mercredi 10 septembre 2025

L'enfant de Loire de Gilbert BORDES

L’histoire se déroule à Sully-sur-Loire et ses environs ; nous sommes au tout début de la Première Guerre mondiale.

Le fleuve Loire, à la fois majestueux et dangereux, joue un rôle symbolique et narratif central ; ses berges et ses îlots sont souvent constitués de vases et de sables piégeants, capables d’engloutir un corps en quelques minutes ; la Loire peut cacher des remous puissants et des zones de tourbillons. Et en période de pluie, elle peut monter rapidement, emportant tout sur son passage ; les pêcheurs et les lavandières prenaient des risques quotidiens sans gilets ni cordages.

Boris Maleroy dit « le Prussien », un pêcheur rustre et solitaire, sauve de la noyade la belle Irène Lessager, une femme de la haute bourgeoisie, mariée à un officier Baptiste Lestang, parti au front. Ce geste héroïque devient le point de départ d’une passion interdite entre deux êtres que tout oppose.

Enfermée dans un mariage sans amour et une vie de château étouffante, Irène cède à l’attirance sauvage et fougueuse qu’elle ressent pour Boris. De cette union clandestine naît Aymar, un enfant rejeté par les deux familles bourgeoises Lessager et Lestang, prêtes à tout pour effacer cette « honte » et se garantir une réputation sans tâche.

Malgré toutes les tentatives de disparition orchestrées contre lui, Aymar survit. Il devient un adolescent, bien décidé à comprendre ses origines et à affronter les secrets enfouis.

Ce roman est une fresque humaine et dramatique, où l’auteur Gilbert Bordes déploie son talent de conteur pour explorer les ravages du secret et la puissance rédemptrice de l’amour. Ce récit est une plongée dans les ramifications familiales, les secrets de filiation et les dynamiques sociales au début du XXe siècle. Il utilise d’ailleurs le fleuve comme métaphore du destin car la puissante Loire est à la fois source de vie et de mort, lieu de rencontre et de disparition.

Pour la généalogiste en herbe que je suis, ce livre présente plus d’un intérêt. Les familles Lessager et Lestang représentent des lignées bourgeoises enracinées dans le terroir ; on retrouve aisément les alliances matrimoniales stratégiques, les héritages, et les luttes de pouvoir entre classes sociales.

Les hommes partis au front, les femmes sont restées seules, ce qui a entraîné des situations de filiation complexe ; les registres militaires, les actes de naissance et les archives notariales deviennent souvent des sources clés pour reconstituer les parcours familiaux. Quant aux enfants nés hors mariage, ils sont quelquefois absents des registres ou dissimulés sous des identités modifiées.

« L’enfant de Loire » est un roman de terroir historique, de création romanesque, mais dont les personnages sont inspirés du réel.

Boris, le pêcheur marginal, représente les exclus du système ; de nombreux pêcheurs ont réellement vécu sur les bords de Loire, souvent en marge de la société.

Irène, femme de la bourgeoisie emprisonnée dans un mariage arrangé, incarne les femmes privées de liberté, des épouses ou des sœurs « gênantes » dont l’enfermement social et affectif était leur quotidien à cette époque.

Aymar, l’enfant adultérin, est le symbole de la quête identitaire et du rejet social ; des enfants nés hors mariage ont d’ailleurs été cachés, déplacés, ou même rayés des registres. Ce roman montre bien comment les non-dits, les silences et les secrets peuvent traverser les générations....

Membre de l'École de Brive et également de la Nouvelle école de BriveGilbert Bordes est reconnu pour sa capacité à recréer des atmosphères réalistes, en s’appuyant sur des lieux, des mentalités et des événements historiques précis. Le roman se déroule entre 1914 et 1936, une période marquée par la guerre, les bouleversements sociaux et les mutations rurales.

mercredi 3 septembre 2025

Ma méthode de travail

Il n'existe pas UNE méthode de travail. Il existe celle qui vous convient le mieux ; au fil de votre parcours, vous découvrirez que votre approche va évoluer et s'adapter. Ce qui fonctionne pour une personne ne fonctionnera pas forcément pour une autre.

