lundi 1 juin 2026

Actu MAI 2026

 

Voici des actualités glanées ça et là,

des articles repérés sur des blogs…

au hasard de mes lectures, de mes recherches


I. ACTUALITES

Du 22 avril au 26 juillet 2026, le musée de la Légion d’honneur et des ordres de chevalerie vous invite à découvrir sa nouvelle exposition : « Du courage à l’honneur – Trésors de la symbolique du Service historique de la Défense ». 

Réalisée en partenariat avec le Service historique de la Défense (SHD), cette programmation met en lumière certains des plus importants épisodes de l’histoire militaire française. À travers un parcours chronologique allant de l’Ancien Régime aux conflits contemporains, les visiteurs pourront admirer des pièces exceptionnelles, présentées en grande majorité pour la première fois au public. 

Cette exposition est une invitation à comprendre comment, derrière chaque insigne, se cachent des destinées humaines remarquables.


Marc Bloch entre au Panthéon | éduscol | Ministère de l'Éducationnationale | Direction générale de l'enseignement scolaire


Le 23 juin 2026, 82 ans après son exécution sommaire par les Allemands, aura lieu la cérémonie d’entrée au Panthéon de Marc Bloch, historien de réputation internationale, cofondateur de la revue des Annales et résistant engagé pour les valeurs républicaines et patriotiques. Le Président de la République a annoncé la panthéonisation de Marc Bloch « pour son œuvre, son enseignement et son courage » lors du 80e anniversaire de la libération de Strasbourg le 24 novembre 2024


Sarah Bernhardt, une vie entre scène, légende et archives

Figure mythique du théâtre, Sarah Bernhardt (1844-1923) incarne l’émergence de la star moderne. Actrice adulée, femme d’affaires et artiste engagée, elle fascine autant qu’elle intrigue. Les Archives nationales révèlent, à travers des documents inédits, les coulisses d’un destin hors norme, entre réalité historique et légende.



GENEANET

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FAMILYSEARCH

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LA REVUE FRANCAISE DE GENEALOGIE

La Revue française de Généalogie sur Flipboard

FILAE

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GENEAFINDER

Ancêtres Étrangers : Guide de Recherche Généalogique Internationale

Actes de Tutelle en généalogie : guide pour retrouver vos ancêtres orphelins

Enfants trouvés, abandonnés, assistés : comment les retrouver dans les archives ?

Comment dater vos photos anciennes : les meilleures astuces

Identifier un ancêtre sur une photo de groupe : méthodes clés

LE BLOG DE GALLICA

Danse avec Matisse | Blog | Gallica

Enquête dans la bibliothèque privée de l’agro-botaniste colonial Henri Jacques-Félix | Blog | Gallica

Honoré d’Amiens, patron des boulangers | Blog | Gallica

Les mangeurs de glaces | Blog | Gallica

Boussac, l’empereur déchu du textile (1/2) | Blog | Gallica

Boussac, l’empereur déchu du textile (2/2) | Blog | Gallica

Un enregistrement inédit de Michel Foucault dans Gallica | Blog | Gallica

De la chandelle au projecteur : une histoire de l’éclairage des salles de spectacle en France | Blog | Gallica

Louis Viardot, influenceur culturel hispanophile | Blog | Gallica

Pissarro au fil des paysages | Blog | Gallica

Le cerisier | Blog | Gallica

Paris1926-2026 : centenaire du Xᵉ Congrès de l'Alliance internationalepour le suffrage des femmes | Blog | Gallica

ARCHIVES & CULTURE

Les registres de bourgeoisie du nord de la France

Des généalogies par les femmes ? ou : Les lignées matri-linéaires? – Film 406 - YouTube

Des charbonniers dans votre arbre généalogique ? – Film 413

Quels noms pour les anciens esclaves affranchis ? – Film 410

Petites annonces matrimoniales d’autrefois…


LA FRANCE PITTORESQUE

La fabrique du dévoiement. Éditorial du 17 mai 2026

28 février 595 : Childebert II frappe les meurtriers de la peine capitale

Avilissement des pratiques politiques et perte du sens de l'honneur

Flore : vertus méconnues du chiendent, graminée honnie

16 février 1932 : l'industriel Jean Mantelet dépose le brevet du Moulin-Légumes

1er juin 1841 : décès de l'inventeur de la conserve alimentaire Nicolas Appert

Plumes, encriers et crayons jadis

Sous le soleil de mai 1922 : chaleur historique ou emballement médiatique ?

Issandolanges, village fantôme au coeur de l'Auvergne

Lise Cristiani : première violoncelliste professionnelle de l’histoire de la musique

31 mars 1547 : mort du roi François Ier. Témoignage de Pierre du Chastel, évêque de Mâcon

François-Athanase Charette de La Contrie. Guerres de Vendée. Armée catholique et royale. Portrait, biographie, vie et œuvre

Proverbe, expression populaire : Folle est la brebis qui au loup se confesse

LA GAZETTE DU VENDREDI

Ce que la guerre fait aux femmes - www.histoire-genealogie.com

Adèle Lévy — Tenir l’absence (1818-1891) - www.histoire-genealogie.com

Comment résoudre cette énigme autour de Marie Eugénie Antoinette Gueho ? - www.histoire-genealogie.com

Un exemple d'ascension sociale dans le comté de Nice au XVIIIe siècle : la famille Foucard de la Rocca – Persée

« Priser, fumer, chiquer » : éloge poétique du tabac au XIXe siècle (Archives du Cantal)

«Travailleuses, défendez-vous ! » : le combat militant contre laprécarisation du travail féminin durant la crise économique desannées 1930 (ANMT)

Sauvé du feu et de la destruction : la restauration d'un registre d'arrêtéscommunal (Archives de la Drôme)

L'esclavage et la traite négrière (FranceArchives)

