mercredi 15 avril 2026

Elisabeth Deiber ou l'histoire d'un féminicide

Voici une manière stimulante d’enrichir sa généalogie : repérer un fait divers dans RetroNews ou dans tout autre journal de presse ancienne (Gallica), puis vérifier si le patronyme mentionné apparaît dans son arbre familial. Pour ma part, je suis partie d’un article sensationnaliste relatant l’affaire d’Élisabeth Deiber, assassinée par son patron, Eugène Gruber, boucher à Oberhaslach.

Si à ce jour je n’ai pu trouver aucun lien de parenté avec Elisabeth Deiber, bien que nous portions le même patronyme, Eugène Gruber est un petit-neveu de l’époux de Françoise Siat, dont je suis une descendante à la 4ème génération d'un cousin au 4ème degré : autant dire une très lointaine « connaissance »….

Oberhaslach, un petit village pas si tranquille que ça….

Hier soir, 12 mars 1936, le corps de Mlle Élisabeth Deiber, âgée de 24 ans, a été découvert dans la maison Grüber à Oberhaslach. Le meurtrier avait tranché la gorge de sa victime. Les soupçons se sont immédiatement portés sur Eugène Gruber, âgé de 41 ans, boucher à Oberhaslach, qui, après avoir longtemps nié, a fini par avouer son acte. C’est la propre épouse du meurtrier qui, à son retour de Strasbourg, a découvert le corps. Les motifs qui ont poussé Grüber à son funeste geste restent encore inconnus.

Rappel des faits (Le Unterländer Kurier)

Depuis 1932, Élisabeth assure le ménage et veille sur les cinq enfants du couple Gruber. Madame Gruber, souffrante depuis longtemps, doit en effet se rendre régulièrement à Strasbourg pour y suivre des soins. Parallèlement à son activité de boucher, monsieur Gruber tient également un petit restaurant à Oberhaslach.

Dans le village, on raconte que Gruber multipliait les avances auprès de la jeune domestique, pourtant réputée pour sa conduite irréprochable. Pour couper court aux commérages, Élisabeth décide, à partir de février 1936, de se rendre moins souvent à la boucherie. Cette distance attriste profondément Gruber, qui tente de la convaincre de revenir sur sa décision. Il lui demande notamment de venir prendre les mesures de nouveaux rideaux destinés à la chambre conjugale, un cadeau qu’il souhaite offrir à son épouse.

Mais à 19 heures, le corps de la jeune femme est retrouvé dans cette même chambre. Selon la déclaration de l’accusé, Élisabeth s’y serait rendue dès son arrivée pour mesurer les fenêtres du premier étage. Lorsque Gruber la rejoint, elle lui annonce qu’elle ne l’accompagnera plus en voiture, afin de mettre définitivement fin aux rumeurs qui circulent dans le village. Saisi d’une colère soudaine, Gruber se serait alors jeté sur elle et aurait tenté de l’étrangler.

Élisabeth se défend de toutes ses forces et parvient à griffer le visage de son agresseur. Mais, prise d’un violent étouffement, elle s’évanouit sur le lit. Gruber saisit alors un rasoir dans le tiroir de la table de chevet et lui tranche la gorge. Sans accorder davantage d’attention à la jeune femme, il descend à la cuisine pour se laver les mains couvertes de sang. Il affirme avoir ensuite jeté le rasoir, encore dégoulinant, dans la fosse à boussier - fosse extérieure où le boucher jetait autrefois les déchets de boucherie (graisses, rognures, restes organiques). À ce moment-là, dit-il, il aurait entendu un bruit provenant de la chambre où il venait de commettre son acte. En y retournant, il constate que le corps est tombé du lit, entraînant la table de chevet dans sa chute.

L’accusé aurait alors remis les objets en place et fermé les volets, mais il prétend ne plus s’en souvenir clairement. Il se rend ensuite dans son magasin, où il se sert une bière. D’un calme déconcertant, il raconte s’être blessé en tombant dans un buisson. Lorsque le frère d’Élisabeth vient la chercher à deux reprises, Gruber affirme qu’elle est partie en laissant son vélo. Il va même jusqu’à l’inviter à boire une bière avec lui.

