mardi 31 mars 2026

Actu MARS 2026

 

I. ACTUALITES


GENEANET

Les mises en ligne de la semaine du 4 mars – Geneanet

Comment retrouver un acte de décès quand les archives ont disparu ? – Geneanet

L’état civil de l’Ariège est en ligne – Geneanet

Geneanet commémore la plus grande catastrophe minière de France – Geneanet

Votre arbre contient-il des erreurs ? Découvrez notre détecteurd’anomalies ! - Geneanet

L’état civil de l’Ariège est en ligne – Geneanet

72 femmes de science sur la Tour Eiffel : leurs origines et racines familiales – Geneanet

Les mises en ligne de la semaine du 19 mars – Geneanet

L’état civil de l’Indre-et-Loire est en ligne – Geneanet

Découvrez les stars ayant des origines dans votre commune ! – Geneanet

Les noms de famille qui font l’actualité – Geneanet

Les listes électorales – Geneanet

Recensements du Bas-Rhin – Geneanet

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FAMILY SEARCH

Un guide de recherche de documents pour débutant

Nouveautés sur le site de FamilySearch en 2026

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LA REVUE FRANCAISE DE GENEALOGIE

Dans les Ardennes, les pupilles de la Nation sont indexés | La Revue française de Généalogie

L'accès anticipé aux archives par dérogation en forte hausse | La Revue française de Généalogie

Dans les Côtes-d’Armor, états de sections du cadastre et nouveaux inventaires sont en ligne | La Revue française de Généalogie

Corrèze : les archives brisent 280 ans de silence mystique ! | La Revue française de Généalogie

Les soldats parisiens des classes 1859 à 1886 sont en ligne | La Revue française de Généalogie

Que retenir de Rootstech 2026 ? | La Revue française de Généalogie

Culture, histoire et patrimoine : plongez dans les archives d’Eure-et-Loir | La Revue française de Généalogie

Seine-Saint-Denis : les recensements entièrement numérisés | La Revue française de Généalogie

Indexation des archives du « Rayon Juif » | La Revue française de Généalogie

Haute-Marne : le nouveau portail des Archives s'enrichit | La Revue française de Généalogie

Marne : le recensement de 1946 rejoint les ressources en ligne | La Revue française de Généalogie

Tirith transforme vos documents de famille en mémoire vivante | La Revue française de Généalogie

Creuse : des milliers de minutes notariales indexées par des bénévoles | La Revue française de Généalogie

Nouvelles tables de successions et absences du Pas-de-Calais en ligne | La Revue française de Généalogie

Outre-mer : Noria enrichit ses sujets de conversation avec les chercheurs | La Revue française de Généalogie

La France à la loupe est de retour | La Revue française de Généalogie

Socface : 291 millions d'ancêtres à portée de clic | La Revue française de Généalogie

Nouvelle visionneuse et nouvelles vues en Vendée | La Revue française de Généalogie

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FILAE

Comment ne plus se perdre dans sa généalogie ? Nos astuces de saisie et de navigation | Filae

Presse ancienne ! 40 Millions de nouveaux individus | Filae

Presse ancienne : + 61 millions d’individus | Filae

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GENEAFINDER

Origine et signification des noms de famille : le guide complet

Noms de famille insolites : découvrez leurs origines

Généalogie : comment identifier les variantes de noms de famille ?

Mentions marginales en généalogie : utilité, exemples, astuces et pièges

Généalogie internationale : retrouver un ancêtre à l’étranger

Recherches généalogiques sous l’Ancien Régime : registres, notaires et archives militaires

Paléographie : 6 ressources utiles pour déchiffrer et lire les archives anciennes

Ancêtres au coeur de l'Histoire - comment faire des chronologies ?

Ancêtres et faits divers : comment les rechercher dans la presse ancienne ?

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LE BLOG DE GALLICA

Le pommier | Blog | Gallica

L'astrologie de l'Orient à l'Occident (1/2) | Blog | Gallica

Qu'est-ce que l'hubris? | Blog | Gallica

L'accordée du village de Jean-Baptiste Greuze | Blog | Gallica

Les premiers pas du "Canard enchaîné" | Blog | Gallica

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ARCHIVES & CULTURE

Quand l’homme est défini par son métier…

Vos arrière-grands-parents étaient-ils de bons élèves ?