Jeanne Lévy — Eprouver l’exil (1856-1913) - www.histoire-genealogie.com

La Ronde des Ancêtres : Nicolas Narbonne vigneron

Journal inédit d'un émigré – Persée

Le document du mois – Archives départementales de l'Ariège

Pauvre cafetier Ardéchois ! - www.histoire-genealogie.com

Un acte de notoriété (de décès) – L'arbre de nos ancêtres

Le château Potel, l’autre château de La Ferté-Milon - Archives départementales de l'Aisne

Iconothèque - Archives départementales du Finistère

1758 Quand des mères abandonnent leur enfant et qu’un notable débordé ne (…) - www.histoire-genealogie.com

Lignée de jumeaux sur 4 siècles dans le Cotentin – Étude généalogique

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II. EXPOSITIONS VIRTUELLES


BnF - Expositions virtuelles

ENFERMER, ACCUEILLIR, SOIGNER : Évolution de laMaison de Nanterre (1887-1989) - Archives départementales desHauts-de-Seine

Sceller, signer, tamponner : la fabrique de l'identité (13e-20e siècle) - LaSource, portail des Archives de la Charente

L’Angoumois, la mer, et l’outre-Mer (17e-19e siècle) - La Source, portail desArchives de la Charente

Orléans dans le viseur (Archives municipales d’Orléans)

1931.Les étrangers au temps de l'exposition coloniale | Musée del'histoire de l'immigration | Palais de la Porte Dorée

Ciao Italia ! | Musée de l'histoire de l'immigration | Palais de la PorteDorée

Les œuvres majeures - Les collections — Musée Lorrain - Ville de Nancy

Visites en ligne - Profitez du Louvre depuis chez vous !

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III. DES SITES, DES BLOGS et aussi des histoires…. (c’est désormais ici)

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IV. DES PODCASTS, A ÉCOUTER

DES VIDEOS A REGARDER, SANS MODERATION….…

Des collectifs de citoyens et chercheurs travaillent à les rendre accessibles, comme la Commission Jaurès l’a fait avec les cahiers de 1789. La parole populaire comme fondement de la démocratie.

En 1903, la commission Jaurès se lance dans l’exhumation des cahiers de doléances de 1789 pour les restituer au peuple. Dans le contexte de la IIIe République, remettre la parole populaire au centre vise à sauvegarder la démocratie contre les menaces qui l’entourent.

« Les cahiers de doléances sont dispersés dans les archives ; pas même classés, et le fussent-ils, il serait impossible à un travailleur isolé d’en prendre connaissance. Voilà pourquoi il faut que l’État, par une publication d’ensemble, mette au service des historiens qui veulent aller jusqu’au fond des choses les moyens nécessaires de travail. » Jean Jaurès

La restitution des cahiers de doléances : un podcast à écouter enligne | France Culture

Publier les cahiers de 2019 : épisode 2/2 du podcast La restitution des cahiers de doléances | France Culture

On observe actuellement une recrudescence de cas de syphilis, cette maladie vénérienne dont l’origine colombienne ou précolombienne n’est pas encore tranchée. Comment cette maladie a-t-elle marqué le monde au cours des siècles ?

C’est la première maladie à avoir été identifiée comme sexuellement transmissible. Dès son apparition, elle a eu un impact social sans précédent. Très contagieuse, cette infection due à une bactérie est aussi connue sous le nom de vérole, "grande vérole", mais aussi de "mal français" en Italie, et du "mal italien" en France. Tous les pays européens s'en sont mutuellement attribués la faute. Et, aujourd’hui, nous ne sommes toujours pas certains que ce soit les marins de Christophe Colomb qui aient rapporté ce petit cadeau du "Nouveau Monde" en 1493

Quatre cents ans après l’apparition des premiers cas de syphilis en Europe, le nombre d’infections explosent en France et sur le continent : comment cette maladie vénérienne est-elle apparue ?

L'amour au temps de la syphilis : épisode 1 du podcast Santé publique : les impasses sanitaires | France Culture


Comment, des siècles après son apparition, la variole est-elle devenue un fléau pour l'humanité ? À quel moment cette maladie a-t-elle véritablement émergé ? Dans ce premier épisode, l'épidémiologiste Renaud Piarroux remonte le temps pour revenir aux origines de ce virus.

La variole est une maladie virale, à l'instar de la grippe ou du sida. Selon les études les plus fiables, on remonte les premières souches à 3 000 - 4 000 ans en Afrique. Les souches se distinguent en trois branches, présentes initialement chez trois espèces différentes : 1/ les gerbilles, 2/ les dromadaires, 3/ les humains. Ces trois branches évoluent en parallèle et perdent au passage certains gènes, sans retour en arrière possible. Par exemple, la “la variole du singe”, issue de la branche des rongeurs, est devenue une maladie différentes de la variole humaine, même si elle peut être transmise aux hommes.

Comment la variole est devenue notre ennemi mortel : épisode 1/4 du podcast Mécaniques des épidémies, saison 6 : la variole | France Culture

Une arme virologique à la conquête du Nouveau monde : épisode 2/4 du podcast Mécaniques des épidémies, saison 6 : la variole | France Culture

Variolisation et vaccination : le début de l’espoir : épisode 3/4 du podcast Mécaniques des épidémies, saison 6 : la variole | France Culture

L’éradication de la variole : les clés du succès : épisode 4/4 du podcast Mécaniques des épidémies, saison 6 : la variole | France Culture

Entre le XVe et le XIXe siècle, 12 millions d'Africains ont été déportés vers le Nouveau Monde. Cette sére raconte le destin tragique de ces hommes et femmes réduits au silence et à la deshumanisation, de l'épreuve de la traversée jusqu'aux luttes acharnées pour la liberté au cœur des plantations.