C’est l’épouse de Gruber qui, de retour de Strasbourg vers 19 heures, découvre le corps et alerte les voisins. On retrouve le meurtrier dans le jardin : il paraît abattu, mais nie tout. Son attitude laisse transparaître une certaine indifférence. Après son arrestation par la gendarmerie, il tente de s’évader. Ce n’est que tard dans la nuit, au terme d’un interrogatoire long et minutieux, qu’il finit par avouer.

L’audition de l’accusé

L’autopsie révèle que la mort est due à la coupure infligée au rasoir, précédée d’une tentative d’étranglement. Les vêtements de la victime ne présentent aucun signe de désordre.

Gruber est soumis à un examen psychiatrique. Les experts constatent chez lui des anomalies psychologiques d’allure épileptique, susceptibles d’expliquer un passage à l’acte dans un accès de sadisme. Toutefois, comme cet épisode n’a pas été accompagné d’une altération de ses facultés sensorielles, il est déclaré pleinement responsable de ses actes sur le plan pénal.

Élisabeth Deiber jouissait d’une réputation irréprochable. Hormis un bref séjour à Rothau, où elle avait travaillé dans une famille, elle avait toujours vécu à Oberhaslach auprès de ses parents. Les habitants du village louent unanimement la conduite exemplaire de la jeune femme et de sa famille.

Quant à l’accusé, il était considéré comme intelligent, mais également comme un homme grossier et brutal.

Eugène Gruber est né le 1ᵉʳ avril 1894. Son père exerçait déjà les métiers de boucher et d’aubergiste à Oberhaslach. Pendant la guerre, Gruber a été blessé à deux reprises : une balle au pied gauche et un éclat d’obus à la main droite. À son retour, il reprend l’affaire familiale et se marie en 1926.

En apparence, il mène une vie stable, mais il sombre peu à peu dans l’endettement, qui atteint désormais 120 000 francs. Il attribue cette situation à un accident de voiture ainsi qu’aux maladies de son épouse et de ses enfants. Le couple a cinq enfants, dont l’aîné n’a que neuf ans.

Au cours de l’interrogatoire, le président souligne qu’Élisabeth Deiber avait été profondément troublée en apprenant que des rumeurs circulaient au sujet de sa relation avec Gruber.

L’accusé, un homme grand et massif, au visage congestionné, essuie parfois ses yeux avec son mouchoir, mais retrouve rapidement son sang‑froid. On apprend également qu’après son arrestation initiale, il avait été placé dans le local de détention communal, d’où il a défoncé la porte pendant la nuit avant de rentrer chez lui, prétendument pour faire ses adieux à ses proches.

Les témoignages

Le docteur Pfersdorf, chargé d’évaluer l’état mental de l’accusé, conclut à une légère altération de sa responsabilité. Il le décrit comme facilement irritable. Le crime paraît d’autant plus énigmatique qu’aucune explication convaincante ne semble pouvoir l’éclairer.

Le docteur Sizaret, également expert psychiatre, affirme que l’accusé présente une tendance à la violence, tout en donnant l’impression d’être sincère.

Le docteur Wehrung, qui l’a suivi médicalement à plusieurs reprises, estime que l’homme n’était pas maître de ses actes au moment des faits.

Enfin, le docteur Pfister expose les résultats de l’autopsie.

Un gendarme rapporte qu’au moment de l’arrestation, il a trouvé une mèche de cheveux dans la poche du gilet de l’accusé, que celui-ci dit avoir reçue d’Elisabeth en souvenir.


Maître Pflimlin lit la déclaration écrite de Mme Rosalie Kalt, absente pour raisons de santé. Selon cette déclaration, Elisabeth aurait confié à la témoin qu’elle ne voudrait jamais séparer un père de ses enfants, ni se marier.

Les autres témoins n’apportent aucun élément nouveau significatif.

