dimanche 1 novembre 2026

B comme BOOSTER sa généalogie

Pour dépasser les impasses de mon arbre, je dois chercher ailleurs que dans les suggestions de Geneanet ou Filae, qui, ces derniers temps me proposent des filiations du 18ème siècle. Je suis en perpétuelle quête de collatéraux et explorer la piste des recensements s’avère un défi exigeant, mais indispensable.

L'analyse des recensements représente alors une alternative aussi exigeante que prometteuse, d’autant plus en Alsace annexée.

J’ai repris le recensement de 1885 dans la commune de Niederhaslach, une petite commune du Bas-Rhin ; la difficulté est bien évidemment la langue, mais l’IA m’a bien aidée…..

Une photographie instantanée du foyer

En France, les recensements ont lieu tous les 5 ans à partir de 1836, sauf exceptions comme 1871 ou la période des deux grandes guerres. Ils sont classés par commune, puis par rue ou quartier.

Le recensement de 1885 ne comporte que 191 pages ; rien de comparable avec de grosse ville telle que Reims, par exemple !

Au départ, je repère tous les patronymes figurant dans mon arbre ; à ce stade de mes recherches, je ne connais pas les filiations ; je note rigoureusement chaque foyer, ses occupants…. Je découvre alors la composition exacte des familles.

Rechercher les filiations par les liens de parenté

Ma méthode repose sur un point d’ancrage précis : le chef de famille de chaque foyer. À partir de son patronyme, je repère un arbre généalogique tiers, connu pour sa fiabilité. J'utilise ensuite les outils de recherche de parenté pour reconstituer et valider le lien familial. Il ne me reste plus qu'à relever ces informations pour aller les vérifier directement dans les archives. C'est une démarche simple, accessible, certes longue, mais redoutablement efficace.

Un exemple concret : la famille STRUBEL

Dans la strasse d’Ober-Eck, maison 115 et foyer 18, se trouvent les membres du ménage :

  • STRUBEL Adolph, charron de métier et « Haushaltungsvorstand » chef du ménage

  • STRUBEL Julia, son épouse – dont le nom de jeune fille n’est pas mentionné !

  • STRUBEL Adelphine, sa fille

  • et KUBLER Thérèse, sa mère

Une indication capitale dans cette famille : Adolph est le fils des deux familles STRUBEL et KUBLER.

Si les recherches semblent plus aisées dans un si petit village, il faut néanmoins rester vigilants aux homonymes.

Au stade de mes recherches, je n’ai qu’une seule STRUBEL Marie Régine dans mon arbre ; je recherche donc un lien de parenté « éventuel » avec STRUBEL Adolph.

Grâce à l’arbre généalogique d’un tiers, je m’aperçois que Marie Régine STRUBEL et Adolphe ont des arrières-grands-parents communs.

IL me reste alors à combiner mes recherches classiques via les archives départementales, GENEANET et/ou FILAE pour booster ma généalogie.

Pour ne rien manquer des articles rédigés pour le Challenge AZ 2026, cliquez sur l'image ci-dessous

Actu OCTOBRE 2026

 

Voici des actualités glanées ça et là,

des articles repérés sur des blogs…

Au hasard de mes lectures et de mes recherches


ACTUALITES

Voilà près de quatre mois que je planche sur mes 26 articles pour ce Challenge AZ. Fidèle au rendez-vous depuis 2019, j’avais pourtant fait l'impasse en 2025 pour me consacrer pleinement à mes ateliers de généalogie numérique. Une pause que j’ai bien vite regrettée ! Heureusement, me revoici dans l'arène cette année, prête et motivée.

Pour une généalogiste comme moi, relever le Challenge AZ — soit 26 articles du A au Z durant tout le mois de novembre — est un formidable défi, à la fois personnel et professionnel. Même en tant qu'amateure, je mets un point d'honneur à explorer mes sujets en profondeur, rigoureusement vérifiés et abordés sous toutes les coutures. C'est exigeant, mais ô combien formateur !

Ce marathon rédactionnel crée un vrai rendez-vous avec les passionnés d'histoire familiale et les fidèles du blog. C'est une vitrine idéale pour partager ma démarche méthodologique, distiller quelques conseils et, pourquoi pas, inspirer de futurs participants à mes ateliers. Quel plus beau compliment que de savoir qu'un ou une de mes élèves s'est lancé dans l'écriture grâce à cette petite étincelle ?

J'apprécie tout autant de l'autre côté, en lectrice assidue des autres généablogueurs ; je surveille de près les articles traitant des régions de mes ancêtres, à l'affût du moindre indice ou d'une anecdote.

Certes, le défi bouscule et pousse à sortir de sa zone de confort rédactionnelle ! Mais la satisfaction finale est sans égale : boucler l'alphabet du A au Z procure un immense sentiment de fierté et laisse une trace pérenne, tel un mini-ouvrage thématique clé en main.