Comment l'esclavage a-t-il pu devenir le moteur d'une économie mondiale entre l'époque médiévale et l'ère industirelle ? Dans cette série Stéphanie Duncan analyse la rupture majeure que représente la traite atlantique, ce trafic violent et lucratif qui, dès le XVe siècle, dépeuple l'Afrique pour fournir une main-d'œuvre servile aux grandes exploitations de canne à sucre des Açores puis des Amériques. Il s’agit de décrypter les rouages d'un système où l'être humain est ravalé au rang de bien meuble, une déshumanisation validée par l'Église et codifiée par le Code noir sous Louis XIV

À travers le témoignage d'Olaudah Equiano, retour sur le traumatisme de la capture et l'horreur de la traversée, ce qui fut appelé "le passage du milieu" où plus d'un million et demi de captifs ont péri dans l'étroitesse et la puanteur des cales. L'histoire de l'esclavage est aussi celle d'une résistance acharnée contre l'oppression : comment, malgré la violence des maîtres et la surveillance constante, les esclaves ont affirmé leur dignité par le sabotage, la culture du marronnage ou des révoltes sanglantes comme celle du Bois-Caïman en 1791 ? Du crépuscule des navires négriers aux grandes abolitions du XIXe siècle, comment la quête de liberté a fini par briser les chaînes d'un système qui a duré près de quatre siècles ?

Aux côtés de l'historienne Cécile Vidal, on s'interroge sur la réalité des sociétés esclavagistes du Brésil, des Antilles et des États-Unis, où l'espérance de vie d'un esclave ne dépassait guère dix ans face à l'épuisement et aux châtiments.

La nouveauté de la traite atlantique : épisode 1/5 du podcast Comment ont vécu les esclaves au temps de la traite atlantique ? | France Inter

La capture en Afrique : épisode 2/5 du podcast Comment ont vécu les esclaves au temps de la traite atlantique ? | France Inter

La traversée : épisode 3/5 du podcast Comment ont vécu les esclaves au temps de la traite atlantique ? | France Inter

Le travail dans les plantations américaines : épisode 4/5 du podcast Comment ont vécu les esclaves au temps de la traite atlantique ? | France Inter

Résistance, révoltes et abolition : épisode 5/5 du podcast Comment ont vécu les esclaves au temps de la traite atlantique ? | France Inter

LSD raconte comment l’accouchement, de la puissance des femmes à la médicalisation, demeure une expérience intime et politique. Entre salles de naissance et domiciles, la technique interroge : émancipation ou contrôle ? Comment allier sécurité et intensité émotionnelle ? 

Accoucher, ce n’est pas seulement donner la vie : c’est traverser une expérience intime, politique et profondément bouleversante. Longtemps aux mains des femmes, puis progressivement confisquée par la médecine, la naissance raconte notre rapport au corps, au pouvoir et au soin.
Dans une salle de naissance, au bloc opératoire, dans une maternité marseillaise ou au domicile d’une famille, une même question traverse les pratiques : faut-il dénoncer l’emprise de la technique sur le corps des femmes ou y voir, au contraire, un outil d’émancipation, à l’image de la contraception ? Comment concilier alors exigence de sécurité et préservation de l’intensité émotionnelle de la naissance ?

Aujourd’hui, à la croisée de l’hôpital et du domicile, entre maîtrise médicale et réappropriation du corps, sages-femmes, obstétriciens, chercheur·euses, historien·nes et mères participent à redéfinir ce moment fondateur. Toutes et tous accompagnent, interrogent, résistent et cherchent à inventer une naissance à la fois sécurisée et profondément humaine.

Et puis il y a les récits. Ceux que l’on partage, ceux que l’on tait, ceux qui dérangent. Des accouchements heureux mais imparfaits, des expériences brutes, parfois indicibles, où se jouent la puissance, la peur, l’abandon ou la renaissance. Cette série donne à entendre ces voix et à voir ce que la naissance dit de nous.

Car derrière chaque accouchement, il y a bien plus qu’une naissance : une histoire, un corps et un monde en train de se transformer.

Le défi de la naissance : épisode 1/4 du podcast La longue histoire de l’accouchement | France Culture

Sage-femme, le plus beau métier du monde : épisode 2/4 du podcast La longue histoire de l’accouchement | France Culture

Femmes en travail : épisode 3/4 du podcast La longue histoire de l’accouchement | France Culture

Tu enfanteras encore dans la douleur : épisode 4/4 du podcast La longue histoire de l’accouchement | France Culture

Le 21 février 1916, un déluge d'artillerie s'abat au nord de Verdun, marquant le début d'une bataille insensée. Une exploration des traces, visibles et invisibles, à travers le territoire et le paysage, avec la présence constante des fantômes français et allemands qui habitent le champ de bataille.

Il y a 110 ans, le 21 février 1916, commençait la bataille de Verdun. Français et Allemands se retrouvent face à face sur cette portion de territoire meusien pendant dix longs mois.

Cet affrontement, dont la mise en récit commence pendant la guerre même, est quasiment devenu dans la mémoire collective française la métaphore par excellence de la Grande Guerre : un bain de sang absurde à l'ère industrielle, caractérisé par un usage massif de l'artillerie.

Aujourd'hui, sur le champ de bataille, une couche de forêt ; des creux et des bosses, vestiges des bombardements ; des cimetières militaires à perte de vue, les dépouilles réunies de 130 000 Français et Allemands non identifiés à l'ossuaire de Douaumont, sans compter les quelque 80 000 disparus des deux camps encore enfouis dans le sol du champ de bataille : l'expérience combattante a, en définitive, été sensiblement la même pour les uns et les autres.

Mais cette histoire commune et sa mémoire, qui se sédimentent, se figent et se métamorphosent, connaissent des destins sensiblement différents après-guerre dans les deux pays.

Cette grande traversée propose un dialogue au long cours entre les deux parties de cette histoire, une exploration sensible des traces visibles et invisibles, au plus près du territoire et du paysage, avec la présence de tous ces fantômes de Verdun qui d'une certaine manière habitent le champ de bataille.

