à lui de consulter les archives, de croiser les sources, d’évaluer la cohérence d’une information. L’IA peut aider à reformuler, à clarifier, à proposer des hypothèses méthodologiques, à expliquer un terme ancien ou à guider une démarche. Elle peut accompagner, mais jamais remplacer.

N’allez surtout pas croire que je sois contre toute forme de technologie, bien au contraire : l’IA est un formidable compagnon de travail que j’utilise très souvent. Elle me permet d’accélérer l’analyse, de clarifier les problèmes, voire de vérifier des pistes de recherche. Et il faut bien avouer qu’elle est un excellent correcteur de mes récits.

Actu FEVRIER 2026

 

I. ACTUALITES


ARCHIVES NATIONALES

Le testament de Napoléon Ier | Archives nationales

Un atelier autour des sceaux

Tous pour un, un pour tous ! D’Artagnan, du mythe à l’histoireconservée aux Archives nationales | Archives nationales

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GENEANET

Les mises en ligne de la semaine du 4 février – Geneanet

Comment bien chercher une personne dans un arbre – Geneanet

Utilisez-vous bien la Bibliothèque de Geneanet ? – Geneanet

Les mises en ligne de la semaine du 11 février – Geneanet

Recensements de Savoie – Geneanet

Des Saint-Valentin pas comme les autres ! - Geneanet

Les mises en ligne de la semaine du 19 février – Geneanet

État civil du Puy-de-Dôme – Geneanet

État civil du Tarn – Geneanet

Recensements de l'Hérault – Geneanet

Les mises en ligne de la semaine du 25 février – Geneanet

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FILAE

Que sont les tables de successions et absences ?

Comment consulter un acte de décès trouvé dans les tables de successionset absences ?

Que signifient les abréviations et termes des tables de successions etabsences ?

Comment retrouver ses ancêtres en Algérie 

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FAMILYSEARCH

Toute l’actualité est désormais sur Flipboard

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LA REVUE FRANCAISE DE GENEALOGIE

Le Morbihan met en ligne de nouveaux recensements et prolonge l’état civil | La Revue française de Généalogie

Enfants dits de la Creuse : une loi pour rouvrir les filiations brisées | La Revue française de Généalogie

Le tourisme généalogique s’impose comme une niche durable | La Revue française de Généalogie

Anniversaire de Mme de Sévigné : à grande marquise, grande généalogie | La Revue française de Généalogie

HoloGraph, une nouvelle re présentation généalogique dynamique | La Revue française de Généalogie

Indices Heredis, un tri plus fin pour des découvertes plus sûres | La Revue française de Généalogie

Généatique arrive sur Mac | La Revue française de Généalogie

Une nouvelle bibliothèque numérique pour l’École des chartes | La Revue française de Généalogie

Les Archives du Lot inaugurent leur nouveau site | La Revue française de Généalogie

Hypothèques, restitutions : les bonnes nouvelles du Gers ! | La Revue française de Généalogie

Geneanet : du nouveau pour quatre départements | La Revue française de Généalogie

ADN généalogique : une autre proposition de loi interroge | La Revue française de Généalogie

Le Bas-Rhin met en ligne ses répertoires alphabétiques du recensement militaire | La Revue française de Généalogie

Deux-Sèvres, des sources protestantes inédites en ligne | La Revue française de Généalogie

Les registres d’immatriculation automobile arrivent en ligne dans le Calvados | La Revue française de Généalogie

RootsTech 2026, demandez le programme ! | La Revue française de Généalogie

Retour vers le futur : les microfiches s’invitent aux Archives de l’Aisne ! | La Revue française de Généalogie

Les Archives de Lot-et-Garonne déploient leurs nouveautés | La Revue française de Généalogie

Girophares indexe les décrets de naturalisation | La Revue française de Généalogie