GENEANET

Toutes les actualités de Geneanet sur Flipboard

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FAMILY SEARCH

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LA REVUE FRANCAISE DE GENEALOGIE

Toutes les actualités de la RFG sur Flipboard

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FILAE

Toute l’actualité de Filae sur Flipboard

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LE BLOG DE GENEAFINDER

Généalogie Meuse : Archives et Sites Utiles | Guide

Généalogie en Espagne : Guide Pratique et Sources Utiles

Généalogie en Allemagne : Guide Complet pour Débutants

Généalogie en Belgique : l’antisèche pratique

Généalogie en Autriche : Guide Essentiel pour Chercheurs

Généalogie aux Pays-Bas : Ressources et Conseils Pratiques

Recettes ancestrales, entre patrimoine culinaire et généalogie

Les sages‑femmes d’autrefois : pionnières de la médecine au féminin

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LE BLOG DE GALLICA

Le cahier de coloriage d'Halloween 2026 | Gallica

Agathe Giraud : pâtisserie et patrimoine | Gallica

Surprenante pâtisserie | Gallica

Le châtaignier | Gallica

Femmes d'Alger par Delacroix | Gallica

Court gette, de la presse ancienne à la scène | Gallica

La photographie japonaise avant 1939 | Gallica

L’orthophonie : une nouvelle gymnastique vocale | Gallica

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ARCHIVES & CULTURE

Des ancêtres espagnols réfugiés de 1936 ?

Avez-vous un ancêtre ou lointain cousin parti aux États-Unis ? - Film 360

Le Service historique de La Défense conserve quoi ? Et où ?

Geneabank, qu’est-ce que c’est ? – Film 392

Cimetières et généalogie - Film 9

Les uniformes de 1914-1918 vus par les photos de famille - Film 63

Les blessés de 1914-1918 - Film 64

Un ancêtre médaillé militaire ? - Film 122

Grand Mémorial, qu'est-ce que c'est ? - Film 161

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LA FRANCE PITTORESQUE

Grippe : moyens utilisés pour lutter jadis contre ce fléau

1901: Paris organise un concours pour éliminer les rats

Moutons du roi : naissance du mérinos de Rambouillet

8 octobre 1517 : fondation du Havre par François Ier


Exposition Drôles de vols : caricaturer les expériences aériennes

Guerre des tréteaux opposant Comédie-Française et forains

Le Grand Dauphin : navire faisant le tour du monde avant Bougainville

11 septembre 1646 : Adrienne d'Heur est brûlée vive, condamnée poursorcellerie

Éléphants : quand l'harmonie musicale éveille leurs sens

16 septembre 1807 : loi de Napoléon Ier créant la Cour des comptes

27 octobre 1824 : mort du botaniste et agronome André Thouin

Cinq morts violentes et précipitées dans la ferme de Louis Tennegain à(…)

Deux morts bizarres à Fontaines en Duesmois le 5 septembre 1756

Les petits ports et havres normands dans la seconde moitié du xviie siècle | Cairn.info

L’histoire du moulin Passe-Avant - Amiens Métropole

Exposition : Alice Sollier-Dubois et sa famille - un destin guyanais (1833 -2027) | Académie Guyane

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LA GAZETTE WEB 

Ils volent des pommes de terre dans les champs - www.histoire-genealogie.com

Que signifie "gravé de la petite vérole", sur un dossiermilitaire, en 1883 ? - www.histoire-genealogie.com

Histoires familiales et généalogie - www.histoire-genealogie.com

Un mariage… original - www.histoire-genealogie.com

La Ronde des Ancêtres : Courageuse Marie Badon

Troupes de voleurs en Bretagne à la veille de la Révolution – Persée

Une affiche de pieds de bancs (AD des Ardennes)

Un prédicateur et son public. Les sermons du Père Lejeune et leLimousin, 1653-1672 – Persée

L’inconnue de la déchetterie, en Ariège - www.histoire-genealogie.com

Élisabeth Schwalm : l’affaire de la soupe empoisonnée

Arrestation de Catherine Jarrige dite Catinon Menette (an II) (AD du Cantal)

Il y a 70 ans, la France connaissait la première grave crise liée aupétrole de son histoire - Archives départementales de l'Aisne

La microtoponymie du Vivarais dans les Estimes de 1464 : une premièreapproche – Persée

Saucisse. Quel drôle de nom pour un abbé !

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DES SITES, DES BLOGS et aussi des histoires…. (c’est désormais ici)

 J'ai récemment ajouté deux nouveaux tableaux thématiques sur mon profil Flipboard :

  1. Première Guerre mondiale : un espace dédié aux articles et documents historiques sur le sujet.

  2. Cerveau et IA : une sélection d'actualités et de réflexions sur le fonctionnement de la pensée et l'intelligence artificielle.

De quoi nourrir notre curiosité entre histoire, mémoire et innovations technologiques.

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DES PODCASTS A ECOUTER
DES VIDEOS A REGARDER, SANS MODERATION….…

Il était une fois Louis Mandrin, homme du peuple devenu brigand sous **Louis XV. **Avec sa bande, il mène des campagnes de vols et de contrebande entre 1754 et 1755 avant d’être arrêté, condamné et exécuté. Très vite, Louis Mandrin devient “Capitaine Belle humeur”, le bandit au grand cœur, le défenseur des opprimés, celui qui vole les riches pour donner aux pauvres… La légende dorée de Louis Mandrin s’écrit à la vitesse de ses exploits que relaient les gazettes de l’époque… Louis Mandrin, brigand clair-obscur | France Inter

Au début du 20e siècle, l’essor industriel s’accompagne d’un lourd tribut humain. Journées de 12h, semaine de 6 jours, salaires de misère, dangerosité des machines… Le monde ouvrier s’organise alors pour dénoncer la dureté du travail, avec un outil privilégié, acquis au cours du siècle précédent : la grève. Parmi ces travailleurs qui résistent, il y a des femmes, des hommes mais aussi, parfois, des enfants, employés par de nombreuses usines, notamment dans l’industrie textile. En 1903, des enfants américains manifestent ainsi contre la pénibilité de leurs conditions de travail en Pennsylvanie. 1911, les enfants font grève ! - L'intégrale | France Inter

Connaissez-vous « l'effet Matilda » ? Ce mécanisme qui efface, minimise, ou attribue aux hommes les découvertes des femmes scientifiques. On pourrait citer la biologiste Rosalind Franklin qui, dans les années 1950, joue un rôle décisif dans la découverte de l'ADN. Le prix Nobel ira à trois hommes. En France, une autre pionnière a longtemps été oubliée : Suzanne Noël.