La rumeur du front : épisode 1/5 du podcast Verdun 1916, au cœur d'une guerre totale | France Culture

La violence en partage : épisode 2/5 du podcast Verdun 1916, au cœurd'une guerre totale | France Culture

Les fronts dispersés : épisode 3/5 du podcast Verdun 1916, au cœur d'une guerre totale | France Culture

Champ de bataille après la guerre : épisode 4/5 du podcast Verdun 1916, au cœur d'une guerre totale | France Culture

Guerre et paix à Verdun : épisode 5/5 du podcast Verdun 1916, au cœur d'une guerre totale | France Culture

Le nom de Toussaint Louverture apparaît au grand jour une nuit d'août 1791, alors qu'éclate à Saint-Domingue une révolution qui allait changer le cours de l'histoire du monde colonial… Un parcours entre idéaux de 1789 et luttes de pouvoir qui mènera à la première république noire libre.

À Saint-Domingue, le commerce triangulaire bat son plein, grâce notamment au commerce du sucre, l'or blanc. La violence du système esclavagiste est elle aussi à son apogée. La colonie française de Saint-Domingue compte près de 500 000 esclaves, dominés par 30 à 40 000 colons français. "La perle des Antilles", est une véritable poudrière. Deux années après la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789Ouverture dans un nouvel onglet, les esclaves, loin de vivre dans l'ignorance de ce qui se passe dans la métropole, aspirent eux aussi à devenir des hommes libres… et parmi eux les métis qui réclament les mêmes droits que leurs maîtres. Toussaint Louverture est l'un d'eux.

Né vraisemblablement en 1743, il porte le nom de sa plantation, "Bréda". Esclave affranchi à l'âge de 36-37 ans par son maître Bayon de Libertat, l'ancien esclave charretier qui bénéficiait d'une certaine mobilité ou "droit de savane", va s'imposer tardivement, à 50 ans, comme l'homme de la situation. Seul capable de mener les esclaves vers la liberté au sein d'une société où la couleur de peau détermine le rang social.

Fin tacticien et guerrier valeureux, préférant la négociation à la violence, Toussaint devient seul maître à bord après l'insurrection des esclaves d'août 1791 qui provoque à Paris la promulgation de l'abolition de l'esclavage en 1794 (la première du monde colonial). Devenu Toussaint Louverture pour ses actes de bravoure, le général en chef protège Saint-Domingue des appétits des autres puissances (Espagne et Angleterre et États-Unis) en commerçant avec elles, contre la promesse de pas exporter son combat abolitionniste.

Auteur de la première constitution de l'île en 1801, partisan d'une société multiraciale, il est déporté par Bonaparte qui rétablit l'esclavage en 1802. Toussaint meurt de pneumonie en France en 1803, dans des conditions inhumaines, au fort de Joux dans le Doubs. Quelques mois avant l'indépendance de ce qui deviendra officiellement Haïti le 1ᵉʳ janvier 1804, la première république noire libre au monde.

Les mondes de Toussaint Bréda : épisode 1/5 du podcast Toussaint Louverture : de Saint-Domingue à Haïti, l’esclave qui a dit non | France Culture

Un homme libre, mais de couleur... : épisode 2/5 du podcast Toussaint Louverture : de Saint-Domingue à Haïti, l’esclave qui a dit non | France Culture

La révolte des oubliés de 1789 : épisode 3/5 du podcast Toussaint Louverture : de Saint-Domingue à Haïti, l’esclave qui a dit non | France Culture

Le prix de l'abolition : épisode 4/5 du podcast Toussaint Louverture : de Saint-Domingue à Haïti, l’esclave qui a dit non | France Culture

Bonaparte contre la première république noire : épisode 5/5 du podcast Toussaint Louverture : de Saint-Domingue à Haïti, l’esclave qui a dit non | France Culture

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ET CE MOIS-CI je vous propose

FamilySearch est une plateforme remarquable, à la fois gratuite, internationale et riche en archives. Créé et géré par l’Église de Jésus‑Christ des Saints des Derniers Jours (Mormons), le site est l’un des rares offrant un accès libre à des milliards de documents d’archives (naissances, mariages, décès, recensements, testaments…) et à l’un des plus grands arbres généalogiques collaboratifs du monde.

Il est incontournable pour débuter et progresser en généalogie avec

  • Un accès gratuit et ouvert à tous : des registres d’état civil et paroissiaux, des recensements, des testaments, des registres fonciers, militaires, etc...

  • Un arbre collaboratif pour visualiser ses ancêtres, ajouter photos, anecdotes, documents, et collaborer avec d’autres chercheurs ; l’arbre est mondial et partagé, ce qui évite les doublons et enrichit les données,

  • Des archives massives : milliards d’actes numérisés provenant du monde entier,

  • Des outils pédagogiques : une interface simple, un moteur de recherche puissant, la possibilité de sauvegarder photos et histoires familiales, un catalogue exceptionnel avec livres, microfilms, archives numérisées, publications diverses,

  • Et une organisation à but non lucratif, ce qui renforce sa crédibilité et son accessibilité.

FamilySearch est donc la plus grande organisation généalogique au monde. Son objectif est de rassembler, conserver et partager des milliards de documents généalogiques pour aider chacun à découvrir son histoire familiale.

Et cerise sur le gâteau, FamilySearch propose :

Voici donc un site idéal pour débuter comme pour approfondir sa généalogie.

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Bonne lecture et belles trouvailles

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dimanche 31 mai 2026

Un jour particulier pour honorer sa lignée matrilinéaire

Aujourd’hui, jour de « Fête des mères », est un jour idéal pour honorer la lignée, celle qui commence bien avant nous et continue bien après.

Une mère n’est jamais seule : derrière elle, il y a une autre mère, et derrière encore une autre, et ainsi de suite, jusqu’aux premiers prénoms effacés, aux visages sans portraits, aux histoires effacées de nos mémoires, aux vies dont il ne reste qu’une date dans un registre (exception faite des registres paroissiaux où elles sont à peine nommées).