Le verdict est un acquittement

Eugène Gruber, pourtant arrêté, interrogé, et après avoir avoué le meurtre d’Élisabeth Deiber, est acquitté par la cour d’assises : les jurés ont estimé que l’intention homicide n’était pas suffisamment prouvée, en raison de l’absence de témoins directs, de l’absence de mobile clair, de la possibilité — avancée par la défense — d’un geste commis dans un « accès » ou un « trouble » sans préméditation, et surtout d’un climat social où l’on privilégiait souvent le doute au bénéfice de l’accusé, surtout en milieu rural.

Ce verdict s’est accompagné d’un franc symbolique accordé à la famille de la victime au civil — un mécanisme courant à l’époque lorsque la responsabilité pénale n’était pas retenue, mais qu’une faute ou négligence était reconnue.

Je n’en crois pas mes yeux…. ! Je relis les différents articles trouvés sur le net : il n’y a aucun doute, Gruber a bien été ac-quit-té….. Mais pourquoi ?

Pourquoi l’acquittement d’un meurtrier était-il possible en 1936 ?

Dans les années 1930, la cour d’assises exigeait une intime conviction des jurés. Sans preuve directe (aveu, témoin oculaire, arme identifiée), l’acquittement était fréquent, même dans des affaires où l’accusé était fortement soupçonné.

Et puis, la police scientifique n’existait pas, du moins pas comme nous la connaissons aujourd’hui : pas d’ADN, une balistique balbutiante, des analyses de sang limitées, et des scènes de crime souvent mal conservées.

Un meurtre pouvait donc manquer de preuves matérielles solides, rendant la condamnation impossible.

N’oublions pas non plus le statut social de l’accusé ; un patron, un commerçant établi, le boucher Gruber jouissait d’une excellente réputation locale et d’une présomption de respectabilité. Peut-être a t-il reçu des témoignages de moralité….

À l’inverse, la jeune employée, Élisabeth Deiber, simple domestique – et femme de surcroît - pouvait être décrite de manière biaisée, ce qui influençait les jurés.

Le poids de la presse alsacienne de 1936

La presse alsacienne de 1936 a présenté Gruber comme un artisan respectable, travailleur et sans histoire, tandis qu’Élisabeth Deiber a été décrite comme une jeune employée fragile, naïve ou maladroite. Ce cadrage, typique des faits divers de l’époque, orientait le lecteur vers la thèse de l’accident plutôt que du meurtre. Il a contribué à rendre l’acquittement socialement acceptable.

Les articles de faits divers décrivaient presque toujours le patron comme un homme sérieux et travailleur, bien connu dans la commune, sans antécédents et estimé de ses voisins. Ce type de portrait crée un halo de respectabilité. « Il nie farouchement avoir voulu faire du mal ». Dans un village comme Oberhaslach, l’artisan est un pilier social. Un boucher est indispensable à la vie locale ; la presse ne s’y est pas trompée ; elle reflète cette position sociale en insistant sur la stabilité, la moralité et la réputation.

A l’inverse, les jeunes employées rurales étaient presque toujours décrites selon des stéréotypes très marqués : « réservée », « jeune fille sans défense »,« timide ». Les journaux soulignaient souvent leur jeune âge, la condition modeste, voire la dépendance économique, le statut d’employée ou d’apprentie. Ces termes ne visent pas à les dévaloriser, mais ils les placent dans une position passive, fragile, presqu’infantilisée : la position de la femme….

Toutefois, une « faute » a été retenue : même en cas d’acquittement pénal, la cour d’assises statue aussi sur les dommages et intérêts. Le versement d’un franc symbolique signifie que le tribunal a admis une responsabilité minime ; il n’y avait pas de faute lourde, mais une simple négligence, une imprudence….

Un féminicide ? Sans aucun doute….

L’affaire Elisabeth Deiber, survenue à Oberhaslach en 1936, est un cas d'école particulièrement sombre de la violence masculine de l'époque.

Le terme « féminicide », bien qu'utilisé par certaines militantes dès les années 1970, n'est entré dans le dictionnaire français qu'en 2014. Et pourtant, le crime commis par Eugène Gruber coche toutes les cases de la définition moderne du féminicide : à savoir , le meurtre d'une femme parce qu'elle est une femme.