Née Suzanne Gros en 1878, elle portera trois noms au cours de sa vie, comme autant de destins. Chirurgienne d'exception, elle devient la première femme à pratiquer la chirurgie esthétique moderne. Après la Première Guerre mondiale, elle soigne les « gueules cassées », ces soldats gravement défigurés, et révolutionne certaines techniques. Elle opère des patientes anonymes comme des célébrités — jusqu'à la grande Sarah Bernhardt.

Suzanne Noël, réparer les vivants | France Inter

Mai 1920. Une fillette est hospitalisée au Nord de Paris. L’enfant délire. Elle a de la fièvre. Elle a des bubons. Le diagnostic tombe, implacable : c’est la peste ! Oui, la peste, celle-là même qui a décimé l’Europe. Et dans la capitale, où la maladie n’avait pourtant pas été observée depuis le 17eme siècle. Sauf que désormais, et depuis la fin du 19e siècle, la peste se soigne ! Les médecins se mettent en ordre de bataille…

Afin de ne pas alarmer la population, et troubler le commerce international, les autorités décident de tenir le mal secret. Mais les médias l’apprennent, évidemment. Et un sénateur antisémite va profiter de la désinformation pour accuser les immigrés venus de l’Est de l’Europe, en particulier les Juifs, d’avoir apporté la maladie. Toujours cette bonne vieille histoire du bouc émissaire…

Ce sont pourtant les rats qui sont le vecteur du bacille. Et c’est chez les chiffonniers, infatigables collecteurs de déchets, que la peste s’est développée. Cette épidémie, rapidement endiguée, va accélérer une prise de conscience : il faut éradiquer les rats, améliorer l’hygiène dans la capitale. Le corps professionnel des chiffonniers va-t-il y survivre ?

1920, la dernière peste de Paris | France Inter

Situé place de la Concorde à Paris, l’Hôtel de la Marine se nommait autrefois le Garde-Meuble de la Couronne. Il renfermait les trésors royaux, dont une incroyable collection de bijoux, volée dans des conditions rocambolesques en 1792.

1792 : le vol des joyaux de la Couronne : épisode 1/2 du podcast L’hôtelde la Marine | France Culture

L'enquête : épisode 2/2 du podcast L’hôtel de la Marine | France Culture


Le Cours de l'histoire remonte à la Révolution française pour comprendre comment le maintien de l’ordre s’est organisé en France, au fil des siècles, pour encadrer les mouvements populaires. Garde nationale, citoyens auxiliaires de police, gendarmerie mobile, CRS, les forces de l'ordre se déploient.

Du roi à la loi, les forces de l'ordre font leur Révolution : épisodedu podcast Maintien de l’ordre, une histoire française | FranceCulture

Vigilance ! Les citoyens auxiliaires de police : épisode du podcast Maintien de l’ordre, une histoire française | France Culture

Maîtriser les foules, histoire de la gendarmerie mobile : épisode du podcastMaintien de l’ordre, une histoire française | France Culture

De l’Algérie à la Guadeloupe, maintenir un ordre colonial : épisodedu podcast Maintien de l’ordre, une histoire française | FranceCulture

Sous Adolf Hitler, les Allemands étaient-ils tous nazis ? Du fiasco du putsch de Munich à la guerre totale, découvrez comment le parti nazi a utilisé la démocratie de la République de Weimar et la crise de 1929 pour s'emparer du pouvoir et imposer son idéologie radicale.

« Comment une démocratie moderne a-t-elle pu basculer si rapidement dans le totalitarisme et la barbarie ? À travers les archives et les faits historiques, cette série explore l'irrésistible ascension d'Adolf Hitler et la mise au pas progressive de toute la société allemande.

De la rue aux urnes : la conquête légale du pouvoir

À l'origine simple groupuscule d’extrême droite violent et antisémite au cœur de la République de Weimar, le parti nazi change radicalement de stratégie après l'échec du putsch de Munich en 1923. Dès lors, Adolf Hitler choisit d'utiliser les règles de la démocratie pour mieux la détruire de l'intérieur. Bénéficiant du contexte de chômage de masse lié à la crise économique de 1929, le mouvement connaît une ascension fulgurante. En maniant habilement le grand écart entre la quête d'une respectabilité politique auprès des élites et l'intimidation violente orchestrée dans la rue par les défilés des SA, le parti s'impose. Lors des élections de 1932, porté par la promesse d'une séduisante « communauté du peuple », le nazisme devient la première force politique d'Allemagne.

La mise au pas et l'engrenage idéologique

Devenu chancelier, Hitler engage immédiatement la mise au pas du pays. L'incendie du Reichstag, en février 1933, devient alors le prétexte idéal pour légaliser la violence d'État et accélérer la répression politique. Une fois les rênes du pouvoir consolidées, le régime déploie ses deux ambitions majeures, fondées sur une théorie raciale stricte. Le pouvoir organise d'abord l'exclusion et la persécution pour se débarrasser des Juifs et des Tziganes. Parallèlement, l'Allemagne s'engage dans une militarisation expansionniste massive tournée vers l’Est, visant explicitement la conquête et la colonisation de l'Europe au nom du concept de Lebensraum, l'espace vital.