La première visite aux archives départementales 1/3

Un portrait mystérieux et une énigme résolue – Film 415

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LA FRANCE PITTORESQUE

Noël pendant le siège de Paris en 1870-1871. Jour de l'An. Disette durant les fêtes

Bouland, chasseur de lapins au cimetière du Père-Lachaise dans les années 1870

Eugène-François Vidocq. Portrait, biographie, vie du bagnard entré dans la police de sûreté

1901 : Paris organise un concours pour éliminer les rats

D'Artagnan : 350 ans après sa mort, le mystère du corps introuvable

Exposition La naissance des grands magasins. Mode, design, jouets, publicité, 1852-1925

Traité de morale pour gens du monde : art de vivre en beauté au XVIIIe siècle

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LA GAZETTE DU VENDREDI

Une Chronique bretonne à la fin du XIXe siècle - www.histoire-genealogie.com

Deux veuvages, huit enfants, quatre deuils : Une famille beauceronne au XVIIIᵉ siècle

Les premiers jours de la guerre de Vendée en Maine-et-Loire (2-22 mars 1793). Analyse d'une insurrection – Persée

Un curieux faux en écriture : fraude à l’état civil en l’an IV (Archives du Cantal)

Louis Auguste Sadi, Chirol : un parcours gâché par la Grande guerre… - www.histoire-genealogie.com

La forêt de Briqueloup : Des protestants à Annonay au 16e et au 17esiècle

L'hospice de Montreuil-sous-Laon, 150 ans d'assistance et de soins (Archives de l’Aisne)

Les âmes cassées - Musée de la Grande Guerre

Un brave cavalier dans la guerre de sept ans, Marguerite dite Jean Goubler

Marcelline,fragments d’une vie sans récit

Un imprimeur Auvergnat : Antoine Galland (1763-1851) - Première partie. - www.histoire-genealogie.com

Pauvres petites poules ( 1ère partie)

Une émeute paysanne au début du gouvernement personnel de Louis XIV : la sédition de Benauge (décembre 1661-janvier 1662) – Persée

Mise en ligne d’un album de dessins d’Émile Voillard sur le bagne deGuyane – Criminocorpus Lab

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II. EXPOSITIONS VIRTUELLES

Colette, une vie d’audace racontée par les archives | Archives nationales

De la gazette à Internet | BnF Essentiels

Cartes d’écrivains | BnF Essentiels

BnF | Sciences pour tous

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III. DES SITES, DES BLOGS et aussi des histoires…. (c’est désormais ici)

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IV. DES PODCASTS, A ÉCOUTER

DES VIDEOS A REGARDER, SANS MODERATION….…


Femmes en sabots, les oubliées de l’histoire : épisode 1 du podcast Mondes ruraux, une histoire de femmes | France Culture

Nourrices, quand les filles des champs veillent sur les enfants des autres : épisode 2 du podcast Mondes ruraux, une histoire de femmes | France Culture

Travailleuses immigrées, une autre histoire de la main-d’œuvre agricole : épisode 3 du podcast Mondes ruraux, une histoire de femmes | France Culture

Un homme hors du commun : épisode 1/2 du podcast Paul Kern, l’homme sans sommeil | France Culture

Abolir le sommeil ? : épisode 2/2 du podcast Paul Kern, l’homme sans sommeil | France Culture

Henri Barbusse fut le premier à fixer, dans la littérature française, au cœur du conflit, un livre qu’il intitula Le Feu et où les soldats du front reconnurent, contre tous les écrits d’un patriotisme cocardier, ce qu’ils éprouvaient intensément au quotidien de leur calvaire patriotique.

Henri Barbusse (1873-1935) : les tranchées et d’autres combats | France Culture

Que nous apprend l’ADN sur l’histoire de nos structures familiales ? Raphaëlle Chaix étudie la façon dont les modes d'organisation sociale ont laissé des traces dans la diversité génétique humaine : chromosome Y pour les lignées paternelles, ADN mitochondrial pour les lignées maternelles.