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GENEAFINDER

Registres paroissiaux et État civil : guide complet pour généalogistes

Histoire de l'État Civil : Repères pour Généalogistes

Les registres protestants : le guide généalogique


Les meilleures ressources pour suivre l’actualité généalogique

Comment rédiger la biographie d'un ancêtre ? Nos 6 conseils de rédaction

29 questions clés à se poser pour en savoir plus sur vos ancêtres

Retrouver ses ancêtres artisans : explorer les archives des corporations

Généalogie dans les Registres Maritimes : Retrouvez vos Ancêtres Marins

Comment créer un quiz familial sur votre histoire généalogique

Pêcheurs de Terre-Neuve : Saga des Marins Courageux

Jersey : L'Île aux Racines Bretonnes - Histoire d'Immigration

Kerguelen : Histoire des Expéditions aux Îles Australes

Saintes : L'Île aux Racines Bretonnes

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LE BLOG DE GALLICA

Des fonds d’écran pleins d’amour pour la Saint-Valentin ! | Blog | Gallica

Quand le français s'écrivait au fil du latin : un psautier bilingue du XIIIe siècle | Blog | Gallica

La pratique épistolière de Madame de Sévigné | Blog | Gallica

Raoul de Crépy et Anne de Kiev : une passion du XIe siècle | Blog | Gallica

Le cheval | Blog | Gallica

La musique des sphères | Blog | Gallica

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ARCHIVES & CULTURE

Refaire fonctionner un moulin à eau – Film 441

Comment vos grands-parents se sont-ils rencontrés ? – Film 442

Les courriers de 1914-1918 – Film 443

Le langage des timbres – Vidéo 444

Des photos de vos ancêtres dans les archives de la police ? – Film 426

Les prénoms du calendrier révolutionnaire - Film 190

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LA FRANCE PITTORESQUE

Coutumes et traditions : Carnaval, son origine. Saturnales, masque, fête de l'âne, fête du renard, procession du boeuf gras, Arlequin et Polichinelle

Légendes, croyances, superstitions. Monstres de la mer. Kraken, serpent de mer, mosasaures, ichtyosaures, plésiosaures

Exposition 1725. Des alliés amérindiens à La Cour de Louis XV

Accents sur la lettre e et abandon de l'écriture gothique

Château de Brengues (Lot) : bout d’histoire figé dans la roche

Exposition Magellan, un voyage qui changea le monde

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LA GAZETTE DU VENDREDI

Ils ont connu l’exode de juin 1940 - www.histoire-genealogie.com

Vandalisme funeste - www.histoire-genealogie.com

Archives, ADN, presse et cartographie : une enquête généalogique complète. L'histoire de Meriem et Jacques.

Le conflit ville-campagne en Roussillon à la lumière des cahiers de doléances – Persée

Quand les terriens se font îliens - www.histoire-genealogie.com

Nana, fille soumise

L'hospitalisation pendant la guerre de Vendée – Persée

GAÜ de Campagne: Les tentatives d’évasion du Capitaine Jean Jeantet pendant la Grande Guerre

Souvenirs de jeunesse à l’école publique des filles, rue de la Brèche àMer - www.histoire-genealogie.com

La ville des Juifs dans la Bessède - www.histoire-genealogie.com

Etienne Fare Charles Huvier 1724/1784 Curé de la Chapelle Rablais et autres paroisses briardes / 13 / vicaire à Marolles en Brie /2

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II. EXPOSITIONS VIRTUELLES


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III. DES SITES, DES BLOGS et aussi des histoires…. (c’est désormais ici)

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IV. DES PODCASTS, A ÉCOUTER

DES VIDEOS A REGARDER, SANS MODERATION….…

Pendant près d’un siècle, la France a envoyé des milliers de criminels et délinquants dans sa colonie d’Amérique du Sud, de l’autre côté de l’Atlantique. Les derniers bagnards libérés ne l’ont été qu’en 1953, il y a 70 ans.

Quand on évoque le bagne, des symboles et des mythes surgissent. On pense au plus célèbre des innocents Alfred Dreyfus, envoyé plusieurs années à l’isolement sur l’île du Diable. Comment ne pas évoquer le célèbre journaliste Albert Londres qui dénonce dans une série d’articles les conditions des bagnards en 1923.

Et puis, il y a Papillon, surnom de l’ancien bagnard Henri Charrière, qui a raconté ses mémoires dans un livre ensuite adapté au cinéma.

Derrière ces symboles, se cache une longue histoire qui mêle politique, justice et colonisation. En réalité, la Guyane n’était pas un bagne, mais un archipel de bagnes, avec des conditions de vie très différentes selon que l’on soit affecté dans un camp forestier ou assigné à un poste d’infirmier à l’hôpital, que l’on soit reclus dans le cachot de l**’île Royale**, abandonnés sur l’île des lépreux, ou embauché comme personnel de maison…

En 100 ans, 70 000 hommes et 1 000 femmes ont purgé une peine en Guyane dans ces bagnes qu’on surnomme la « guillotine sèche ». Beaucoup y sont morts, certains y ont survécu, d’autres se sont évadés, donnant lieu à des récits souvent rocambolesques.