Se reconnecter à sa famille, c’est remonter ce fil invisible. C’est reconnaître que chaque geste de tendresse, chaque silence, chaque choix, vient de quelque part. C’est comprendre que nous sommes tissés de leurs forces, de leurs fragilités, de leurs migrations, de leurs rêves parfois interrompus.

La lignée féminine comme matrice de réparation

En ce jour particulier, prendre un moment pour une mère — la nôtre, celle qui nous a élevés, celle que vous avez peut-être perdue, celle que l’on redécouvre — c’est aussi prendre un moment pour toutes les femmes de notre arbre. Celles qui ont porté, soigné, transmis, résisté, aimé. Celles dont nous sommes toutes l’écho.

Alors aujourd’hui, faisons un geste simple : ouvrir un album, relire un acte, raconter une histoire, ou simplement dire : « Je veux comprendre d’où je viens. »

Parce que se reconnecter à sa famille, c’est se reconnecter à sa mémoire. Et se reconnecter à sa mémoire, c’est se reconnecter à soi.

« La mère » est un vecteur de mémoire : elle transmet des récits, des émotions, parfois des blessures non dites. Comprendre sa lignée maternelle aide à défaire les répétitions inconscientes et à se réapproprier son histoire. Car « la mère » est un pont entre deux générations, un fil vivant entre passé et avenir.

Selon Anne Ancelin SCHUTZENBERGER, fondatrice de la psychogénéalogie, les non-dits, les deuils non faits, les secrets ou les répétitions de dates peuvent se manifester dans la vie des descendants. La mère, par sa proximité corporelle et affective, est souvent le canal privilégié de ces transmissions. Elle transmet non seulement la vie biologique, mais aussi une empreinte psychique, un climat émotionnel qui façonne la manière d’aimer, de se relier, de se protéger.

Aujourd’hui, la science moderne montre que la transmission ne se limite pas aux récits ou aux comportements ; elle se joue aussi dans le corps, à un niveau beaucoup plus subtil : celui de l’épigénétique.

L’épigénétique, c’est tout ce qui influence l’expression de nos gènes sans changer l’ADN lui-même.

Boris CYRULNIK, quant à lui, même s’il ne parle pas de psychogénéalogie au sens strict, reconnaît que les traumatismes maternels non élaborés peuvent influencer l’enfant. Il décrit comment un parent marqué par la peur, la honte ou le silence peut transmettre un climat émotionnel qui façonne le développement. Et inversement, une mère qui a trouvé les ressources pour survivre – voire se reconstruire - transmet à son enfant une culture de la résilience.

Car CYRULNIK insiste sur un point essentiel : « Ce n’est pas la biologie qui fait la mère, mais la relation » ; une figure d’attachement stable — qu’elle soit mère biologique, adoptive, grand‑mère ou autre — transmet les mêmes fondations affectives….

La lignée matrilinéaire est la chaîne des mères

Être mère, ce n’est pas seulement donner la vie. C’est transmettre une manière d’être au monde.

Nous portons en nous des générations de femmes : leurs forces, leurs silences, leurs élans, leurs peurs et leurs angoisses également. Et, sans toujours le savoir, nous transmettons tout cela à nos enfants. Nos gestes, nos mots, nos colères, nos tendresses deviennent pour eux des repères, des modèles, parfois des cicatrices, souvent des sources de courage.

Une mère n’est pas parfaite, et elle n’a pas à l’être ! Mais elle a une responsabilité immense : celle d’offrir un espace où l’enfant peut se sentir en sécurité, aimé, reconnu. Un lieu où il apprend à se tenir debout, à se respecter, à écouter ses émotions, à ne pas avoir peur d’exister.

On nous a souvent appris que tout reposait sur nous : la douceur du foyer, l’équilibre des enfants, la paix des générations. Comme si notre amour devait suffire à guérir toutes les blessures, comme si notre patience pouvait réparer tous les manques, comme si notre force devait absorber tous les chagrins. Si seulement… ce serait trop facile !

Nous ne pouvons pas porter seules le poids de tous les maux. Nous ne sommes pas des remparts contre tout. Nous ne sommes pas des armures. Nous ne sommes pas des solutions miracles.

Un enfant se construit aussi avec un père, une famille, une communauté, avec l’école, les rencontres, les expériences, les autres adultes qui croisent sa route. Nous ne sommes qu’une partie - essentielle, certes - mais une partie seulement de ce qui façonne un être humain.

Nous avons le droit d’être fatiguées. Le droit de demander de l’aide. Le droit de dire : « Je ne peux pas tout. » Le droit de ne pas porter les blessures des générations passées comme si elles étaient les nôtres à réparer….

La lignée utérine est celle qui relie toutes les femmes d'une même famille à travers les générations.

Dans mon arbre généalogique, il y a des mères lumineuses et des mères fatiguées, des mères tendres et des mères absentes, des mères qui ont aimé comme elles respiraient et d’autres qui ont aimé maladroitement, en silence, derrière leurs peurs.

Toutes n’ont pas été à la hauteur de ce que nous aurions voulu. Certaines ont manqué, certaines ont blessé, certaines ont transmis des fardeaux qu’elles n’avaient jamais pu déposer. Mais quand je regarde leurs vies, leurs contextes, leurs contraintes, je comprends qu’elles ont fait ce qu’elles pouvaient, avec les outils qu’elles avaient, avec les blessures qu’elles portaient, avec les limites de leur époque.

Elles n’étaient pas parfaites ; elles étaient humaines. Elles ont avancé comme elles ont pu, souvent seules, souvent sans soutien, souvent avec des rêves brisés ou des responsabilités trop lourdes.