La fuite en avant vers la guerre totale

Même face à l'imminence de la défaite, la direction nazie refuse de fléchir. En 1943, Joseph Goebbels proclame la guerre totale, entraînant le peuple allemand dans une fuite en avant meurtrière et destructrice. Alors que les combats sur le front Ouest s'éternisent et que l'armée allemande subit des pertes colossales, la logistique de la destruction ne faiblit pas, acheminant des centaines de milliers de personnes vers le camp de la mort d’Auschwitz-Birkenau. Dès lors, une question cruciale se pose : face à cet engrenage destructeur et face à son propre déclin, comment le peuple allemand envisageait-il son avenir ? »

1920-1933 : La naissance du nazisme : épisode 1/5 du podcast Sous Hitler, les Allemands étaient-ils nazis ? | France Inter

1933, l’arrivée au pouvoir d’Hitler : épisode 2/5 du podcast Sous Hitler, les Allemands étaient-ils nazis ? | France Inter

1933-1939, l’adhésion (ou pas ?) des Allemands au nazisme : épisode 3/5 du podcast Sous Hitler, les Allemands étaient-ils nazis ? | France Inter

L’entrée en guerre et l’extermination des juifs : épisode 4/5 du podcast Sous Hitler, les Allemands étaient-ils nazis ? | France Inter

La fin du Troisième Reich et la dénazification : épisode 5/5 du podcast Sous Hitler, les Allemands étaient-ils nazis ? | France Inter

En quatre épisodes, Le Cours de l'histoire fait un tour au cimetière, entre fosses communes et histoires vraies. Il est question d'histoires sculpturales et sépulcrales quand il s’agit d’enterrer les femmes et les hommes défunts avec art, respect et parfois ostentation. Le traitement des corps morts relève aussi d'enjeux politiques et mémoriels pour les soldats tombés au front. Loin du deuil et de la déploration surgissent aussi des passions morbides, qui donnent à l’histoire du nécrophile à retordre.

Fosses communes et histoires vraies : épisode du podcast La mort, unehistoire à bras-le-corps | France Culture

Sculpture et sépulture, l’art d’enterrer les gens : épisode du podcast Lamort, une histoire à bras-le-corps | France Culture

Mourir au front, corps cherchent sépultures : épisode du podcast La mort,une histoire à bras-le-corps | France Culture

Passions morbides, l’histoire a du nécrophile à retordre : épisode dupodcast La mort, une histoire à bras-le-corps | France Culture

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ET CE MOIS-CI je vous propose

Des podcasts à voir et à revoir : Podcasts - Union Professionnelle de Généalogistes Familiaux

Les collections du Musée national de l'Éducation

Le MUNAÉ (basé à Rouen) est l'institution de référence pour l'histoire de l'enseignement en France. Son portail en ligne propose une base de données remarquable sur le patrimoine scolaire.

Plusieurs Archives Départementales (AD) ont développé dans leurs espaces éducatifs des ateliers interactifs, dossiers pédagogiques et cahiers numérisés exploitables en ligne sur le thème de l'école et des enfants durant la Grande Guerre :

1. Archives Départementales des Yvelines : archives.yvelines.fr

L'un des espaces pédagogiques numériques les plus aboutis. La section Ressources pédagogiques 14-18 propose des dossiers thématiques clés en main et des mallettes numériques sur « Vivre à l'arrière pendant la guerre ».

2. Archives Départementales d'Indre-et-Loire (AD 37) : 1914-1918.Tours et l'Indre-et-Loire pendant la guerre - Archivesd'Indre-et-Loire

Un dossier pédagogique numérique remarquable intitulé « Écoles et effort de guerre » réalisé par le service éducatif. Il contient des livrets téléchargeables comprenant des reproductions de cahiers d'écoliers d'époque, des récits sur l'accueil des enfants réfugiés dans les classes rurales (comme à Bossée ou Saint-Avertin) et des exercices sur les « Pupilles de l'école publique ».

3. Archives Départementales de Saône-et-Loire (AD 71) : Guerre1914-1918

Un espace « Ateliers numériques » très structuré avec des séquences pédagogiques à télécharger. Il propose des livrets d'activités basés sur les affiches d'emprunt pour la Défense Nationale distribuées dans les écoles, l'effort de guerre agricole des enfants et des études de documents sur la vie quotidienne des élèves.

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« Ceux qui ne peuvent se rappeler le passé sont condamnés à le répéter »

George Santayana (1863 - 1952)

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Bonne lecture et belles trouvailles

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samedi 31 octobre 2026

A comme ARBRES

J’ai mis près de quarante ans à comprendre que je fonctionnais avec une hypersensibilité esthétique : si ce que je fais ne me semble pas harmonieux, je me bloque. Une page d’écriture mal présentée, un blog qui ne me ressemble pas, une broderie imparfaite ou un arbre généalogique désordonné suffisent à me paralyser. J’ai besoin de beauté pour avancer, de cohérence pour créer, d’harmonie pour penser. Ce n’est pas un caprice : c’est ma manière d’être au monde.

Quand le visuel me parle, tout devient fluide. Quand il me résiste, tout se bloque.

Avec le temps, j’ai compris que ce besoin de « beau » n’est pas un obstacle – enfin, si, quelquefois, on ne va pas se mentir ! - mais une boussole. Il me pousse à soigner mes projets, à les rendre plus aboutis, plus personnels, plus fidèles à ce que je veux transmettre. C’est une exigence qui m’accompagne, parfois lourde à assumer, mais toujours sincère.