  • Le meurtrier est l’employeur d’Élisabeth, dans une position d’autorité, voire de « possession »,

  • Il la harcelait et ne supportait pas les refus de ses avances,

  • Le passage à l’acte survient après un rejet explicite de la jeune femme,

  • Le mobile est donc lié au refus féminin et à la frustration masculine, non à un conflit matériel ou politique.

En 1936, la presse et la justice parlaient de « crime passionnel ». Aujourd'hui, on analyse cela comme la manifestation d'un contrôle coercitif : « Si tu n'es pas à moi, tu ne seras à personne ». Gruber a agi avec une cruauté extrême, ce qui souligne la volonté de détruire la victime pour avoir exercé son autonomie.

C'est le récit type d'une femme tuée pour avoir tenté de reprendre sa liberté face à un homme qui considérait avoir un droit de propriété sur elle.

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Pour en savoir plus :

Domesticité rurale (valet de labour ou de ferme) — DHIALSACE

Les sœurs Papin, double assassinat au Mans - Grands Avocats

Affaire Papin (1933) | Criminocorpus

Femmes en colère de Mathieu MENEGAUX

Cour d'assises de Rennes, juin 2020.

Mathilde Collignon, gynécologue, mère de deux enfants est accusée d’un « crime barbare » qu’elle reconnaît avoir commis. Elle attend le verdict dans sa cellule, où elle tient un journal intime qui dévoile progressivement sa version des faits.

Trois ans plus tôt, Mathilde a été violée par deux hommes. Convaincue que la justice ne la protégera pas — en tant que médecin, elle connaît trop bien les failles du système — elle décide de se faire justice elle-même. Ce geste, médiatisé dans le monde entier, la place aujourd’hui sur le banc des accusés, risquant 20 ans de réclusion.

Pendant ce temps, dans la salle des délibérations, jurés et magistrats doivent choisir entre punition et pardon. Dans cette affaire de vengeance, médiatisée à outrance, trois magistrats et six jurés populaires sont appelés à trancher : avoir été victime justifie-t-il de devenir bourreau ?

Le récit alterne entre :

  • le huis clos des délibérations, où jurés et magistrats projettent leurs propres histoires, leurs colères, leurs contradictions

  • le journal de Mathilde, qui révèle peu à peu ce qu’elle a subi, ce qu’elle a fait, pourquoi et comment

Il aborde les thèmes

  • des violences sexuelles et de la culture du viol

  • des défaillances de la justice face aux victimes

  • de la place de la parole des femmes dans l’espace public, et donc de la colère féminine

  • de la vengeance, la légitimité et la responsabilité

La question centrale reste donc : avoir été victime justifie t-il de devenir bourreau ? Faut-il pardonner ou punir ? Le verdict, rendu à la fin, apporte une conclusion claire mais laisse un malaise volontaire, une réflexion ouverte sur la justice et ses limites.

La justice et ses failles

Notre système judiciaire est certes imparfait, parfois inhumain, souvent défaillant pour les victimes de violences sexuelles : difficulté de prouver un viol, la lenteur des procédures, la solitude des victimes, l’écart entre la loi et la réalité vécue.

La justice apparaît comme un labyrinthe froid, où la vérité émotionnelle n’a pas toujours sa place. Ce thème est central : c’est l’impuissance face à ce système qui pousse Mathilde à agir.

La colère

La colère est le moteur du récit, qu’elle soit intime, silencieuse, accumulée, née de l’injustice et de l’humiliation.

Le roman s’inscrit dans l’après #MeToo, mais sans slogans. Il explore la colère des femmes quand elles ne sont ni crues, ni protégées. Cette colère devient un personnage à part entière.

La parole des femmes

Mathilde écrit son journal dans sa cellule ; elle peut enfin dire ce qu’elle a vécu, dire ce qu’elle ressent, dire ce qu’elle n’a jamais pu expliquer devant la justice.

Le roman interroge la légitimité de la parole féminine : pourquoi faut-il tant de preuves pour être crue ? Pourquoi la parole des femmes est-elle encore suspecte, contestée, minimisée ?