Dans mon arbre, je ne cherche pas des héroïnes. Je cherche des femmes réelles : celles qui ont tenu debout malgré tout, celles qui ont transmis la vie même quand elles ne savaient pas transmettre l’amour, celles qui ont survécu là où d’autres se seraient effondrées.

Reconnaître cela, ce n’est pas excuser. C’est chercher à comprendre. C’est redonner une place à celles qui n’ont jamais eu le droit d’en avoir une, celles qui souvent ont été détesté ou abandonné par leur famille. Celles qui dérangeaient. Et pour être honnêtes, je crois que ce sont mes préférées….

Aujourd’hui, c’est à nous de continuer autrement, avec plus de conscience, plus de liberté, plus de douceur.

Non pas pour réparer tout le passé, mais tout simplement, pour ne plus le répéter....

samedi 23 mai 2026

Zacharie Blondel, un bagnard bien réel (2/2)

Charles Zacharie Blondel est né le 5 juillet 1836 à Gruchet Saint Siméon, en Seine Maritime (AD 76 n°19 page 12/56) ; il est un cultivateur pauvre et à ses heures perdues, il se fait voleur de poules et poseur de collets, histoire d’améliorer l’ordinaire.

En 1863, il épouse Césarine, une normande comme lui. Ils ont trois enfants :

  • Rachel Césarine, née en 1864

  • Gaston Zacharie, né en 1866

  • Charles Raphaël, né en 1867

et puis les drames commencent : en 1875, ils perdent un nouveau-né, un petit garçon né sans vie ; ensuite Césarine tombe très malade et en 1876, elle décède de la tuberculose : elle avait 36 ans. Zacharie se retrouve veuf avec trois enfants à charge ; au décès de leur mère, ils ont respectivement : Rachel Césarine 12 ans, Gaston Zacharie 10 ans et Charles Raphaël 9 ans.

Le devenir des enfants

La situation d’un père veuf, journalier, soudain seul avec trois enfants et sans aucun soutien familial — les grands‑parents étant déjà tous décédés — est à la fois dramatique et tristement courante au XIXᵉ siècle. Dans un tel contexte, marqué par la précarité matérielle et l’absence de relais, beaucoup de veufs choisissent de se remarier rapidement afin d’assurer la survie du foyer. Zacharie, lui, semble avoir pris une voie plus rare : assumer seul l’éducation de ses trois enfants.

Sans famille élargie pour prendre le relais pendant ses journées de travail, les enfants auraient pu être placés, voire abandonnés, comme cela arrivait fréquemment. Pourtant, Zacharie fait le choix de maintenir la fratrie unie et de s’installer à Rouen pour tenter de reconstruire une stabilité.

Rachel Césarine est la première à se marier, en 1887 ; elle est déjà plus ou moins autonome. Elle a 23 ans et réside au 22 rue de la Vicomté, tandis que Zacharie vit au 41 rue du vieux palais. Les deux logements ne sont pas très éloignés l’un de l’autre.

Si Zacharie sera présent au mariage de sa fille, il n’en sera pas de même pour celui de ses fils, car en 1900 et 1901, il n’est déjà plus de ce monde….

En 1890, Zacharie est incarcéré à la prison de Rouen ; tandis qu’il est employé au triage de vieux chiffons, il attend sa condamnation.

Zacharie n’aura plus jamais de nouvelles de ses enfants : l’auront-ils oublié ou bien ne recevaient-ils pas ses innombrables lettres comme des appels à l’aide. Ainsi va la vie….

Un voyage sans retour

Au tribunal, Zacharie reste interdit : malgré l’appel, il est condamné à huit mois de prison assortis de la relégation…. Pour un simple vol de poules. L’adage « qui vole un œuf, vole un boeuf » prend ici une résonance amère : la peine est d’une sévérité disproportionnée.

Et puis tout s’enchaîne….

Depuis la prison de Rouen, il est transféré vers celle de Brest, à plus de 500 kilomètres. Il cesse d’être un homme pour devenir un numéro : matricule 1782. Le 17 octobre 1891, il embarque à bord du « Calédonie », direction la Nouvelle-Calédonie, terre lointaine où l’on expédie ceux que la société ne veut plus voir. Ils sont 227 bagnards à partir ce jour-là.

Cette date du 17 octobre résonne particulièrement : de nos jours, c’est la journée mondiale du refus de la misère. Zacharie incarne tragiquement cette misère que la France préfère éloigner plutôt que regarder en face, en l’envoyant à l’autre bout du monde.

Les conditions de navigation et de vie à bord sont extrêmes : souvent surchargés, les navires acheminent des transportés (travaux forcés), des déportés politiques (notamment les Communards), des relégués (récidivistes de petits délits, comme Zacharie) et parfois des femmes condamnées ; Les condamnés sont enfermés dans des batteries grillagées, surveillés en permanence, et soumis à une discipline très stricte.

Le Calédonie n’est pas un simple moyen de transport : c’est l’instrument d’un système, celui de la relégation, qui expédie loin de la métropole des hommes souvent condamnés pour des délits mineurs — comme le vol de poules.

L’embarquement sur le Calédonie marque la fin de sa vie en France et le début d’un exil forcé ; Zacharie va découvrir un système pénal particulièrement dur et stigmatisant.

Cette politique repose sur l’idée que le travail et l’exil forcé permettront une forme de « régénération » morale, tout en mettant en valeur un territoire lointain ; il faudra également ajouter une « double peine », à savoir un doublage du temps de condamnation - résidence forcée après la peine - qui condamne la plupart des hommes à une misère durable, voire expéditive.

Punir et éloigner les individus socialement indésirables tout en colonisant la Nouvelle‑Calédonie grâce à leur travail forcé gratuit : une belle logique…. Mon ancêtre et bien d’autres y ont laissé leur vie !