Pour mon arbre généalogique, j’ai donc besoin d’un cadre visuel favorable qui me permette de penser, de créer, de respirer. J’ai besoin d’avoir un arbre facile à exploiter, contenant le maximum d’informations – notamment le numéro SOSA, le(s) marqueur(s), date de naissance, mariage et décès lisibles – mais également un affichage des portraits, et en plus qu’il soit esthétique !

Car un arbre bien saisi est un arbre qui respire….

L’arbre est notre principal espace de travail et le reflet vivant de nos recherches.

Vous allez me dire que GENEATIQUE ne peut pas tout faire et bien si…. Enfin presque !

Nous allons faire un tour d’horizon des nombreux modèles existants ; pour cela, je prendrai comme exemple l’arbre familial de Napoléon Bonaparte, un modèle proposé par GENEATIQUE :

1. Les Arbres Ascendants pour montrer les ancêtres d’une personne et pouvant afficher beaucoup d’infos si on les personnalise,

Idéaux pour se focaliser sur nos propres ancêtres, ces arbres partent de la personne pivot - le « de cujus » - et se déploient vers le passé :

  • L'arbre classique (vertical ou horizontal) : clair et structuré, il permet de visualiser l'ascendance directe sur 4, 5, 6 générations ou plus, avec un affichage optimisé des dates et lieux

  • L'arbre circulaire (ou demi-circulaire) : une présentation spectaculaire et compacte en forme de roue, parfaite pour repérer d'un seul coup d'œil les branches incomplètes et les "trous" dans vos recherches

2. Les Arbres Descendants pour déployer tous les enfants, petits-enfants et générations futures, idéal pour organiser les grandes cousinades :

  • L'arbre de descendance classique

  • La forme "indentée" ou en liste pour une lecture textuelle et compacte de l'ensemble des rameaux d'une famille.

3. Les Arbres Mixtes (mes préférés !) pour montrer la personne centrale + ses ancêtres + ses descendants

Le logiciel affiche simultanément ses ascendants vers le haut et ses descendants vers le bas. C'est l'outil parfait pour les réunions de famille.

4. Les Arbres Graphiques et Artistiques pour imprimer ou offrir : il y en a de fort jolis !

Généatique propose des dizaines de modèles thématiques pour transformer vos données en véritables œuvres d'art.

  • Décors personnalisés : des arbres ornés de feuillage, de parchemins, de blasons ou de textures anciennes

  • Arbres avec photos : les portraits de vos ancêtres s'intègrent automatiquement dans les cases pour donner un visage à votre histoire.

5. Les Arbres Techniques et Statistiques : pour les Généalogistes Avertis

  • L'arbre de suivi des recherches : grâce à un code couleur dynamique, identifiez instantanément les actes qu'il vous reste à trouver (baptême, mariage, sépulture)

  • L'arbre chronologique positionne les membres de votre famille sur une frise temporelle pour croiser leur vie avec la grande Histoire

  • L'arbre d'implexes pour analyser visuellement les mariages consanguins ou les ancêtres communs dans une même généalogie.

Vous pouvez modifier les couleurs, la forme des cases, les polices de caractères, et choisir précisément quelles informations afficher (professions, signatures, citations d'actes). D'un simple clic, vous passez d'un style moderne à un style classique !

      • Les arbres circulaires / éventails pour une vue globale et plus compacte, surtout très efficaces pour les grandes générations

      • Les arbres de psychogénéalogie qui ne sont pas des arbres « classiques » de généalogie : ce sont des génosociogrammes, c’est‑à‑dire des arbres enrichis d’informations psychologiques, émotionnelles, relationnelles et événementielles ; ils servent surtout à repérer les transmissions inconscientes, les répétitions, les loyautés invisibles, les traumatismes et les non‑dits dans une lignée ; à utiliser toutefois avec modération….

Pour en savoir plus, rendez-vous à la lettre C…..

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jeudi 29 octobre 2026

De la case prison aux tranchées de la Marne : le destin cabossé de Paul Sorlin (3/3)

De la chaleur des corons à l’horreur des tranchées

C'est à Montigny-en-Gohelle puis à Billy-Montigny (rue de la Gare, Coron de la Place), que la route de Paul croise celle d'Augustine DEROUILLON. sœur cadette de mon SOSA 13 et la mère de mon grand-père maternel, Kléber. Une femme marquée dès son plus jeune âge par la rude réalité de la précarité.

En 1910, Paul partage sa vie avec Augustine ancrant un peu plus son existence dans les tourments et la précarité des faubourgs du bassin minier.

Le 8 avril 1910, Augustine donne naissance à une fille prénommée Léonie Jeanne, déclarée par Paul à son domicile ; malheureusement, le nourrisson s'éteint quelques mois plus tard, en juillet 1910.

D’une précédente union d’un père inconnu, Augustine a mis au monde un petit garçon Victor Louis ; intriguée par l’absence de l’enfant au sein du nouveau foyer SORLIN-DEROUILLON, j’ai retrouvé la trace du petit Louis confié à la garde des grands-parents Derouillon.

Le 9 août 1911, Augustine accouche d'une autre fillette, Léonie. Bien que Paul n'apparaisse pas sur l'acte de naissance, la vie commune des deux parents au moment de la conception et de la venue au monde laisse très fortement penser qu'il en est le père ; le choix du prénom — hommage manifeste à la propre mère de Paul — laisse très peu de doute sur sa paternité. 