Au bagne par Albert Londres en 1923 | France Culture

Le Bagne | France Inter

De 1853 à 1946, l’archipel calédonien est rattaché à l’empire colonial français. Entre déportation des bagnards et expropriation des Kanaks, à quoi ressemble la société coloniale en Nouvelle-Calédonie ?



Musées des beaux-arts ou maisons d'écrivains et d'écrivaines, comment ancrer les fiertés locales dans le territoire ? Et quelle place donner aux gestes et outils des mondes paysans dans les politiques patrimoniales ? Culture et patrimoine, c'est aussi une histoire de politiques municipales.

Musée municipal, une histoire territoriale : épisode 1/4 du podcast Patrimoine, histoire d'un défi municipal | France Culture

Maisons d'écrivain et d'écrivaine, ancrer la fierté locale : épisode 2/4 du podcast Patrimoine, histoire d'un défi municipal | France Culture

Des gestes et des outils, exposer le monde paysan : épisode 3/4 du podcast Patrimoine, histoire d'un défi municipal | France Culture

Culture et patrimoine, un siècle de politiques municipales : épisode 4/4 dupodcast Patrimoine, histoire d'un défi municipal | France Culture


C’est la rentrée des classes, partons à Sparte pour une éducation guerrière, puis à Belle-Île-en-Mer, dans une colonie pénitentiaire. Encadrer la jeunesse, c’est l’occasion d’une bamboche médiévale avec une jeunesse canalisée et la découverte des métiers de l’enfance, une histoire au féminin.

Sparte Académie, une éducation guerrière : épisode 1/4 du podcastEncadrer la jeunesse, une histoire | France Culture

En bande organisée, une jeunesse médiévale canalisée : épisode 2/4 du podcast Encadrer la jeunesse, une histoire | France Culture

Colonie pénitentiaire de Belle-Île-en-Mer, le "bagne des enfants": épisode 3/4 du podcast Encadrer la jeunesse, une histoire | FranceCulture

Métiers de l’enfance, une histoire au féminin ? : épisode 4/4 du podcast Encadrer la jeunesse, une histoire | France Culture


"Mortelle ou mortifère, contagieuse, ardente, cruelle, dangereuse, ignée, violente, infecte, ennemie du genre humain, fiévreuse, plombée, surprenante, compagne de la mort...". Voici quelques-uns des épithètes de la peste tels que rassemblés en 1571 par un certain Maurice de La Porte, qui se présente comme parisien et fils d'imprimeur, nous indique Patrick Boucheron. C'est l'une des très nombreuses personnes qui traversent le fort volume que l'historien fait paraître ces jours-ci sous le titre Peste noire. La peste, comme test, pour l'historien.


Qui n'a pas vécu la crue de la Seine en janvier 1910 à Paris et dans ses environs n'a pas vécu un des tournants du siècle. De nombreux témoins de celle qu'on a appelé la "crue du siècle" racontent la ville sous les eaux, la réaction de la population et l'inanité de l'organisation et des secours.


Le jeudi 4 mai 1897, à l'occasion d'une vente de charité rue Jean-Goujon, à Paris, le feu prend lors d'une séance de cinématographe. Le Bazar de la Charité devient un brasier et fait 125 victimes dont 118 femmes de la bonne société parisienne.

Je vous invite à visiter la page de GENEANET sur les victimes de cet incendie.


C'est la geste d’une formation d’excellence avec les Compagnons du Tour de France et une visite de Polytechnique, quand la formation entre en Révolution. L’école supérieure d’agronomie et celle des eaux et forêts plantent les graines du savoir, sans oublier la République qui fait Sciences Po neuve !