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Quand j'ai commencé mes recherches, je me suis concentrée sur une seule méthode : remonter le plus loin possible, sur mes ancêtres directs. C'était une approche très linéaire, qui m’a très vite insatisfaite, ayant le projet d’écrire l’histoire de mes ancêtres. Je devais donc m’intéresser à TOUS les collatéraux….

Avec le temps, ma pratique a évolué. J'ai commencé à intégrer de nouvelles méthodes à mon travail.. J'ai surfé sur des plateformes comme FILAE ou GENEANET pour accéder plus rapidement aux registres numérisés et aux arbres généalogiques partagés par d'autres passionnés. Ces outils m'ont permis de gagner un temps précieux et de débloquer des pistes que je n'aurais jamais trouvées seule. Et prenant de l’assurance, j’explore désormais les registres paroissiaux et d'état civil de manière systématique, en regardant au-delà des actes directs de mes ancêtres pour découvrir des liens familiaux inattendus (témoins, parrains, marraines). Bref, je dissèque mes actes pour en extraire le maximum d’informations.

Aujourd'hui, je combine ces différentes méthodes pour enrichir mes recherches. La généalogie est un voyage d'apprentissage continu : il faut dire que j’en apprends tous les jours ! Le plus important est de trouver ce qui fonctionne pour vous et d'être ouvert à l'idée d'ajuster votre pratique au fur et à mesure.

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Lorsque j’ai acquis le logiciel GENEATIQUE, il était hors de question pour moi d’abandonner GENEANET, mais il était également impensable de faire du recopiage manuel de l’un sur l’autre. Car en modifiant les deux versions en parallèle, je risquais d’entraîner des doublons, des pertes de données et de perdre un temps trop précieux.

J’avais donc un choix à faire : exporter un fichier Gedcom de GENEANET vers GENEATIQUE ou l’inverse ?

Je travaille plutôt sur GENEANET et modifie régulièrement mon arbre ; comme il est préférable de choisir un seul outil comme base principale – en l’occurrence GENEATIQUE – j’ai choisi d’exporter vers le logiciel pour bénéficier des fonctionnalités avancées.

Et puis, comme il n’y a « que les imbéciles qui ne changent pas d’avis », j’ai décidé de faire mes recherches sur GENEANET et de retranscrire mes infos sur GENEATIQUE ; ensuite seulement je télécharge un fichier GEDCOM de GENEATIQUE vers GENEANET.

C’est une solution qui me convient mieux ; le fichier GEDCOM originaire de GENEANET ne transmet pas toutes les images des actes, et ceci même en utilisant « Geneanet Upload » ; mais comme mon fichier issu de GENEATIQUE mentionne correctement toutes les sources, je garantie « la mutualisation » et l’authenticité de mes infos sur GENEANET, ce qui est indispensable pour rester fidèle à mes principes de partage.

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Il existe de nombreuses options pour exporter sa généalogie de GENEATIQUE vers GENEANET, par exemple. Je vous propose la méthode la plus simple, me semble t-il.

Pour exporter le fichier GEDCOM depuis GENEATIQUE :

  • Ouvrir sa généalogie et suivre le chemin : Utilitaires / Sauvegarder – Exporter – Restaurer / Sauvegarder et Exporter

  • et cliquer sur pavé GEDCOM

  • s’ouvre alors une fenêtre avec 4 nouvelles propositions ( Présélection, Sortie, Options et Filtre) présentant chacune des options.

Pas de panique ! Comme vous avez fait une sauvegarde – rassurez-moi, vous en avez fait une ?! – vous pouvez vous amusez et faire des essais.

Sinon, je vous propose MA méthode, au plus simple…. Ce n’est peut-être pas la meilleure, mais elle vous permettra de commencer :

  • Présélection : vous pouvez choisir de télécharger la totalité de votre généalogie ou seulement une personne et tous ses descendants, ou les ascendants…..

  • Sortie : l’endroit où vous souhaitez réceptionner votre fichier GEDCOM ; j’ai choisi de le récupérer sur le bureau pour mieux le récupérer

  • Options : le plus important est de bien cocher « UTF-8 » un encodage de caractère universel, reconnu notamment par GENEANET

  • Filtres : à vous de choisir, cocher et décocher ce que vous voulez transférer….