Raphaëlle Chaix : des ères de famille | France Culture

"Tutti antifascisti", naissance de l'antifascisme : épisode 1 du podcast Antifascisme, une histoire | France Culture

"No pasarán", guerre d'Espagne et solidarité antifasciste internationale : épisode 2 du podcast Antifascisme, une histoire | France Culture

L'Allemagne de l'Est, l'antifascisme et la guerre froide : épisode 3 du podcast Antifascisme, une histoire | France Culture


Dans le lit du roi (1769-1771) : épisode 2/4 du podcast Jeanne du Barry,faste et solitude | France Inter

Le mépris de l'autrichienne (1771-1774) : épisode 3/4 du podcastJeanne du Barry, faste et solitude | France Inter

La vengeance des hommes (1774-1793) : épisode 4/4 du podcast Jeanne du Barry, faste et solitude | France Inter

Brigands de grand chemin, ça dépouille dans le monde romain ! : épisode 1 du podcast Brigands, des histoires hors-la-loi | France Culture

Robin des Bois, sur les traces d’un brigand au grand cœur : épisode 2 du podcast Brigands, des histoires hors-la-loi | France Culture

"La bourse ou la vie", bandes et contrebande organisée : épisode 3 du podcast Brigands, des histoires hors-la-loi | France Culture

Grand brigandage, les revers de l'unification italienne : épisode 4 du podcast Brigands, des histoires hors-la-loi | France Culture

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ET CE MOIS-CI je vous propose Accueil — GeneBase

Voici un nouveau site intéressant – encore gratuit mais pour combien de temps ?! - une plateforme dédiée à la généalogie française, découverte sur les réseaux sociaux.

« Genebase » permet d’explorer son histoire familiale grâce à des millions de données et des outils pédagogiques :

Des bases de données

  • Décès INSEE : plus de 25 millions d’enregistrements depuis 1970

  • Morts pour la France : soldats et civils morts lors des conflits armés

  • Liens généalogiques : ressources pour retrouver actes, archives, filiations

Des outils généalogiques
  • Convertisseur de dates : calendrier républicain, latin

  • GEDCOM Studio : manipulation et visualisation de fichiers GEDCOM

  • Générateur d’histoires IA : pour créer des récits autour d’ancêtres

Des ressources historiques et pédagogiques
  • 2 370 fiches de métiers anciens (du Moyen Âge au XIXᵉ siècle)

  • Prénoms & significations : étymologie, évolution de popularité

  • Guides gratuits : débuter en généalogie, guerres mondiales, retrouver des photos d’ancêtres, méthodes de recherche

Un site de plus me direz-vous, mais qui peut – sait-on jamais ! – vous aider à trouver justement l’ancêtre qui vous manquait !…. Alors essayez….

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Bonne lecture et belles trouvailles
Et pour ne rien perdre de toute cette actualité, cliquez sur l’image ci-dessous

mardi 17 mars 2026

La part de l'autre de Eric-Emmanuel SCHMITT

Que serait devenu Hitler si l’École des beaux‑arts de Vienne l’avait accepté ? Question intéressante…. L’auteur Éric‑Emmanuel SCHMITT confronte deux destins possibles : celui que nous connaissons et celui d’un Adolf devenu artiste ; il interroge la responsabilité individuelle, le rôle du hasard et la part d’humanité que chacun porte en soi.

Voici donc une histoire alternative construite à partir d’un événement qui aurait pu se dérouler autrement. C’est ce que l’on nomme « une uchronie », un « genre qui repose sur le principe de la réécriture de l’Histoire à partir de la modification du passé ». (Wikipedia) Cette exploration des conséquences devient un outil pour penser la fragilité des trajectoires humaines.

Ce roman juxtapose deux biographies parallèles, avec une structure en miroir, à partir d'un point de bascule précis, le 8 octobre 1908 :

    • Hitler, tel qu’il a existé, tel que nous le connaissons ; le jury des Beaux-Arts de Vienne prononce la phrase : « Adolf Hitler : recalé » ; c'est le début de la dérive du futur dictateur,

    • Adolf H., l’artiste qu’il aurait pu être : le jury prononce « Adolf Hitler : admis ». et on suit alors l'ascension d’un jeune artiste sensible, bohème et finalement épanoui.

Dans toute lecture, il existe plusieurs grilles de lecture qui invitent à de multiples réflexions :

1. La grille historique ou comprendre autrement le XXᵉ siècle

Le roman revisite un moment clé de l’Histoire ; il démontre comment un individu blessé - le refus d’Hitler à l’École des beaux‑arts - humilié, isolé peut devenir un dictateur ; il éclaire les mécanismes du totalitarisme, mais par un détour narratif.

Cette lecture est utile pour réfléchir aux frustrations collectives, à la fabrication des monstres politiques et bien sûr à la montée du nazisme.