« Les futurs travailleurs forcés doivent être valides. Là‑bas, sur l’archipel, la production agricole est paraît‑il un véritable désastre. La terre y est pauvre et rapidement caillouteuse ; de plus la Société Le Nickel vient de lancer une nouvelle exploitation minière dans l’Île des Pins et le directeur du bagne, le vicomte Armand de La Loyère, aurait établi des contrats de chair humaine avec la puissante entreprise ».

Deux mois plus tard, Zacharie et ses compagnons d’infortune débarquent le 20 décembre 1891, au port de Kuto, à lîle des pins. Il leur faudra encore une heure de marche pour arriver au pénitencier, situé en haut d’une colline.

Le directeur se frotte les mains : « la chair fraîche » arrive pour assurer la relève.

L’exploitation minière de la Société Le Nickel (SLN)

À 54 ans, Zacharie fait partie des hommes mûrs, presque des vieillards pour le bagne, où l'espérance de vie est basse.

Ses yeux clairs, habitués aux brumes de la Seine-Maritime, clignent légèrement sous la lumière crue des Tropiques. Il y a dans son regard un mélange de résignation et de stupéfaction d'être si loin de chez lui.

Le soleil des îles commence déjà à brûler sa peau de paysan. Ses joues sont creusées par les privations de la traversée, et sa barbe, désormais entièrement grise et drue, lui donne un air de vieux patriarche égaré dans l'enfer vert.

A leur arrivée, les hommes revêtent l’uniforme : une chemise, une culotte de coton blanc épais et l’indispensable chapeau de paille, tressée grossièrement, à larges bords pour les protéger du soleil de plomb du Pacifique. Et puis, bien sûr, les manilles, ces fers, ces entraves qui entaillent la chair et marquent la condition pénale ; ces chaines sont posées par un forgeron du bagne, souvent rivées, parfois verrouillées par cadenas.

Les relégués sont envoyés dans des centres pénitentiaires répartis dans l’archipel. Ils y vivent dans des conditions épouvantables ; outre le travail forcé (routes, mines, agriculture) sous un soleil de plomb, ils doivent endurer une surveillance constante, une discipline militaire et bien évidemment les insultes : « bande de cossards », « vermine », « chevaliers de la guirlande », ou bien encore « bêtise d’esprit pauvre » ; de plus ils sont sous-alimentés.

Zacharie est assigné à la « petite fatigue », à la cuisine pour y décharger sacs de fèves et de farine ; c’est une corvée disciplinaire – en plus du travail normal - une punition infligée aux condamnés jugés paresseux, récalcitrants ou insuffisamment productifs. Et un matin de mai 1892, il est envoyé à la mine du Pic Ngâ, pour y extraire le nickel, cet « or vert maudit » dont la poussière irrite la peau et les yeux.

La Société Le Nickel (SLN) est l’acteur dominant de l’industrie du nickel en Nouvelle‑Calédonie. Fondée en 1880, elle exploite les mines de Thio, possède des usines de transformation et bénéficie d’un accès privilégié à la main‑d’œuvre pénale, dont les relégués comme Zacharie.

Qu’il s’agisse de Thio - premier grand centre minier commencé en 1873 - ou l’exploitation de l’Île des Pins, ces sites nécessitent une main‑d’œuvre abondante, corvéable à merci. La SLN est en pleine expansion et elle a besoin de bras ; alors les relégués sont envoyés dans les mines ou dans les chantiers associés. Les conditions de travail y sont particulièrement pénibles et dangereuses.

Les mines calédoniennes reposent sur une extraction quasi intégralement manuelle – voire des outils très rudimentaires - d’où une mortalité élevée, liée aux accidents, aux conditions climatiques et au manque de soins.

Les travailleurs miniers — les bagnards — vivent dans des logements sommaires, insalubres et exigus ; l’alimentation est insuffisante ; l’employeur leur impose un rythme de travail et une cadence telle qu’il n’existe aucun droit ni contestation possible. Chaque bagnard est soumis à une discipline militaire, puni sévèrement en cas de refus de travail ou de faiblesse. Les chaînes rendent chaque geste plus difficile : marcher dans la boue, sous un climat écrasant, monter et descendre des pistes presque impossibles avec le risque d’une chute invalidante voire mortelle, une fatigue importante et la douleur des fers qui entaillent la chair.

Le mirage d’une concession à Ubuatère

Le moment tant attendu de la libération arrive. Le 21 août 1892, il reçoit la somme modique de 25 francs, une concession à Ubuatère (Gadji) et les chaînes tombent…

« Les huit mois de peine ont été purgés. Zacharie vient de passer à la forge, la chaîne traîne encore sur le sol, elle ressemble à un serpent endormi et il n’ose avancer sa main vers cette chose grise et inerte. Enfin libéré de ces quatre kilos de métal, Zacharie peine à reprendre une marche naturelle. Un gardien le maintient sous l’aisselle et tente, sans le bousculer pour autant, de l’aider à retrouver une nouvelle cadence. Il voudrait surtout imprimer un rythme plus vif à cette marche. L’homme qu’il est chargé de conduire jusqu’au bureau paraît sincèrement et paradoxalement handicapé par la soustraction de la chaîne. Cet homme de cinquante-six ans, repris par la peur, ne parvient plus à maîtriser l’allure de son pas. »

La politique des concessions de terres en Nouvelle-Calédonie est un tournant historique. Pour l'administration pénitentiaire, l'attribution d'une concession à un « libéré » - un bagnard ayant purgé sa peine de travaux forcés mais soumis au doublage ou un relégué collectif - est l'outil ultime de la colonisation de peuplement : transformer le criminel en paysan vertueux, attaché à sa terre.

Pour Zacharie, la concession est sa seule chance de ne pas mourir de faim comme « libérés vagabonds ». Il connaît le travail de la terre et il sait qu’au bout de quelques années, si le terrain est mis en valeur et que sa conduite est irréprochable, il obtiendra son titre de propriété définitif et deviendra alors un citoyen libre de ses mouvements sur l'île.