Le poids des histoires personnelles

Les jurés ne sont pas neutres. Chacun arrive avec ses blessures, ses préjugés, ses expériences, et aussi ses colères.

Le roman montre que juger n’est jamais un acte purement rationnel. La justice est humaine, donc imparfaite. Ce thème donne une profondeur sociologique au récit.

Le trauma et ses conséquences

Le viol n’est pas décrit de manière graphique, mais ses effets sont omniprésents : la dissociation, la perte de confiance, la peur, l’isolement, le sentiment d’injustice, d'où la révolte.

Le dilemme moral

Le cœur du roman est un cas de conscience : Mathilde a été victime mais elle a commis un acte terrible. Le lecteur est placé dans une zone de profond malaise :

  • Peut-on comprendre sans excuser ?

  • Peut-on juger sans condamner ?

  • La vengeance peut-elle être un acte de survie ?

Mathilde est à la fois : victime, coupable, mère, médecin, et une femme brisée.

Le roman interroge : Qu’est-ce qu’être responsable quand on a été détruite ? La responsabilité n’est pas effacée, mais elle est complexifiée. C’est un thème éthique majeur.

Alors, avoir été victime justifie‑t‑il de devenir bourreau ?

Au regard de la loi, non, jamais. La justice française repose sur un principe fondamental : la souffrance subie ne donne pas le droit de faire souffrir en retour. Sinon, on bascule dans la vengeance privée, dans la spirale de la violence, dans un monde où chacun devient juge et bourreau.

La loi protège la société précisément parce qu’elle refuse la logique du talion.

Au regard de la morale, c’est beaucoup plus compliqué. Notre système de valeurs tient compte du contexte, de l’intention, de la détresse, de l’impuissance, de la défaillance des institutions.

Une victime qui n’a pas été crue, pas protégée, pas accompagnée, peut être poussée à des actes extrêmes. Si cela ne se justifie pas, cela peut s’expliquer. Car comprendre n’est pas excuser.

La colère peut alors déborder

Quand la justice échoue, quand la société minimise, quand la parole est étouffée, la colère peut devenir un moteur, un refuge, une arme, une manière de reprendre du pouvoir.

Mathilde ne devient pas bourreau par cruauté. Elle devient bourreau parce qu’elle a été abandonnée. Le roman montre comment une victime peut glisser vers l’irréparable quand elle n’a plus d’autre espace pour exister, d’autre choix que le passage à l’acte.

Le roman cherche à faire réfléchir

A aucun moment, l’auteur ne prend position ; le roman ne cherche pas à trancher : il nous invite à réfléchir et nous place face à un dilemme impossible :

Que vaut la justice quand elle ne protège pas ?

Que vaut la loi quand elle laisse les victimes seules ?

Que vaut la morale quand la souffrance déborde ?

Une seule certitude demeure : être victime n’autorise pas à devenir bourreau. Mais être bourreau n’efface pas la douleur lorsque l'on a été victime….

Mathilde, une femme ordinaire

Mathilde n’est pas « une femme ». Elle est à la fois toutes celles qui n’ont pas été crues, qui ont été abandonnées par la justice, qui ont dû continuer à vivre avec un trauma, qui ont ressenti une colère sans issue.

Car Mathilde est construite comme un miroir : elle pourrait être n’importe laquelle d’entre nous.

Même si l’histoire est contemporaine, elle éclaire, elle explore la condition féminine à travers le temps : la vulnérabilité des femmes, la difficulté d’accéder à la justice, la pression sociale, la charge mentale, la solitude face au trauma.

Ces thèmes traversent malheureusement les siècles.

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Pour en savoir plus :

Femmes en colère de Mathieu Ménégaux et Pierre-Alain Leleu - Captation du 7 avril 2025

Femmes de porcelaine de V. de CLAUSADE et E. HESME

Ce roman historique est ancré dans la réalité sociale de 1905 au cœur de l’industrie florissante — et impitoyable — de la porcelaine ; il se déroule à Limoges commune de Nouvelle-Aquitaine, préfecture du département de la Haute-Vienne, capitale de la province historique du Limousin. Les ouvrières de la manufacture Haviland subissent des conditions de travail dures, aggravées par le droit de cuissage exercé par un contremaître.