Oublions un peu ce que nous avons appris à l’école : Hitler n’était pas un génie du mal, ni un démon, mais un individu banal, narcissique, frustré, persuadé d’être exceptionnel.

2. La grille psychologique ou comment se construit une personnalité

L’auteur explore les blessures narcissiques, la quête de reconnaissance, la difficulté à aimer et à être aimé, et la manière dont un individu peut se fermer ou s’ouvrir à l’autre. On peut y lire une étude de cas : deux Hitler, deux psychologies et donc deux devenirs.

L’estafette Hitler n’a que faire des femmes : « je n’ai pas de temps à perdre avec ce genre de chose et ce n’est pas demain que je m’y mettrai. » Il se sent revivre durant la guerre 14-18 : « il retrouvait l’ivresse de son enfance, ce sentiment que rien ne résisterait jamais à son énergie (…) Il n’appartenait pas au hasard. Le ciel l’avait distingué. Son étoile lui montrait un chemin. Il n’était pas comme les autres : il avait un destin. »

Car le mal n’est pas inné : il se construit par frustrations, par renoncements, par refus de l’altérité. Hitler est dans l’incapacité de se remettre en question ; il glisse inexorablement de l’isolement à la haine, de la haine à la pensée totalitaire puis à l’action politique violente ; il ne peut aimer sans dominer.

Pour Adolf H. c’est bien différent : « … je ne veux pas changer le monde. Je veux seulement réussir ma vie ». Il est curieux, empathique, fragile ; il sait évoluer, en écoutant les autres, en se laissant « toucher » ; il découvre les autres, l’amour, la sexualité, la culture.

Contrairement au Hitler réel, il peut changer.

3. La grille philosophique : le mal, la liberté, le hasard

Le roman interroge la responsabilité individuelle ; il questionne la part de hasard dans nos vies et montre que le mal n’est pas une essence, mais un processus ; c’est une réflexion sur la condition humaine.

Un parcours de vie est une succession de choix, bons ou mauvais ; Hitler a fait des choix destructeurs, nourris par son narcissisme, ses frustrations et son sentiment d’élection, mais ces choix ont été rendus possibles par un contexte social, politique et culturel qui les a laissés prospérer.

Il nous oblige à regarder Hitler non comme un monstre abstrait, mais comme un être humain — ce qui rend la question du mal encore plus dérangeante. Et parce qu’il rappelle que chaque vie contient plusieurs vies possibles, et que la frontière entre elles peut tenir à presque rien.

L’autre vie possible n’aurait pas fait de Hitler un saint, mais un homme ordinaire, avec ses failles et ses élans.

4. La grille éthique ou humaniser sans excuser

L’auteur a pris un risque en « humanisant » Hitler, non pas pour l’excuser mais pour mieux comprendre. A la fin du récit, il explique d’ailleurs très clairement sa démarche : les limites de l’empathie et la nécessité de comprendre pour prévenir. Parce que comprendre n’est pas justifier.

Hitler « avait découvert que la guerre est l’essence même de l’existence ». Il en arrive même à traquer les « couards profiteurs » qui s’auto-mutilaient pour échapper à la boucherie. Contrairement à son « double », Adolf H. ne se pense pas l’Elu : «  je ne pense pas que je suis assez important pour que Dieu se déplace (….) votre Dieu, sœur Lucie, j’ai du mal à y croire pendant cette guerre. Je ne l’imaginai pas aussi amateur de carnage

5. La grille morale et citoyenne ou qu’est‑ce qui fait basculer une société ?

Le roman invite à réfléchir sur la responsabilité des institutions, la place de l’art et de la culture, et la manière dont une société peut fabriquer ou empêcher la violence ; bref, comment éviter que l’histoire ne se répète.

6. La grille existentielle : la part de lumière et la part d’ombre

Le titre est profondément évocateur : chacun porte en soi une part de lumière - ce Jiminy Cricket intérieur (un peu de légèreté oblige pour décompenser) - mais aussi une zone d’ombre. Le roman explore justement cette tension : comment la frustration, l’orgueil blessé ou la solitude peuvent faire basculer une existence, et comment, à l’inverse, l’art, l’amitié ou l’amour auraient pu offrir à ce même individu une trajectoire radicalement différente.