Mais Paul est toujours marié…. Alors pourquoi ne divorce t-il pas s’il a fait le choix d’une nouvelle vie ?

Le divorce est rétabli en France depuis la loi Naquet en 1884. mais la procédure judiciaire est longue, complexe et surtout très coûteuse. Il faut mandater un avoué, un avocat, payer des frais de justice d’autant plus inaccessibles pour une personne vivant dans la précarité, sortant régulièrement de prison ou enchaînant les petits boulots de mineurs.

Le mariage légal important peu au quotidien, vivre en concubinage - comme Paul l'a fait avec Augustine - était une pratique extrêmement courante, et engager une démarche de divorce n'avait tout simplement aucun sens pratique ou culturel pour eux.

Si Paul est parti dans le Nord (le bassin minier), Émilie est restée dans l'Aisne, où elle a d’ailleurs continué de se livrer à la prostitution ; elle décédera en 1921 en étant toujours désignée comme son épouse. L'absence de vie commune rendait l'urgence du divorce moins pressente, la séparation de fait « remplaçant » en pratique la procédure officielle.

C’était sans compter sur la guerre….

Au regard du Code civil de 1804, Paul étant marié légalement avec Émilie Hervet, tout enfant qu'il aurait eu avec une autre femme (ici Augustine) était considéré comme un enfant adultérin. À l'époque, la loi interdisait strictement la reconnaissance administrative des enfants adultérins afin de protéger la famille légitime. Un homme marié ne pouvait donc pas reconnaître un enfant né hors mariage si cela laissait apparaître son adultère sur les registres d'état civil.

La relation entre Paul et Augustine était loin d'être un fleuve tranquille

En février 1911, quelques mois seulement avant la naissance de Léonie (en août 1911), une violente dispute éclate rue de la Gare à Billy-Montigny où Paul roue Augustine de coups avant de quitter le logement. Cette instabilité et ces ruptures fréquentes au moment même des grossesses ou des naissances n'incitaient pas à accomplir des démarches administratives volontaires d'état civil auprès de la mairie….

En dépit de ces violences conjugales, le couple reste lié. Lors du recensement de 1911, Paul et Augustine résident toujours ensemble rue de Rouvroy à Billy-Montigny, où elle est officiellement enregistrée comme sa concubine.

Dans le bassin minier et les milieux populaires du début du XXᵉ siècle, la non-reconnaissance officielle n'empêchait pas la paternité « de fait ». Pour l'entourage et le coron, Paul assumait le rôle de père au quotidien lorsqu'il vivait sous le même toit (comme pour la première petite Léonie Jeanne en 1910 où il avait fait la déclaration de naissance à son domicile, ou pour le prénom Léonie donné en hommage à sa propre mère). L'acte écrit à la mairie avait finalement peu d'importance dans leur vie de tous les jours.

Pour l'observateur d'aujourd'hui, cette proximité temporelle entre les coups et la naissance interpelle, voire déconcerte. Elle révèle toute l'ambivalence qui caractérise les trajectoires d'un couple pris dans les mailles du quotidien. Les violences conjugales au début du XXᵉ siècle ne s'inscrivaient pas nécessairement dans une rupture nette et immédiate. Elles alternaient fréquemment avec des phases d'apaisement, de réconciliation ou de résignation.

D'un côté, il y a la précarité matérielle et l'isolement d'Augustine : dans ce milieu ouvrier du bassin minier, quitter un foyer, même violent, relevait souvent du défi insurmontable pour une femme dépourvue d'autonomie financière. De l'autre, il y a l'attachement, la dépendance affective et la certitude partagée qu'il faut « faire face ensemble » malgré les fêlures. Paul, pris entre son impulsivité et ses propres démons, n'était pas qu'un homme brutal ; il demeurait aussi le compagnon du quotidien, le père en devenir.

La naissance de cet enfant témoigne ainsi de cette réalité humaine complexe : les violences n'effacent pas d'un coup de baguette magique la vie intime, et le foyer reste le théâtre où se côtoient, dans une tension permanente, la brutalité des crises et la persistance du lien marital.

Le 19 octobre 1912, Paul est condamné par le tribunal correctionnel de Béthune à un mois de prison pour coups et blessures volontaires. Le 23 novembre de la même année, le même tribunal le condamne cette fois-ci à huit jours de prison. Rien ne nous laisse envisager que Paul ait encore commis des actes de violences à l’encore d’Augustine ; il pourrait tout aussi bien s’agir d’une bagarre de cabaret entre hommes, d’une dispute de voisinage, d’une rixe sur un lieu de travail ou bien encore de violences conjugales.

L'ancrage parisien et la tourmente de 1914

Quoiqu’il en soit, Augustine attend un nouvel heureux évènement : Alphonsine Rosalie nait le 29 avril 1913, à Paris. L’enfant voit le jour au cœur du 14e arrondissement, à la Villa Moderne, une petite impasse pittoresque débouchant au 15 de la rue des Plantes, au coeur du quartier populaire du Petit-Montrouge.

Au mois de septembre 1913, Paul résidait à Billy-Montigny tandis qu’Augustine avait trouvé refuge au 4 rue de la Verrerie à Paris. Paul rejoindra toute la famille au début de l’année 1914.

Cette période illustre à nouveau la marginalité violente dans laquelle évoluait Paul, tiraillé entre ses tentatives d'insertion dans les fosses minières et l'emprise de relations destructrices, peu de temps avant qu'un nouveau tournant ne le mène vers Paris et les tranchées de la Première Guerre mondiale.