Au centre du récit deux femmes :

  • Anne, ouvrière à la manufacture, figure de la révolte

  • Clotilde, épouse du patron… et sœur d’Anne, dont elle a été séparée dans l’enfance.

Tout les oppose : classe sociale, mode de vie, loyautés. Pourtant, l’insurrection les force à se retrouver, à affronter leur passé commun et à reconstruire une sororité brisée.

Femmes de porcelaine s’appuie sur une histoire vraie… mais reste un roman puisqu’il est construit autour d’un événement historique réel.

Voici donc un roman historique qui mêle mouvements sociaux et éveil syndical, solidarité ouvrière, violences faites aux femmes, amours contrariés, questionnement sur le pouvoir et les conventions sociales et bien sûr les stratégies de survie.

Anne et Clotilde, telles des pièces de porcelaine réparées selon l’art du kintsugi, tentent de magnifier leurs fractures pour retrouver leur liberté et leur voix.

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Pour en savoir plus :

VARDELLECamille, Jean-Baptiste – Maitron

Sanglantes émeutes à Limoges · Bibliothèque numérique du Limousin ·Limoges

Guerre civile à Limoges : la révolte de la « ville rouge »

Limoges,1905 : grève historique des ouvrières de Haviland contre leharcèlement sexuel - Caminteresse.fr

Archives en ligne

usine de porcelaine Théodore Haviland – POP

Porcelaine de Limoges - Haviland site officiel

Les grèves de 1905

mardi 31 mars 2026

Actu MARS 2026

 

I. ACTUALITES


GENEANET

Les mises en ligne de la semaine du 4 mars – Geneanet

Comment retrouver un acte de décès quand les archives ont disparu ? – Geneanet

L’état civil de l’Ariège est en ligne – Geneanet

Geneanet commémore la plus grande catastrophe minière de France – Geneanet

Votre arbre contient-il des erreurs ? Découvrez notre détecteurd’anomalies ! - Geneanet

L’état civil de l’Ariège est en ligne – Geneanet

72 femmes de science sur la Tour Eiffel : leurs origines et racines familiales – Geneanet

Les mises en ligne de la semaine du 19 mars – Geneanet

L’état civil de l’Indre-et-Loire est en ligne – Geneanet

Découvrez les stars ayant des origines dans votre commune ! – Geneanet

Les noms de famille qui font l’actualité – Geneanet

Les listes électorales – Geneanet

Recensements du Bas-Rhin – Geneanet

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FAMILY SEARCH

Un guide de recherche de documents pour débutant

Nouveautés sur le site de FamilySearch en 2026

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LA REVUE FRANCAISE DE GENEALOGIE

Dans les Ardennes, les pupilles de la Nation sont indexés | La Revue française de Généalogie

L'accès anticipé aux archives par dérogation en forte hausse | La Revue française de Généalogie

Dans les Côtes-d’Armor, états de sections du cadastre et nouveaux inventaires sont en ligne | La Revue française de Généalogie

Corrèze : les archives brisent 280 ans de silence mystique ! | La Revue française de Généalogie

Les soldats parisiens des classes 1859 à 1886 sont en ligne | La Revue française de Généalogie

Que retenir de Rootstech 2026 ? | La Revue française de Généalogie

Culture, histoire et patrimoine : plongez dans les archives d’Eure-et-Loir | La Revue française de Généalogie

Seine-Saint-Denis : les recensements entièrement numérisés | La Revue française de Généalogie

Indexation des archives du « Rayon Juif » | La Revue française de Généalogie

Haute-Marne : le nouveau portail des Archives s'enrichit | La Revue française de Généalogie

Marne : le recensement de 1946 rejoint les ressources en ligne | La Revue française de Généalogie

Tirith transforme vos documents de famille en mémoire vivante | La Revue française de Généalogie

Creuse : des milliers de minutes notariales indexées par des bénévoles | La Revue française de Généalogie