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Le roman explore ainsi la frontière fragile entre ce que nous devenons et ce que nous aurions pu devenir. D’un côté un destin réel avec un Hitler recalé aux Beaux‑Arts, sa rancœur, sa frustration et sa haine jusqu’à la dérive totalitaire qui mènera au nazisme et à la catastrophe historique. De l’autre, un destin alternatif avec Adolf H., l’artiste accepté, ouvert aux autres, capable d’aimer et d’être aimé, engagé dans une quête esthétique plutôt que politique.

Ce livre bouscule : on lit l’histoire autrement ; et si….. Il démontre que l’avenir n’est jamais écrit d’avance, que tout n’est qu’une question de rencontres, de regards, et de choix.

Eric-Emmanuel SCHMITT ne cherche pas à excuser Hitler ; il nous invite à réfléchir sans juger, à comprendre comment un être humain peut devenir une monstruosité historique, enfin comment l’histoire aurait pu basculer autrement pour un simple « oui ».

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Contrairement à l’image simplifiée qu’on nous a longtemps transmise à l’école, les chercheurs contemporains insistent sur un fait troublant : Hitler était un individu banal, ce qui, précisément, rend son parcours si inquiétant.

Il présentait un ego démesuré, nourri par l’idée d’avoir une mission quasi mystique ; il nourrissait un sentiment d’élection, intimement persuadé d’être destiné à « sauver l’Allemagne ». Ses échecs étaient vécus comme une humiliation personnelle, attribués à des ennemis extérieurs.. Il cultivait une solitude profonde, entretenue par son incapacité à nouer des relations authentiques.

Parce qu’aujourd’hui, nous avons pris conscience que les dictateurs ne naissent pas « hors de l’humanité », que le mal peut se construire à partir de blessures ordinaires, que nos sociétés peuvent fabriquer voire amplifier ces dérives, la vigilance citoyenne est essentielle. C’est exactement ce que « La Part de l’autre » met en scène : un homme banal, pétri de haine, persuadé d’être extraordinaire, qui bascule dans la barbarie faute d’avoir trouvé une place dans le monde.

Rappelons qu’après 1945, beaucoup de sociétés européennes avaient besoin de reconstruire une image d’elles-mêmes. Dire qu’Hitler était un « monstre unique » ou bien « un fou » permettait de minimiser la participation ou la passivité de millions de gens, d’éviter de questionner les institutions, et bien sûr, d’éviter de regarder les complicités, les lâchetés, les aveuglements.

Dans les programmes scolaires, pendant longtemps, on a privilégié des récits clairs, des figures extrêmes, des oppositions simplistes (bien/mal, démocratie/dictature).

Présenter Hitler comme un être banal, blessé, narcissique, frustré… c’est plus complexe, plus dérangeant, plus difficile à enseigner à des adolescents.

Je viens de terminer ce livre, et le personnage d’Hitler ne me quitte pas : reconnaître que le mal peut se construire à partir de matériaux humains très communs est très dérangeant. Mais à y réfléchir, Hitler n’a pas seulement fait les mauvais choix, je dirai qu’il n’a pas su accueillir ce qui aurait pu le détourner du pire…..

mercredi 4 mars 2026

LE CONTEXTE, le cadre analytique (2/2)

La transcription d'un document d'archive, tel que cet acte de mariage entre Michaël KLEIN et Francisca SCHUMACHER, constitue la première étape indispensable d'un travail généalogique rigoureux ; même si la généalogie est un « loisirs », elle n’en demeure pas moins précise. Avant toute tentative de traduction ou d'interprétation, il convient de poser un cadre analytique.
Travailler sur un document de la fin du XVIIIe siècle en Alsace exige de ne jamais négliger le contexte, qui agit comme la « clé de lecture » de l'acte.

C’est fou ce qu’un petit acte peut nous apprendre de notre famille !

Le contexte géographique et linguistique

L'acte se situe à Oberhaslach (Haslach supérieur) et mentionne Niederhaslach (Haslach inférieur) ; il aurait été tout aussi différent si son origine était, par exemple, une région bretonne.

En 1771, l'Alsace est une province de « nouvel acquêt » du Royaume de France. Si l'administration royale tente d'imposer le français, l'Église catholique maintient le latin comme langue liturgique et administrative universelle. Il faut donc jongler entre trois strates : le latin du curé-rédacteur, l'allemand des noms de famille (Schumacher, Klein) et la structure juridique française de l'époque.