Ensuite, « Exporter le GEDCOM » et vérifiez bien que votre fichier est arrivé à destination !

N’oubliez pas de « dézipper » votre fichier avant de l’envoyer sur GENEANET.

L’étape finale est d’envoyer le fichier GEDCOM sur Geneanet : rien de plus facile !

Connectez vous à votre compte et suivez le chemin : MENU / Mise à jour GEDCOM

Le temps de téléchargement dépend de la grandeur de votre arbre, selon que vous télécharger votre arbre en entier ou bien une seule branche.

mardi 2 septembre 2025

Le paramétrage de Généatique : une étape clé pour un arbre cohérent (2/2)

Chaque arbre est un récit évolutif ; chaque découverte est une pièce du puzzle. Adapter les paramètres, c’est donner à chaque pièce la place qu’elle mérite pour que l’ensemble raconte une histoire cohérente, lisible et fidèle.

Mais comment adapter les paramètres dans GENEATIQUE face à une situation inhabituelle comme un mariage très précoce — elle a 13 ans, lui 18 — ce qui peut survenir dans certaines branches anciennes ou dans des contextes historiques particuliers.

Dans un article précédent, j’ai évoqué ce mariage entre Jeanne et Jean, un cas pas si isolé que cela dans mon arbre….

Bien évidemment, un ENORME point d’interrogation rouge s’est affiché pour me prévenir d’une incohérence. J’avais précédemment renseigné les paramètres – Préférences / Contrôle de cohérence – mais il semble que les seuils d’alerte étaient insuffisants.

Je vais devoir adapter les paramètres, alors réfléchissons un peu ensemble :

1. L’âge du père : au regard de la loi révolutionnaire de 1792, les garçons peuvent se marier légalement à 15 ans révolus, mais durant l’Ancien Régime, c’était 14 ans,

2. L’âge de la mère : au regard de cette même loi, les filles peuvent être mariées à 13 ans révolus, mais durant l’Ancien Régime, c’était 12 ans,

3. L’intervalle entre deux naissances : un intervalle inférieur à 9 mois entre deux naissances est souvent signalé comme une incohérence ; 9 mois est le minimum requis si la femme tombe enceinte immédiatement après un accouchement – c’est souvent ce que l’on appelle « retour de couche » - mais elle peut également soit avoir un enfant réellement prématuré – pas trop non plus car non viable autrefois – ou bien mettre au monde des jumeaux. GENEATIQUE a mentionné 210 jours, ce qui correspond à 7 mois, ça me semble bien correct,

4. le père décède au plus X jours avant la naissance de l’enfant : quand un père meurt avant la naissance, on cherche surtout à savoir si la paternité reste plausible et comment le noter proprement dans l’arbre ; aussi, je laisserai les « 270 jours » initialement prévus par le logiciel.

En généalogie, on retient la présomption de paternité jusqu’à environ 300 jours après le décès du mari. En-deçà, l’enfant est dit « posthume » et la filiation reste plausible ; au-delà, on vérifie une erreur de date ou un cas particulier ; une gestation normale couvre environ 280 jours (ou 40 semaines d’aménorrhées).

Les 300 jours offrent une trop grande marge ; il ne faudra pas hésiter à détecter des incohérences chronologiques pour mieux comprendre les stratégies familiales (espacement volontaire, décès d’un enfant, remariage…) en croisant les sources, mais nous savons déjà tous faire ça !

5. L’âge au mariage révèle à quel point le mariage est un miroir des sociétés à travers les siècles :

6. La différence d’âge maximum entre les conjoints

Sous l’Ancien Régime, si les femmes se mariaient plus jeunes (souvent entre 18 et 25 ans) pour des raison de fécondité et de dot, les hommes le faisaient plus tardivement (vers 28–30 ans), une fois leur situation établie.

Dans les milieux nobles ou bourgeois, il n’était pas rare de voir des écarts de 15 à 20 ans, surtout si le mari était veuf ou notable.