Compagnons du Tour de France, la geste d’une formation d’excellence : épisode 1/4 du podcast Former des élites, des cas d’écoles | France Culture

La formation en révolution ! Histoire de l'ingénieuse Polytechnique : épisode 2/4 du podcast Former des élites, des cas d’écoles | France Culture

Forestiers et agronomes à l’École, planter les graines du savoir : épisode 3/4 du podcast Former des élites, des cas d’écoles | France Culture

Former ses élites, la République fait Sciences Po neuve : épisode 4/4 du podcast Former des élites, des cas d’écoles | France Culture

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ET CE MOIS-CI je vous propose « Généalogie d’une famille ordinaire »

Il existe le blog, mais aussi un site, un site qui révèle la beauté du « simple » et la richesse des vies ordinaires ; c’est un espace dédié à toutes celles et ceux qui pensent que leur histoire familiale est « banale » — et qui découvrent, en ouvrant les archives, qu’elle est en réalité extraordinaire : des destins modestes mais courageux, des traces fragiles mais précieuses, des histoires qui éclairent notre propre identité ; car au fil du temps, j’ai compris que l’ordinaire est une richesse.

Créé en 2018 et mis à jour régulièrement, il est le fruit d’une passion patiente, méthodique et profondément humaine pour la recherche généalogique.

La généalogie n’y est pas une quête de prestige, mais une aventure humaine ; elle ne se limite pas à un arbre : c’est un univers de récits, de lieux, de métiers, de migrations, de petites énigmes et de grandes émotions.

« C’est le temps que tu as perdu pour ta rose qui fait ta rose si importante. » Cette phrase devient une métaphore de la généalogie : chaque heure passée à chercher, comprendre, relier, donne une valeur affective et symbolique à nos découvertes. Le site rappelle que nos ancêtres ne sont pas des noms et des dates, mais des fragments d’humanité qui nous construisent.

La généalogie est une discipline en constante évolution : de nouveaux logiciels émergent, les outils numériques se perfectionnent, des sites apparaissent ou disparaissent, et les archivistes travaillent d’arrache-pied pour notre plus grand bonheur….. Contrairement à certaines idées reçues, la généalogie – et de surcroît « numérique » est une pratique vivante, dynamique voire très exigeante.

Alors, pourquoi promouvoir ce site et en particulier le mien ? Vous allez me dire que cela est très…. Prétentieux ?

Vous n’y êtes pas ! Ce site offre une approche accessible de la généalogie « numérique », une mise en valeur de l’ordinaire ; il est surtout une invitation à se lancer sans complexe, car je suis persuadée que tout le monde peut le faire, pourvu que la motivation soit là.

J’espère très sincèrement que ce site vous donnera envie d’ouvrir les archives, de fouiller les souvenirs, de comprendre d’où vous venez et encore plus, de transmettre.

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Bonne lecture et belles trouvailles

Et pour ne rien perdre de toute cette actualité, cliquez sur l’image ci-dessous

mercredi 11 février 2026

Un destin brisé : Auguste Louis DELOBEL (1841 - 1883)

Nos arbres généalogiques abritent tous des figures peu recommandables. Sans chercher à les disculper, j’éprouve pourtant le besoin de redonner un peu de lumière à ces existences que la vie a brisées. Bien sûr, la malchance ou l’adversité ne conduisent pas toujours à la délinquance — et heureusement. Mais il arrive que certains parcours deviennent plus compréhensibles lorsqu’on en explore les failles et les blessures.

J’ai donc voulu en savoir un peu plus sur Auguste Louis DELOBEL.

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Je suis une nièce à la 4e génération d'Angélique Émilie HERBEZ – enfant de mon SOSA 48 - dont le conjoint Edmond Augustin DELOBEL est un cousin issu de germains d'Auguste Louis DELOBEL ; tout ceci est un peu compliqué, mais pour faire court, Edmond Augustin et Auguste Louis ont les mêmes AAgrand-parents paternels.

Louis Auguste DELOBEL est né le 20 septembre 1841 à Haubourdin, une petite ville à moins de 7 Kms à l’ouest de Lille. Il est le seul garçon de la famille – parmi quatre filles ! - et le digne fils de son père, Charles Félix et de sa mère Charlotte Adelayde GLORIAN ; comme son père il sera serrurier.

Non pas sabotier comme son grand-père maternel ou fileur de coton comme son grand-père paternel, serrurier est un métier hautement qualifié ; il est un artisan du métal, formé par un long apprentissage, et il sait lire et écrire. Il est capable de fabriquer, ajuster, réparer des serrures, ou tout autre mécanisme. Sa technique exige une réelle maîtrise et il est d’autant durable, qu’il s’adapte à l’industrialisation qui envahit le Nord de la France.