Le contexte institutionnel : le registre paroissial

A la date de cet acte de mariage, l'état civil laïc n'existe pas encore. Le curé, Franciscus Erasmus Vogelweid, fait office d'officier public. Son écriture cursive, bien que régulière, utilise des abréviations latines standardisées qu'il faut savoir identifier pour ne pas dénaturer le sens des parentés (ex: filius pour fils, defuncti pour défunt). Un glossaire s’avère indispensable.

Le contexte socio-économique : la lecture des métiers

L'acte ne se contente pas d'unir deux individus ; il décrit une microsociété rurale et nous en apprend un peu plus sur le milieu social dans lequel baigne nos futurs mariés. L'analyse préparatoire permet de repérer des mentions essentielles :

  • L'agriculteur (agricola) et le meunier (molitor) côtoient le cordonnier (sutor).

  • Ces précisions, souvent négligées lors d'une lecture rapide, sont pourtant les marqueurs de la hiérarchie sociale au sein du village.

La méthodologie de transcription

La transcription présentée dans l’article précédent respecte la graphie originale. L'objectif est de restituer le texte tel qu'il a été écrit, sans corriger le latin du curé ni moderniser l'orthographe des patronymes, autant que faire se peut. Cette fidélité est la seule garantie permettant, dans un second temps, une traduction fidèle qui ne trahira pas les subtilités juridiques (comme les dispenses de bans) ou les liens de parenté mentionnés.

Justement, parlons de cette dispense des bans….

Rappelons que sous l’Ancien Régime, le mariage catholique exigeait trois publications de bans faites à la messe paroissiale, trois dimanches consécutifs. Ces publications avaient pour but :

  • d’informer la communauté

  • de permettre à quiconque de signaler un empêchement (parenté, engagement préalable, respect des délais de veuvage, etc.)

  • d’assurer la transparence du mariage.

Toutefois, il était possible d’obtenir une dispense, accordée soit par l’évêque, soit par l’officialité diocésaine, parfois par le curé avec autorisation. Ici, il semble que ce soir le prêtre de la paroisse qui ait accepté.

Mais pour quels motifs le curé aurait accordé cette dispense des deux autres bans ? Regardons d’un peu plus près :

  • Une urgence liée à une grossesse déjà avancée pourrait être une explication envisageable : le couple s’est marié le 15 janvier 1771 et Françoise SCHUMACHER a mis au monde son premier enfant Florent, le 4 novembre de la même année, soit neuf mois plus tard ; à moins d’avoir perdu une précédente grossesse… L’Église préférait toutefois régulariser rapidement une union pour éviter la naissance d’un enfant « illégitime » ; une seule publication suffisait alors pour ne pas retarder le mariage mais cette option me semble un peu tirée par les cheveux….

  • Un déplacement ou une absence prolongée du futur époux : pourquoi pas ? Michel pourrait être un soldat en permission limitée, un ouvrier ou un compagnon de passage, mais je sais qu’il est cultivateur – comme son père d’ailleurs – donc cette hypothèse ne tient pas, à moins d’avoir tiré le mauvais numéro….

  • Le mariage entre personnes originaires de paroisses différentes : lorsque les fiancés venaient de lieux éloignés, voire très éloignés, publier trois fois les bans dans plusieurs paroisses pouvait être long et compliqué ; la dispense venait alors simplifier la procédure ; la famille SCHUMACHER est originaire de Niederhaslach tandis que la famille KLEIN est d’Oberhaslach ; les deux communes sont dans la continuité d’un même chemin, le long de la rivière Hasel : donc cette option n’est pas valable,

  • La maladie grave ou une situation familiale urgente est une solution envisageable : en effet, si l’un des futurs époux, ou un parent, était malade, on pouvait demander à accélérer la célébration ; il me faudra alors rechercher les dates de décès des parents des mariés, voire des frères et des sœurs….

  • Dernière possibilité et pas des moindres, l’économie de temps et d’argent : l’obtention de certificats pouvaient coûter cher et la dispense permettait d’éviter ces frais. Peut-être…..

L'indice d'alphabétisation : les signatures

Un aspect contextuel majeur de cet acte réside dans la confrontation entre la culture écrite du clergé et la culture orale de la paysannerie d'Ancien Régime. À la fin du document, les signatures – ou leurs absences - révèlent une réalité sociologique frappante.