Au 19ème siècle, les écarts de 5 à 7 ans sont fréquents, mais les mariages avec plus de 10 ans d’écart deviennent moins courants, sauf en cas de remariage.

Par conséquent, une différence d’âge supérieure à 15 ans peut signaler :

  • Un remariage (veuf/veuve)

  • Une erreur de date dans les actes – et oui, nul n’est infaillible !

  • Une union stratégique (dot, alliance, statut social), donc une belle opportunité de récit….

7. l’âge maximum au décès

Au 18ème siècle et avant, l’espérance de vie à la naissance était d’environ 25 ans, mais ceux qui atteignaient 20 ans pouvaient vivre jusqu’à 55–60 ans en moyenne.

Au 19ème siècle, les femmes mouraient souvent en couches, les hommes de maladies infectieuses ou d’accidents. L’espérance de vie était d’environ 40 ans vers 1850 ; les centenaires existaient, mais étaient rarissimes et la majorité des adultes mouraient entre 50 et 70 ans.

J’ai alors commencé à changer toutes les valeurs de contrôle….

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Et puis la nuit portant conseil, je me suis réveillée un matin en me disant que peut-être ce n’était pas une bonne idée de changer les valeurs du contrôle de cohérence ; il est vrai que les valeurs contenues par défaut et réfléchies par des généalogistes avertis m’informent d’erreurs ou d’incohérences qui n’en sont pas au regard de l’histoire de ma généalogie. Car GENEATIQUE est performant et dispose d’un système de contrôle de cohérence qui peut masquer certaines incohérences si les paramètres sont trop restrictifs ou trop ciblés.

Je veux que mon arbre soit juste, mais je veux aussi qu’il respecte la réalité historique sans que le logiciel m’impose des normes modernes.

Par exemple, je n’aurais pas pu écrire sur un mariage précoce au vu de valeurs trop larges, franchement, c’eut été dommage !

Ce qui m’intéresse en généalogie, c’est aussi de mettre en valeur les particularités de ma lignée et de faciliter la transmission de ces informations au plus grand nombre.

Voici les valeurs que j’ai inscrites pour les deux tableaux de saisie :

Si les seuils d’âge ou les marges d’erreur sont réglés de manière trop stricte (par exemple, âge minimum au mariage ou à la naissance), certaines incohérences ne seront plus détectées car elles ne rentrent plus dans les critères d’analyse.

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Pour en savoir plus :

Enfant à naître, conçu, posthume : la filiation entre droit et biologie (France XVIIe-XVIIIe siècles) | Cairn.info

À quel âge mouraient nos ancêtres ? | Cairn.info

De quoi mourait-on, avant ? Et à quel âge ? | La vie au XIXe siècle

Entre coutume et nécessité

Voici un mariage très précoce : lui est âgé de 18 ans et elle, n’a que 13 ans.

Nous sommes en 1801, la France est encore marquée par les usages de l’Ancien Régime, même si elle entre dans l’ère napoléonienne. Le mariage n’est pas seulement une affaire de sentiments : c’est avant tout un acte social, économique, familial, presque toujours décidé par les parents.

À cette époque d’ailleurs, les parents ont un droit légal et moral sur le choix du conjoint de leurs enfants.

Rappelons notamment, qu’il est souvent énoncé que « le mari avait droit de vie ou de mort sur son épouse », alors que dire des enfants !

Mais ce n’est pas tout-à-fait juste : le mari n’avait pas un droit légal explicite de vie et de mort sur sa femme, mais les normes sociales et judiciaires lui accordaient une autorité telle que certains actes violents pouvaient être minimisés voire justifiés. La femme était perçue comme naturellement inférieure tant sur le plan physique, intellectuel que moral. La jeune fille passait de l’autorité du père à celle de son mari, sans autonomie juridique véritable ; elle était jugée incapable de discernement, donc moins responsable… sauf lorsqu’il s’agissait de la punir pour des écarts de conduite.