Mais la terre est ingrate et impropre aux cultures : Felix et Jules l’avaient prévenu… ces ex-relégués s’y sont essayés ; depuis ils sont devenus « mécanicien sur les docks » pour le premier et « greffier chez un notaire » pour le second.

Les terres fertilisables sont jalousement conservés par l'administration. Aux bagnards et relégués ne restent que les « miettes » de la Grande Terre : des parcelles situées sur des flancs de collines abrupts (les lianes), où la couche d'humus arable ne dépassent pas quelques centimètres. De plus le sol calédonien présente une spécificité géologique redoutable : une très forte concentration en métaux lourds, notamment en fer et en nickel. Ces sols reconnaissables à leur couleur rouge sang, s'avèrent d'une acidité extrême et cruellement carencés en matières organiques indispensables à l'agriculture traditionnelle européenne. Sans engrais - les relégués n'ont pas les moyens de s'offrir - la terre s'épuise dès la première récolte.

À cette pauvreté géologique s'ajoute le climat de la brousse, fait de contrastes violents : des périodes de sécheresse absolue ou des pluies cycloniques diluviennes.

Pour un homme comme Zacharie, déjà usé par les épreuves, faire surgir la vie de ce sol ingrat et infertile relève du travail de Sisyphe. Zacharie a bien compris que cette terre n'est pas un cadeau de rédemption ; elle est une peine supplémentaire, un piège de pierre et d'argile rouge où s'épuisent ses dernières forces.

Répertorié médicalement comme « neurasthénique » et « névropathe », Zacharie décède le 16 mai 1893 à l’hôpital d’Uro ; Zacharie appartenait à cette catégorie de relégués jugés incapables de tenir une concession.

Il est clair que l'Administration n'accordait pas de terres aux hommes trop affaiblis psychologiquement ou physiquement, car le travail de défrichement initial exigeait une vigueur monumentale. Alors pourquoi l’avoir fait espérer ? Une violence de plus ?…...

A sa sortie du dépôt, Zacharie a 56 ans mais il en fait 10 de plus : des cheveux et des sourcils blancs, une barbe blanche sur un visage ovale au teint blanc ; des furoncles sont inscrits comme signes particuliers - 9 au cou à gauche, 1 sous aisselle gauche, 8 au dos à droite, Varices jambe gauche – ce sont les témoins indissociables de mauvaises conditions d’hygiène, de malnutrition et d’un travail physique harassant. L’Administration pénitentiaire les consignaient minutieusement pour éviter les évasions et identifier formellement les individus.

Les termes de « neurasthénique » et « névropathe », sous la plume des médecins coloniaux du XIXe siècle, correspondent à des diagnostics psychiatriques précis de l'époque.

La neurasthénie est un épuisement total : à 56 ans, après le traumatisme du veuvage, la rupture avec ses trois enfants, la condamnation et le voyage en cage dans les cales d'un navire transporteur, Zacharie est un homme brisé. Le « choc colonial » - c’est-à-dire l'isolement absolu à l'autre bout du monde, sans aucun espoir de retour - plongeait de nombreux relégués dans un état de prostration léthargique fatal. On peut aisément imaginer les angoisses de la nuit qui ressurgissent, des maux de tête constants et le refus de s'alimenter.

Quant au terme « névropathe » il désignait une personne souffrant d'une affection du système nerveux, sans lésion organique apparente. On l'utilisait pour des profils hypersensibles, sujets à des crises d'angoisse, de l'irritabilité, ou des comportements jugés instables par l'administration.

Zacharie Blondel faisait figure de « vieillard » pour le bagne. À cette époque, l'espérance de vie moyenne des hommes en métropole atteignait à peine 43 à 45 ans. Dans l'enfer pénitentiaire colonial, dépasser la cinquantaine relevait déjà de l'exception.

En s'éteignant en 1893 à l'âge de 56 ans, après deux années de présence en Nouvelle-Calédonie, Zacharie a eu un parcours tristement représentatif de la « Moyenne » des relégués de sa génération : brisé rapidement par la machine pénitentiaire, le climat, et le chagrin du déracinement.

Aujourd’hui, on pourrait dire qu’il s’est « laisser-glisser », se laissant mourir de faim, perdant l'instinct de survie. Le corps, affaibli par la dépression, succombe alors à la moindre infection, type dysenterie, fièvre typhoïde.…

En s'éteignant après seulement 24 mois de présence sur le « Caillou », Zacharie Blondel s'inscrit tragiquement dans la courbe de surmortalité précoce qui frappait les relégués de sa génération.

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Le livre de Philippe Cuisset met le doigt sur la double peine de Zacharie : il n'a pas seulement subi une peine physique et géographique, il a sombré psychologiquement face à l'immensité de sa rupture de vie. Cela donne une dimension profondément humaine et tragique à ce cultivateur normand : voilà un livre que je ne suis pas prête d’effacer de ma mémoire…..

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Pour en savoir plus :

LES RUES ET LES PLACES DE ROUEN

Dictionnaire indicateur et historique des rues et places de Rouen (AD 76)

La Marine française confrontée aux mers du sud de l’océan Indien (1864-1890)

GENEALOGIE D'UNE FAMILLE ORDINAIRE: Un destin brisé : Auguste Louis DELOBEL(1841 – 1883)

Louis-José Barbançon - Île en île

"Entre chaînes et terre" : l'histoire du bagne calédonien racontéepar Louis-José Barbançon

ENTRE CHAÎNES ET TERRE - LEPREUX ET ALIÉNÉS par Louis-José Barbançon

Les mines de la Nouvelle-Calédonie / par Louis Pelatan,... | Gallica

Société des mines du Nord de la Nouvelle-Calédonie

Victor Schoelcher | ENAP

L’exploitationdu nickel dans un contexte colonial : la filière nickel en NC dumilieu du XIXème siècle à la Seconde guerre mo