Nouvelles tables de successions et absences du Pas-de-Calais en ligne | La Revue française de Généalogie

Outre-mer : Noria enrichit ses sujets de conversation avec les chercheurs | La Revue française de Généalogie

La France à la loupe est de retour | La Revue française de Généalogie

Socface : 291 millions d'ancêtres à portée de clic | La Revue française de Généalogie

Nouvelle visionneuse et nouvelles vues en Vendée | La Revue française de Généalogie

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Comment ne plus se perdre dans sa généalogie ? Nos astuces de saisie et de navigation | Filae

Presse ancienne ! 40 Millions de nouveaux individus | Filae

Presse ancienne : + 61 millions d’individus | Filae

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GENEAFINDER

Origine et signification des noms de famille : le guide complet

Noms de famille insolites : découvrez leurs origines

Généalogie : comment identifier les variantes de noms de famille ?

Mentions marginales en généalogie : utilité, exemples, astuces et pièges

Généalogie internationale : retrouver un ancêtre à l’étranger

Recherches généalogiques sous l’Ancien Régime : registres, notaires et archives militaires

Paléographie : 6 ressources utiles pour déchiffrer et lire les archives anciennes

Ancêtres au coeur de l'Histoire - comment faire des chronologies ?

Ancêtres et faits divers : comment les rechercher dans la presse ancienne ?

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Les premiers pas du "Canard enchaîné" | Blog | Gallica

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Quand l’homme est défini par son métier…

Vos arrière-grands-parents étaient-ils de bons élèves ?

La première visite aux archives départementales 1/3

Un portrait mystérieux et une énigme résolue – Film 415

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LA FRANCE PITTORESQUE

Noël pendant le siège de Paris en 1870-1871. Jour de l'An. Disette durant les fêtes

Bouland, chasseur de lapins au cimetière du Père-Lachaise dans les années 1870

Eugène-François Vidocq. Portrait, biographie, vie du bagnard entré dans la police de sûreté

1901 : Paris organise un concours pour éliminer les rats

D'Artagnan : 350 ans après sa mort, le mystère du corps introuvable

Exposition La naissance des grands magasins. Mode, design, jouets, publicité, 1852-1925

Traité de morale pour gens du monde : art de vivre en beauté au XVIIIe siècle

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LA GAZETTE DU VENDREDI

Une Chronique bretonne à la fin du XIXe siècle - www.histoire-genealogie.com

Deux veuvages, huit enfants, quatre deuils : Une famille beauceronne au XVIIIᵉ siècle

Les premiers jours de la guerre de Vendée en Maine-et-Loire (2-22 mars 1793). Analyse d'une insurrection – Persée

Un curieux faux en écriture : fraude à l’état civil en l’an IV (Archives du Cantal)

Louis Auguste Sadi, Chirol : un parcours gâché par la Grande guerre… - www.histoire-genealogie.com

La forêt de Briqueloup : Des protestants à Annonay au 16e et au 17esiècle

L'hospice de Montreuil-sous-Laon, 150 ans d'assistance et de soins (Archives de l’Aisne)

Les âmes cassées - Musée de la Grande Guerre

Un brave cavalier dans la guerre de sept ans, Marguerite dite Jean Goubler

Marcelline,fragments d’une vie sans récit

Un imprimeur Auvergnat : Antoine Galland (1763-1851) - Première partie. - www.histoire-genealogie.com

Pauvres petites poules ( 1ère partie)

Une émeute paysanne au début du gouvernement personnel de Louis XIV : la sédition de Benauge (décembre 1661-janvier 1662) – Persée

Mise en ligne d’un album de dessins d’Émile Voillard sur le bagne deGuyane – Criminocorpus Lab

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II. EXPOSITIONS VIRTUELLES

Colette, une vie d’audace racontée par les archives | Archives nationales

De la gazette à Internet | BnF Essentiels

Cartes d’écrivains | BnF Essentiels

BnF | Sciences pour tous

*

III. DES SITES, DES BLOGS et aussi des histoires…. (c’est désormais ici)

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IV. DES PODCASTS, A ÉCOUTER

DES VIDEOS A REGARDER, SANS MODERATION….…


Femmes en sabots, les oubliées de l’histoire : épisode 1 du podcast Mondes ruraux, une histoire de femmes | France Culture