Le Code civil de 1804, le très célèbre Code Napoléon, est souvent présenté comme une avancée juridique majeure… mais pour les femmes, il a surtout été un retour en arrière en matière de droits et d’autonomie : soumission légale au mari (lui doit obéissance, et ne peut agir sans son consentement), incapacité juridique ( ne peut signer un contrat, ni gérer ses biens, et encore moins exercer une profession sans son autorisation), autorité paternelle renforcée (le père décide légalement de l’éducation, du mariage, et même du sort des enfants), inégalité devant l’adultère. Et oui, si l’adultère féminin est sévèrement puni par une incarcération, voire un enfermement dans un couvent, l’adultère masculin ne sera sanctionné que s’il est public ou s’il a lieu au domicile conjugal !

Nous ne sommes qu’en 1801 mais les pratiques du Code Napoléonien sont déjà en place et pour de nombreux siècles…..

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Avant le Code civil, les règles du mariage en France sont principalement régies par des coutumes locales et par le droit canonique, c’est-à-dire celui de l’Église catholique ; le mariage était une « affaire » très sérieuse et « arrangé » pour consolider des alliances familiales, transmettre des terres, ou assurer une stabilité économique. Ah j’oubliais l’incontournable loi révolutionnaire du 20 septembre 1792 !

Mais le mariage est avant tout un sacrement religieux et indissoluble une fois consommé ; le curé joue d’ailleurs un rôle central dans l’enregistrement et la célébration de cette cérémonie.

Revenons à nos deux jeunes futurs : bien que Jean n’ait que 18 ans, il est considéré comme apte à fonder un foyer, surtout s’il a un métier ou hérite d’une exploitation agricole. Jeanne a 13 ans, et bien que très jeune selon nos standards actuels, peut être mariée si elle est jugée pubère et « apte » à tenir un ménage. Mais cela ne signifie pas forcément qu’elle vivra immédiatement avec son époux : parfois, la cohabitation était différée. Mais gardons-nous bien de juger ce mariage et n’oublions jamais le contexte socio-historique de nos familles ; cette union reflète une époque aux valeurs et aux contraintes bien éloignées des nôtres.

Car ces mariages précoces étaient moins rares qu’on ne l’imagine, surtout si les familles cherchaient à stabiliser une situation économique ou sociale. Les rythmes de vie étaient accélérés : on devenait adulte plus tôt, on travaillait très jeune, et on se mariait trop jeune.

Le mariage est donc enregistré par l’officier d’état civil, avec mention explicite du consentement des parents entre :

  • Jean BAROIN, 18 ans, né à Chissey en Morvan le 10/07/1782, au hameau de Valouze, fils mineure de Jean, propriétaire, et de Claudine RICHARD, alors décédée,

  • et Jeanne CHARLOT, née à Cussy - une commune voisine – le 19/10/1787, demeurant au hameau de Ruisselle, sur la commune de Chissey en Morvan, fille mineure de Jean, propriétaire, et de Reine PATRUX.

« Les dits futurs procédant de l’autorité et du consentement de leur père et mère » sont unis par les liens du mariage et ceci, même si aucun des témoins présents à la cérémonie ne sait signer.

Ce mariage, bien que surprenant aujourd’hui, s’inscrit dans une logique sociale de l’époque où l’individu était souvent subordonné à la volonté familiale. L’amour n’était pas toujours au cœur de l’union — il pouvait venir plus tard, ou rester absent. Ce qui comptait, c’était l’équilibre entre familles, la transmission des biens, et la stabilité du foyer.

Donc, ce 8 janvier 1801, dans le petit village de Chissey-en-Morvan, alors encore imprégné des traditions rurales de l’Ancien Régime, deux jeunes gens se sont unis devant Dieu et la République : Jean BAROIN, âgé de 18 ans, et Jeanne CHARLOT, tout juste 13 ans.

Ce n’était pas un mariage d’amour tel qu’on l’imagine aujourd’hui, mais plutôt une alliance entre familles, une promesse d’avenir dans un monde où la terre, le travail et la stabilité comptent plus que les sentiments. Jean, jeune homme robuste, déjà engagé dans les travaux agricoles auprès de son père, est en âge de prendre femme et de bâtir son propre foyer. Il n’a presque pas connu sa mère, décédée à ses trois ans ; c’est sa belle-mère Lazarette GUENOT qui occupe depuis longtemps le lit auprès de son père.