Oran, l’Algérie coloniale

Issu d’un milieu modeste mais instruit, il grandit dans une région où de nombreux jeunes hommes, faute de perspectives locales, choisissent l’armée comme voie d’avenir ou d’émancipation. On peut légitimement se demander s’il n’a pas souhaité se soustraire à une autorité paternelle trop pesante, mais ce n’est que pure spéculation….

À ses vingt ans, en 1861, il est appelé à se présenter au recrutement militaire. Son dossier matricule, conservé aux Archives départementales du Nord, permettrait de préciser les circonstances exactes de son entrée dans l’armée, mais le dossier n’est pas encore numérisé. Ce qui est certain, en revanche, c’est qu’il y fait suffisamment ses preuves pour obtenir un poste de comptable d’un corps militaire, une fonction réservée à des soldats instruits, fiables et déjà expérimentés.

Au cours des années 1860, l’armée française envoie de nombreux régiments en Algérie, alors territoire colonial en pleine expansion. Auguste Louis fait partie de ces hommes affectés outre‑mer. Il est stationné dans la région d’Oran, l’un des principaux centres militaires de la colonie. Son rôle de comptable l’amène à gérer les effets, vêtements, matériels et approvisionnements du corps auquel il appartient — une responsabilité importante dans une armée où la logistique est essentielle.

L’année 1868 marque un tournant dramatique dans sa vie. « Le 5 décembre 1868, il est traduit devant le 1er Conseil de guerre permanent de la 2e Division militaire d’Algérie », siégeant à Oran. Cette juridiction, exclusivement militaire, ne juge que des soldats ou des employés de l’armée. Auguste Louis est accusé « de recel d’effets appartenant au corps militaire dont il était comptable », autrement dit d’avoir détourné ou conservé des objets appartenant à l’armée.

Le Conseil de guerre le reconnaît coupable de deux faits distincts et le condamne à cinq ans de travaux forcés. À cette époque, une telle peine entraîne généralement l’envoi dans un bagne maritime - souvent Toulon - ou dans une compagnie de discipline d’Afrique, redoutée pour ses conditions extrêmement dures. Cette condamnation lourde témoigne de la sévérité de la justice militaire envers les fautes commises dans le cadre du service.

Ainsi se dessine la trajectoire d’Auguste Louis DELOBEL : celle d’un jeune homme du Nord devenu soldat, envoyé en Algérie dans le cadre de son service, occupant un poste de confiance, mais rattrapé par une faute qui bouleverse son existence : une erreur qu’il paiera cher, car sa vie en sera totalement transformée…..

Toulon, puis la Nouvelle-Calédonie

A deux reprises il est condamné pour « recel d’effets militaires » ; la peine est lourde et sera de 5 ans de travaux forcés. Sa condamnation relève d’une faute grave, commise dans le cadre de son service, avec récidive. Il partira donc pour un bagne colonial.

D’après les documents d’archives, Auguste Louis DELOBEL est condamné le 5 décembre 1868 à Oran (Algérie), il arrive au bagne le 13 janvier 1869 ; il n’a pas formé de pourvoi en cassation ; le jugement est donc devenu définitif et dans l’immédiateté : soit il a renoncé à se pourvoir, soit le délai légal est expiré sans qu’il ne fasse de démarche. Dans tous les cas, cela confirme que la peine est exécutoire et qu’il est envoyé au bagne sans recours. S’ensuit une dégradation civique, une peine complémentaire pour les condamnés aux travaux forcés, entraînant la perte des droits civiques (vote, éligibilité) ainsi que la perte des droits de famille (autorité parentale, etc.), une dégradation publique.

Il pourrait également s’agir d’une dégradation militaire puisqu’il était soldat.

Mais avant d’embarquer pour la Nouvelle-Calédonie, il doit faire une escale par un bagne métropolitain. Brest, Rochefort, et Toulon servaient de dépôts : les condamnés y étaient enregistrés, mis en chaîne, et attendaient leur embarquement pour une autre destination plus lointaine. Mais de quel bagne s’agit-il ? Par déduction, j’opte pour Toulon ; en effet, Brest est fermé depuis 1858 et Rochefort est souvent réservé aux condamnés affectés à la Guyane. Donc le bagne de Toulon est de loin le plus probable.

Le 21 janvier seulement, il est « détaché de la chaîne » ce qui signifie qu’il est retiré du groupe des forçats enchaînés pour être affecté à un transport maritime. C’est une étape administrative juste avant l’embarquement.