En lieu et place d'une signature cursive, ceux qui ne savent pas écrire apposent leur « Signum » c’est-à-dire une croix. Ce geste n'est pas une simple formalité ; il témoigne du seuil d'instruction de l'époque, où l'écriture reste l'apanage des notables - le curé - et de certains corps de métiers spécifiques.

À l'inverse, les signatures du meunier Florentius Weisbeck et de l'agriculteur Antonius Geyer montrent que certains membres de la communauté villageoise maîtrisaient l'écrit. Le meunier, souvent au centre des échanges économiques d’un village souligne son statut social plus élevé.

Cette distinction entre ceux qui signent et ceux qui « marquent » permet de situer les familles KLEIN et SCHUMACHER dans leur environnement social : une famille de laboureurs et d'artisans intégrée, mais encore éloignée de la culture scripturale académique.

La conclusion

À première vue, cet acte de mariage paraît court, presque anodin, et sa lecture malaisée pourrait décourager. Pourtant, dès que l’on prend le temps de le déchiffrer, il se révèle d’une étonnante densité. Entre les lignes se glissent des informations précieuses : origines géographiques, statuts sociaux, réseaux familiaux, mobilités, usages paroissiaux, et même parfois des fragments d’histoires personnelles.

Ce document, que l’on pourrait croire modeste, devient alors une véritable porte d’entrée vers la vie quotidienne d’une époque. Le négliger serait passer à côté d’un matériau irremplaçable pour comprendre non seulement un couple, mais tout un univers. 

Maintenant, il ne me reste plus qu’à écrire l’histoire de cette famille…..

LE CONTEXTE, la clef de lecture d’un acte (1/2)

Transcrire un acte de mariage alsacien, c’est entrer dans un document qui ne se laisse jamais lire au premier regard. L’Alsace a connu des changements d’administration, de langue et de droit plus fréquents que d’autres régions. Rien n’y est anodin. Chaque mot, chaque tournure, chaque absence même, porte la trace d’un contexte politique, culturel et familial qu’il faut garder en tête pour éviter les contresens.

L’acte que vous allez découvrir n’est donc pas seulement un récit administratif d’union. C’est un texte situé, façonné par son époque, par la langue du scribe, par les usages locaux et par les contraintes du moment. Comprendre qui écrit, sous quelle autorité, dans quel cadre juridique, et pour quel public, est essentiel pour interpréter correctement les informations qu’il contient.

Cette transcription vous permettra de lire l’acte avec précision, mais c’est le contexte – celui du village, de la période, des pratiques linguistiques et des trajectoires familiales – qui lui donnera tout son sens. Lire un acte alsacien, c’est toujours lire une histoire à plusieurs couches, où la forme éclaire le fond autant que les mots eux‑mêmes.

Et il me faut bien avouer que, ce n’est pas avec quelques heures de cours de paléographie aux AD 91, que je suis en mesure de transcrire cet acte dans son intégralité. J’ai donc dû faire appel à l’IA, et ensuite revérifier chaque information : quelques petites heures de travail…. Mais quand on aime, on ne compte !


La transcription

Dans la demande de transcription, il est important de préciser qu’il s’agit d’un acte de mariage du 15 janvier 1771 entre Michel KLEIN et Françoise SCHUMACHER, dans la commune d’Oberhaslach (AD 67).

Voici la transcription :

Hodie decima quinta mensis Januarii anni millesimi septingentesimi septuagesimi primi,

Aujourd’hui le quinzième jour du mois de janvier de l'année mille sept cent soixante et onze

una proclamatione cum dispensatione de duabus in Ecclesia nostra parochiali publicè factâ ac nullo detecto impedimento

après une proclamation faite publiquement avec dispense de deux dans notre église paroissiale et sans qu'aucun empêchement ait été découvert

præviè recepto mutuo consensu à me infrà scripto Francisco Erasmo Vogelweid parocho in utroque Haslach et Urmatt

préalablement convenu par accord mutuel avec moi soussigné Francisco Erasmo Vogelweid, curé tant à Haslach qu'à Urmatt

sacro matrimonii vinculo in facie Ecclesiæ conjuncti fuerunt Michaël Klein, filius Michaëlis Klein agricolæ et defunctæ annæ Mariæ Schnell olim conjugum,

par le sacrement du mariage, ont été unis devant l'Église : Michaël Klein, fils de Michaël Klein, cultivateur, et de feu Anna Maria Schnell, autrefois conjoints,

in Haslach superiori commorans, et Francisca Schumacher, filia Josephi Schumacher defuncti sutoris et Catharinæ Bürgerin olim conjugum in Haslach inferiori commorans adfuerunt Testes pater sponsi,

résidant à Haslach supérieur, et Francisca Schumacher, fille de Joseph Schumacher défunt cordonnier et de Catharina Bürgerin autrefois conjoints résidant à Haslach inférieur, étaient présents comme témoins le père du marié