Ce fragile répit parisien est balayé par l'histoire en l'été 1914. Par le décret du 1er août ordonnant la Mobilisation Générale, Paul est rappelé à l'activité. Arrivé au corps le 14 août 1914, il est jeté dans les combats de la Grande Retraite avec le 10ème RI.

Pourtant, le sentiment général est au devoir accompli et à une ferveur presque naïve ; les hommes sont partis la fleur au fusil, convaincus par la propagande et la conviction partagée d'une campagne rapide, propre et victorieuse, réglée en quelques semaines avant les moissons d’automne. Les wagons résonnent de la Marseillaise, les quais de gare croulent sous les embrassades et les bouquets offerts par la foule enthousiaste. Ils seront de retour pour Noël….

Mais cette certitude triomphale va violemment se briser dès les premiers affrontements de la bataille des Frontières. Face aux feux croisés de la mitraille adverse et à la puissance dévastatrice de l'artillerie lourde allemande, la réalité de la guerre moderne fond sur les troupes avec une brutalité inouïe. Les uniformes garance, trop voyants dans les plaines ouvertes, deviennent des cibles faciles. En quelques jours à peine, sous un déluge d'acier, la vague française est balayée et fauchée. L'illusion d'une guerre héroïque et rapide s'effondre dans le sang…..

Lors de la terrible bataille de Bellenglise, l'affrontement meurtrier décime les réservistes territoriaux face à la supériorité de l'artillerie allemande ; Paul est porté disparu le 28 août 1914. Sa campagne contre l'Allemagne s'arrête net après seulement deux semaines d'engagement. Un destin brisé au carrefour de ses errances.

Le mois d'août 1914 demeure le plus meurtrier de toute l'histoire de l'armée française, avec notamment la journée noire du 22 août 1914, où plus de 27 000 soldats français perdirent la vie en vingt-quatre heures (notamment en Belgique et dans les Ardennes).

Paul est tombé au milieu du chaos de la bataille — fauché par la mitraille ou pulvérisé par l'artillerie — sans que ses camarades ou les brancardiers n'aient pu relever sa dépouille ni l'inhumer sous une tombe nominative.

Pour les proches restés à l'arrière, comme Augustine, cette mention a ouvert une longue période d'angoisse et d'attente. Pendant des mois, voire des années, l'espoir subsistait qu'il ait été fait prisonnier en Allemagne sans avoir pu donner de nouvelles.

Ce n'est qu'après la fin de la guerre - ici jugement du 31 janvier 1921- que les tribunaux civils ont rendu des jugements déclaratifs de décès pour fixer officiellement la date de la mort à la date de la disparition, permettant ainsi de régler les successions et les pensions d'orphelins ou de veuves de guerre.

Veuves de guerre ? Emilie HERVET est décédée en octobre 1921 et ne semble n’avoir jamais eu d’enfant avec Paul. Quant à Augustine, bien qu’ayant vécu plusieurs années à Paul, elle ne peut légitimement percevoir une pension pour les enfants du couple, puisqu’aucun n’a été reconnu.

À Billy-Montigny, la violence de Paul était intime, bruyante, impulsive. C’était celle des éclats de colère dans le huis clos d’un garni de la rue de la Gare, des portes qu’on claque, des corps meurtris sur le plancher et des procès-verbaux dressés à la hâte par la gendarmerie locale. Une brutalité à hauteur d'homme, née de la misère, de l'exaspération et des fêlures d'une vie tumultueuse.

Deux ans plus tard, la guerre est venue substituer à cette violence individuelle une tout autre mécanique : une violence industrielle, aveugle et anonyme. Sous le pilonnage des obus et le crépitement mécanique des mitrailleuses, il n'y avait plus d'accès de fureur ni de querelles de couple ; seulement le feu, l'acier et le chaos d'un champ de bataille qui fauchait les hommes sans distinction. Une innommable boucherie….

Cette tempête industrielle a fini par l'absorber tout entier. De l'homme impulsif, de l'ancien soldat des BILA et du compagnon violent, la guerre n'a laissé aucune sépulture, aucun lieu de mémoire où se recueillir. Il ne reste de lui qu'une mention laconique inscrite à l'encre violette au bas d'un registre matricule — « Disparu au combat » — et, à l'arrière, une jeune femme seule, Augustine, contrainte de se relever pour élever leur enfant dans l'ombre d'un fantôme. Un seul enfant sur les trois….

Un geste de survie et d'arbitrage économique sous la contrainte

Certainement après des nuits d’angoisse et de culpabilité, Augustine a fait son choix : Victor a été confié à ses parents depuis longtemps, Alphonsine a été envoyée en nourrice…. Je la retrouve à Chissey en Morvan ! Curieusement, je connais bien cette commune puisqu’elle est le berceau de ma famille côté grand-mère paternelle. Et c’est avec stupeur que je l’ai vu inscrite « enfant de l’Assistance ». Sa mère Augustine n’a gardé auprès d’elle que l’enfant du bonheur, celui des jours heureux, Léonie.

La tentation est grande de juger Augustine avec nos yeux d’aujourd’hui. Replongez-vous dans le contexte…..

Son geste, loin d'être un acte d'abandon au sens moral ou d'un désamour maternel, s'inscrit au cœur des mécanismes complexes de survie sociale et psychologique des femmes populaires durant la Grande Guerre ; il faut croiser réalité historique, sociologie de la pauvreté et psychologie du traumatisme pour mieux expliquer.