Le 23 janvier 1871, le voici donc embarqué pour la Nouvelle-Calédonie sur la frégate La Sibylle : c’est la date de son départ définitif de France.

La Sibylle est un navire de transport de condamnés. Le voyage vers la Nouvelle-Calédonie dure environ 4 à 5 mois, avec un encadrement militaire strict, des conditions sanitaires difficiles, une organisation très codifiée (cages, ponts réservés, rationnement). Ce n’est donc ni du tourisme, ni une promenade de santé.

Le bagne de Nouvelle‑Calédonie n’est pas un lieu unique mais un ensemble de camps pénitentiaires, dont le cœur se trouve sur l’île Nou, juste en face de Nouméa. C’est là que se concentrent le dépôt des transportés, le port d’arrivée des convois, les ateliers (maçonnerie, menuiserie, forge…), les quartiers disciplinaires, mais également l’hôpital, le cimetière des bagnards et l’administration pénitentiaire.

Pour exploiter le territoire, l’administration a créé des camps de travail - liés à l’économie locale - dans plusieurs régions :

  • Bourail : colonie agricole pénitentiaire, avec concessions attribuées aux libérés

  • La Foa : travaux agricoles et forestiers

  • Koné : exploitation et défrichement

  • Pouembout : culture et élevage

  • Canala : travaux routiers et forestiers

  • Prony (sud de Nouméa) : extraction de bois et travaux portuaires.

La Nouvelle-Calédonie sera un lieu de déportation politique, principalement sur l’île des Pins, après 1871 pour les « Communards ».

Condamné à une peine de 5 ans de travaux forcés et à 100 francs d’amende pour « faux en écriture privée » c’est-à-dire falsification de documents non officiels (lettres, contrats, etc.), Auguste Louis DELOBEL est ce que l’on appelle un « transporté » ; ce sont les bagnards les plus nombreux, condamnés aux travaux forcés ; il existe également les « déportés » ou prisonniers politiques et les « relégués », des récidivistes envoyés à partir de 1885.

Le bagne de Nouvelle‑Calédonie fut l’un des plus vastes systèmes pénitentiaires coloniaux français, actif de 1864 à 1924, où plus de 21 000 condamnés furent envoyés pour y purger des travaux forcés et, de ce fait, participer à la colonisation du territoire.

Les condamnés étaient utilisés pour construire des routes, des ponts, des bâtiments administratifs, défricher et cultiver, exploiter mines et forêts, et servir de main‑d’œuvre dans les concessions pénales. La discipline très dure et les travaux exténuants. L’objectif officiel était double : punir et peupler la colonie.

Mais une fois la peine purgée, la majorité des condamnés n’avaient pas le droit de rentrer en métropole : ils devenaient colons forcés. Car à l’issue des 5 années, Auguste Louis DELOBEL passe en résidence obligatoire pendant une durée équivalente à sa peine, sauf décision contraire. Condamné en 1869, il ne peut être libéré qu’en 1879.

Le bagnard DELOBEL semble une force de la nature : bien que la mortalité soit élevée, il survivra aux maladies fréquentes, telles que le paludisme et les dysenteries.

Le bagnard DELOBEL semble une force de la nature : bien que la mortalité soit élevée, il survivra aux maladies fréquentes, telles que le paludisme et les dysenteries.

Il se fait même remarqué pour sa bonne conduite et est « admis aux épreuves » ; c’est une étape préalable à l’obtention d’un meilleur statut pour obtenir une concession (un lopin de terre à cultiver), un passage dans une catégorie moins surveillée, un accès à certains travaux ou privilèges, voire une libération conditionnelle.

S’il gagne la confiance de l’administration pénitentiaire le 15 avril 1870, quelques dérapages lui occasionneront toutefois des nuits au cachot.

De nombreuses cicatrices sur son corps attestent des rixes à arme blanche (omoplate gauche), voire d’accidents lors de travaux pénibles (annulaire droit, bas de la jambe droite) et bien sûr de multiples vaccinations obligatoires. La trace de saignée au bras gauche pourrait être le résultat d’un tatouage rudimentaire ; et la « lentille » sur les côtes droites pourrait faire penser à une marque de naissance. Ces cicatrices témoignent d’une vie exposée, rude, et surveillée.