Nourrices, quand les filles des champs veillent sur les enfants des autres : épisode 2 du podcast Mondes ruraux, une histoire de femmes | France Culture

Travailleuses immigrées, une autre histoire de la main-d’œuvre agricole : épisode 3 du podcast Mondes ruraux, une histoire de femmes | France Culture

Un homme hors du commun : épisode 1/2 du podcast Paul Kern, l’homme sans sommeil | France Culture

Abolir le sommeil ? : épisode 2/2 du podcast Paul Kern, l’homme sans sommeil | France Culture

Henri Barbusse fut le premier à fixer, dans la littérature française, au cœur du conflit, un livre qu’il intitula Le Feu et où les soldats du front reconnurent, contre tous les écrits d’un patriotisme cocardier, ce qu’ils éprouvaient intensément au quotidien de leur calvaire patriotique.

Henri Barbusse (1873-1935) : les tranchées et d’autres combats | France Culture

Que nous apprend l’ADN sur l’histoire de nos structures familiales ? Raphaëlle Chaix étudie la façon dont les modes d'organisation sociale ont laissé des traces dans la diversité génétique humaine : chromosome Y pour les lignées paternelles, ADN mitochondrial pour les lignées maternelles.

Raphaëlle Chaix : des ères de famille | France Culture

"Tutti antifascisti", naissance de l'antifascisme : épisode 1 du podcast Antifascisme, une histoire | France Culture

"No pasarán", guerre d'Espagne et solidarité antifasciste internationale : épisode 2 du podcast Antifascisme, une histoire | France Culture

L'Allemagne de l'Est, l'antifascisme et la guerre froide : épisode 3 du podcast Antifascisme, une histoire | France Culture


Dans le lit du roi (1769-1771) : épisode 2/4 du podcast Jeanne du Barry,faste et solitude | France Inter

Le mépris de l'autrichienne (1771-1774) : épisode 3/4 du podcastJeanne du Barry, faste et solitude | France Inter

La vengeance des hommes (1774-1793) : épisode 4/4 du podcast Jeanne du Barry, faste et solitude | France Inter

Brigands de grand chemin, ça dépouille dans le monde romain ! : épisode 1 du podcast Brigands, des histoires hors-la-loi | France Culture

Robin des Bois, sur les traces d’un brigand au grand cœur : épisode 2 du podcast Brigands, des histoires hors-la-loi | France Culture

"La bourse ou la vie", bandes et contrebande organisée : épisode 3 du podcast Brigands, des histoires hors-la-loi | France Culture

Grand brigandage, les revers de l'unification italienne : épisode 4 du podcast Brigands, des histoires hors-la-loi | France Culture

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ET CE MOIS-CI je vous propose Accueil — GeneBase

Voici un nouveau site intéressant – encore gratuit mais pour combien de temps ?! - une plateforme dédiée à la généalogie française, découverte sur les réseaux sociaux.

« Genebase » permet d’explorer son histoire familiale grâce à des millions de données et des outils pédagogiques :

Des bases de données

  • Décès INSEE : plus de 25 millions d’enregistrements depuis 1970

  • Morts pour la France : soldats et civils morts lors des conflits armés

  • Liens généalogiques : ressources pour retrouver actes, archives, filiations

Des outils généalogiques
  • Convertisseur de dates : calendrier républicain, latin

  • GEDCOM Studio : manipulation et visualisation de fichiers GEDCOM

  • Générateur d’histoires IA : pour créer des récits autour d’ancêtres

Des ressources historiques et pédagogiques
  • 2 370 fiches de métiers anciens (du Moyen Âge au XIXᵉ siècle)

  • Prénoms & significations : étymologie, évolution de popularité

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Un site de plus me direz-vous, mais qui peut – sait-on jamais ! – vous aider à trouver justement l’ancêtre qui vous manquait !…. Alors essayez….

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Bonne lecture et belles trouvailles
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