Le coût de la vie s'envolait à Paris. Pour travailler, une mère ne pouvait pas garder de très jeunes enfants au domicile sans mode de garde payant. En répartissant les charges - Victor auprès des grands-parents, Alphonsine placée via le réseau nourricier du Morvan - Augustine assure la subsistance physique de sa progéniture. Le placement à l'Assistance publique ou en nourrice n'était pas nécessairement vécu comme une rupture définitive, mais souvent comme une mesure temporaire d'urgence pour sauver l'enfant de la misère urbaine et de la malnutrition.

Alors pourquoi garder Léonie et confier les autres ? Léonie incarne l'apaisement d'une période parisienne, la promesse d'une vie de famille reconstruite à la Villa Moderne juste avant que la guerre ne vienne tout balayer. Elle représente l'espoir et le souvenir de la présence de Paul avant l'enfer des combats, avant l’arrivée d’Alphonsine.

Et si Paul avait survécu à l’enfer

Je ne peux m’empêcher de penser que Paul envisageait peut-être le divorce.

De nombreux Poilus, confrontés à la faim, au froid et à la mort imminente dans les tranchées, ont éprouvé un besoin viscéral de « remettre leur vie en ordre » en cas de retour. Le mariage, souvent négligé avant-guerre par manque de moyens ou par insouciance, devenait l'acte symbolique pour sceller le foyer, protéger la compagne et donner un nom légal aux enfants.

L'histoire d'Augustine et de Paul portait en elle cette promesse suspendue. Paul n'était pas libre : un premier mariage le liait toujours à Émilie. À Paris, leur bonheur quotidien s'écrivait dans l'ombre de cet engagement passé qu'il fallait défaire. Il devait divorcer, rompre juridiquement les amarres avec Émilie pour pouvoir enfin offrir à Augustine le titre d'épouse et à ses enfants la légitimité d'un nom sans tache.

La guerre a pris de vitesse leurs projets de reconstruction. En engloutissant Paul dans la tourmente de 1914, les obus n'ont pas seulement tranché une vie d'homme : ils ont verrouillé le passé. Émilie est restée la veuve officielle devant la loi, tandis qu'Augustine, privée de ce mariage de réparation qui aurait tout changé, s'est retrouvée seule dans la précarité des compagnes de l'ombre, avec pour toute richesse la mémoire des jours heureux et la charge d'élever les enfants.

De l’ombre à l’émancipation

En se faisant l'écho de la vie d'Augustine, on mesure avec une acuité particulière l'immense chemin parcouru par les femmes en un siècle.

Au début du XXᵉ siècle, une femme confrontée à la brutalité du quotidien se trouvait enserrée dans un cadre juridique et social impitoyable. Soumise à l'autorité maritale par le Code civil, privée du droit de vote, dépourvue de statut légal en tant que concubine et financièrement vulnérable, elle devait affronter seule les fêlures du foyer. À cette époque où le silence régnait souvent sur les affaires domestiques, les coups subis demeuraient confinés au huis clos des garnis, traités au mieux comme de simples faits divers, des femmes qui « avaient bien cherché ». Augustine devait se battre au quotidien pour survivre, faire reconnaître ses enfants et assurer leur subsistance, contrainte à des arbitrages déchirants par une société qui n'offrait aucun soutien aux mères isolées.

Aujourd'hui, le statut de la femme s'est métamorphosé. La liberté de choisir sa trajectoire, d'accéder à l'autonomie financière, l'égalité des droits au sein du couple et la protection de toutes les formes de familles ont reconfiguré le paysage social. Surtout, la levée du tabou et la reconnaissance juridique et sociétale des violences intrafamiliales constituent une avancée fondamentale : ce qui était autrefois tu ou minimisé est désormais nommé, poursuivi et pris en charge par la loi, affirmant le droit inviolable de chaque femme à la sécurité et à la dignité au sein de son propre foyer.

Mesurer l'existence d'Augustine à l'aune de nos droits contemporains, ce n'est pas seulement porter un regard ému sur le passé : c'est reconnaître la dette de mémoire que nous avons envers ces femmes de l'ombre. Par leur résilience silencieuse face aux crises, aux guerres et à l'injustice des lois de leur temps, elles ont forgé, pas à pas, le terrain sur lequel s'est bâtie l'émancipation des générations futures.

*

En plongeant dans les archives de Paul SORLIN, j'ai voulu comprendre l'homme derrière le dossier judiciaire, et offrir à sa mémoire la seule chose que l'Histoire et la justice de son temps ne lui avaient pas accordée : un regard objectif, éclairé et profondément humain.

Mais je dois reconnaître que le parcours d’Augustine DEROUILLON m’a tout particulièrement émue... Elle incarne ces figures féminines « ordinaires » trop souvent restées dans l’ombre de nos arbres généalogiques.

On se plaît souvent à rêver que nos aïeux s'aimaient d'amour et d'eau fraîche, sans envisager les contraintes bien plus prosaïques de la vie. 


Pour en savoir plus :

Saint-Quentin 14-18, une guerre en mémoire - Saint-Quentin - Site internet

Saint-Quentin — Wikipédia

(14)L'histoire de Saint-Quentin - YouTube

Saint-Quentin de 1914 à 1918

La rue de la Raffinerie au Faubourg d’Isle

https://www.billy-montigny.fr/

Historique des Régiments d'Infanterie durant 14/18 du N°1 à 50

Dictionnaire topographique, historique et étymologique des rues de Paris

Réviser l'histoire de la Première Guerre mondiale en podcasts | FranceCulture

Cimetière communal – Bellenglise