Le retour, à Haubourdin

Après 10 ans de travaux forcés, même un homme robuste a les articulations usées. Il souffre de douleurs chroniques, dos, genoux, épaules ; il a les mains épaissies, fendillées, brûlées par les outils. Il porte la fatigue dans la posture, avec ses épaules tombantes et sa nuque tendue.

Auguste Louis DELOBEL n’est pas brisé, mais il n’est plus l’homme de 1868 : il a 38 ans et il est libre !

Il va pouvoir rentrer chez lui, à Haubourdin, même si le chemin est long, très long….

Le teint coloré par le soleil calédonien, le visage creusé par les années, une barbe châtain et probablement grisonnante, le front large, ridé par la fatigue, des yeux bleus qui ont vu trop de choses et ses 1m76 - un homme plutôt grand pour l’époque – il embarque sur un navire de retour, accoste à Toulon où il est remis aux autorités civiles pour régularisation.

Auguste Louis DELOBEL est un homme qui a appris : il sait obéir quand il le faut, se taire quand c’est nécessaire, mais surtout négocier sa survie.

En 1879, la France dispose d’un réseau ferroviaire très dense, structuré autour de grandes compagnies : laligne Paris–Lyon–Méditerranée (PLM) – ouverte depuis 1852 – lui permet très certainement de remonter de Toulon jusqu’à Paris, puis une dessert de la Compagnie du Nord, en direction de Lille, l’amène jusqu’à la gare d’Haubourdin. Rien ne me permet d’affirmer qu’il a pu payer son billet de train ou qu’il a dû faire appel à de bonne volonté pour l’acheminer jusqu’à la maison de son père.

Il revient donc à Haubourdin, sans statut social, sans certitude d’être accueilli, sans argent, peut-être sans illusions, mais avec une force intérieure que seuls les survivants possèdent.

Il a peut-être honte. Il a peut-être peur. Il a sûrement envie de prendre un nouveau départ….

Les anciens forçats parlent peu. Ils gardent en eux les injustices, les violences, les humiliations, les rares moments de fraternité, les paysages qui les ont hantés.

Auguste Louis DELOBEL voudrait tout effacer, mais il revient avec un silence épais, un silence qui protège et qui enferme.

Il revient dans sa ville natale, mais sa mère est décédée le 5 janvier 1880 ; son père Charles Félix lui survivra encore onze années ; alors Auguste Louis DELOBEL reprend sa ferrière de serrurier et se met au travail dans l’atelier de son père.

Il épouse la jeune Eugénie Amandine LEFEVRE le 30 avril 1881 ; la jeune mariée d’à peine vingt ans mettra au monde un premier enfant, en 1882 mais qui ne vivra que quatre mois…. Victoria Isabelle Irénée s’éteindra le 9 mai 1883 ; son père la suivra le 10 octobre de la même année.


Au début des années 1880, Haubourdin n’est plus un simple village rural : c’est une petite ville industrielle de la couronne lilloise ; qu’il s’agisse de brasseries (Haubourdin est un centre brassicole important au XIXᵉ siècle), de filatures et tissages, d’usines de produits chimiques, de moulins et de tanneries, la proximité de Lille, Loos et Emmerin en fait un nœud ouvrier. La population, jeune et ouvrière est dense et très vulnérable aux épidémies (variole, typhoïde, diphtérie) ; les logements sont souvent insalubres. On peut dire qu’Haubourdin est alors une commune populaire, marquée par la pauvreté ouvrière.

Au regard du décès de l’enfant en mai 1883, suivi quelques mois plus tard par celui de son père en octobre de la même année, il est difficile de ne pas envisager un lien avec la situation sanitaire locale. L’extrême jeunesse de l’enfant et la probable fragilité physique du père, marqué par de longues années de bagne, ont pu favoriser la transmission ou l’aggravation d’une maladie infectieuse alors présente dans la commune. Quoi qu’il en soit, l’épouse d’Auguste Louis DELOBEL survivra à cette double épreuve et refera sa vie, se remariant à deux reprises.

Quelle trajectoire brisée que celle d’Auguste Louis DELOBEL. Le bagne ne laisse jamais indemne : on en revient vivant, mais rarement intact.

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Pour en savoir plus :

La FREGATE une invention Dunkerquoise .

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Rapportsur les épidémies pour les années 1870, 1871, 1872, présenté àl'Académie de médecine par M. Delpech,... | Gallica