Florentius Weisbeck molitor, Antonius Geyer agricola in Haslach superiori commorantes, et Josephus Brimbock in Haslach inferiori commorans,

Florentius Weisbeck meunier, Antonius Geyer agriculteur résidant à Haslach supérieur, et Josephus Brimbock résidant à Haslach inférieur,

qui unà mecum subscripserunt exceptis sponso, sponsâ et patre sponsi, qui declararunt se nescire scribere Signa sua apposuerunt.

qui ont signé avec moi, à l'exception du fiancé, de la fiancée et du père du fiancé, qui ont déclaré qu'ils ne savent pas écrire, ont apposé leurs signes.

Dans cet acte j’apprends donc l’union le 15 janvier 1771 de

  • Michaël KLEIN, fils de Michaël KLEIN (agriculteur) et de la défunte Anna Maria SCHNELL. Résidants à Oberhaslach (Haslach superiori)

  • Francisca SCHUMACHER, fille de feu Joseph SCHUMACHER (cordonnier / sutor) et de Catharina BURGERIN. Résidants à Niederhaslach (Haslach inferiori)

  • François Erasme VOGELWEID est le curé des deux communes Haslach et d'Urmatt

  • Une seule proclamation de ban a été faite, avec une dispense pour les deux autres

  • Florentius Weisbeck (meunier), Antonius Geyer (agriculteur) et Joseph Brimbock ont signé en tant que témoins
  • Le père de l'époux, le couple de mariés ont déclaré ne pas savoir écrire et ont apposé leur marque (les petites croix au bas du document), tandis que les autres témoins ont signé avec le curé.

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La question que je me pose alors est : « mais pourquoi cet acte est en latin alors que François 1er a imposé le français » ; en effet, l'Ordonnance de Villers-Cotterêts, signée en 1539, imposait l'usage du « français » dans les actes administratifs et de justice pour qu'ils soient compréhensibles par tous. Toutefois, le document que j’ai sous les yeux (daté de 1771) y échappe pour deux raisons majeures :

  • La nature de l'acte

L'ordonnance de 1539 visait avant tout les tribunaux et l'administration royale ; or, avant la Révolution française, l'état civil n'existait pas tel que nous le connaissons aujourd'hui. De plus, ce document n'est pas un « acte de mariage » civil, mais un registre paroissial tenu par un curé. Nous savons tous que l'Église catholique considérait le latin comme sa langue universelle et sacrée. Les curés, formés en latin, ont donc continué à l'utiliser pour les baptêmes, mariages et sépultures bien après 1539, car ils dépendaient de l'autorité ecclésiastique et non directement de la justice royale pour la tenue de ces registres.

  • Le contexte particulier de l'Alsace

L'Alsace (où se trouvent Oberhaslach et Niederhaslach) a un statut très spécial à cette époque ; rappelons-nous qu’elle n'est devenue française qu'en 1648 (Traités de Westphalie), soit plus d'un siècle après l'ordonnance de François Ier. Aussi, pour faciliter l'intégration de la province, Louis XIV et ses successeurs ont souvent laissé les Alsaciens conserver leurs coutumes, leurs structures religieuses et leurs langues.

En Alsace au XVIIIe siècle, on parle l'alsacien, on écrit officiellement en latin dans les églises catholiques, ou en allemand dans les paroisses protestantes et certaines administrations locales. Le français ne s'imposera réellement dans les registres paroissiaux d'Alsace qu'au moment de la Révolution, avec la création de l'état civil laïc en 1792.

Dans l’acte cité précédemment, notre curé, Franciscus Erasmus Vogelweid, suivait la tradition de l'Église catholique romaine de l'époque, qui prévalait sur les lois linguistiques françaises dans cette province de « nouvel acquêt » qu'était l'Alsace.

Dans le prochain article, j'aborderai le cadre analytique.