Avec Claudine RICHARD, Jean BAROIN, le père, a eu 7 enfants :

  • Antoinette, née en 1773

  • Claudine, née en 1774

  • Lazarette, née en 1775

  • Sébastienne, née en 1777, décédée à l’âge de 4 ans

  • Jean, né en 1780, décédé à 8 mois

  • Jean, qui épousera Jeanne (mes SOSA 88 et 89)

  • Pierre, né en 1785, décédé à 5 mois ;

Claudine RICHARD décède le 21 octobre 1785, soit 5 jours après la naissance de son dernier-né Pierre. Jean BAROIN, le père, se retrouve veuf avec 3 filles âgées respectivement de 12, 11 et 10 ans, et son seul et unique fils, Jean, 5 ans. Le 7 février 1786, il prend donc pour épouse Lazarette GUENOT ; Jean a déjà 41 ans ; le nouveau couple aura 3 enfants : Reine, décédée à un an, Jean décédé à 4 ans et Françoise ne vivra qu’une petite année, quelques mois seulement après le décès de sa mère….

Jeanne, 13 ans, adolescente selon nos critères modernes, est considérée comme prête à devenir maîtresse de maison, à apprendre les gestes du quotidien, à se préparer à la maternité.

Peut-être que Jean et Jeanne ne se connaissaient que peu avant ce jour. Peut-être qu’ils avaient échangé des regards furtifs lors d’une foire ou d’une messe. Ou peut-être que leurs parents avaient tout décidé, dans l’espoir de renforcer les liens entre deux lignées locales. Ce qui est certain, c’est que leur union reflète une époque où l’individu s’effaçait souvent derrière les besoins du clan, où l’avenir se construisait jeune, et où l’amour — s’il venait — arrivait après le devoir. Une bien triste époque….

Ce mariage, aujourd’hui étonnant, nous rappelle combien les temps ont changé. Mais il témoigne aussi de la force des racines, de la résilience des familles, et du courage silencieux de ceux qui ont bâti notre histoire.

Mariage arrangé ou stratégique, il pourrait avoir été contracté pour des raisons patrimoniales ou sociales, sans intention immédiate de cohabitation ou de procréation ; les époux ont peut-être vécu séparément pendant quelques années après le mariage, d’autant plus que Jeanne sortait de l’enfance.

Peut-être que, derrière cette alliance précoce, se cache une histoire plus profonde — celle d’un père brisé, et d’un fils qu’il veut ancrer dans la vie.

Le père de Jean, veuf à plusieurs reprises, a vu s’éteindre femmes et enfants, emportés par les fièvres, les accouchements ou les hivers trop rudes. Dans ce monde rural où la famille est le pilier de la survie, chaque perte est une fracture. Alors, quand Jean atteint l’âge de raison, son père décide : il faut reconstruire, il faut transmettre, il faut que la lignée tienne.

Jeanne, jeune mais robuste, issue d’une famille voisine, devient l’élue. Le mariage est célébré, sobre et silencieux, comme une promesse faite au passé. Pourtant, les premières années sont sans enfant. Jeanne grandit, mûrit, et ce n’est qu’en 1807, à dix-neuf ans, qu’elle donne naissance à leur premier enfant. Un délai qui parle : peut-être d’un corps trop jeune, peut-être d’une attente tacite, peut-être d’un respect discret entre deux êtres liés trop tôt.

Ce couple, né dans la douleur d’un père endeuillé, traversera les décennies. Et dans les registres, entre les lignes des actes, on devine une résilience : celle d’une famille qui, malgré les pertes, choisit de croire en l’avenir.

Et n’allez pas me dire que c’est une histoire de « ruralité »…. Car à Paris, c’est la même chose !

Pour preuve, Athalie Marie BELLANGER, troisième épouse de mon SOSA 8, a eu son premier enfant à 14 ans….

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Pour en savoir plus :

Loi qui détermine le mode de constater l'état civil des citoyens. Du 20septembre 1792, l'an quatrième de la liberté (livre numérique)

lundi 1 septembre 2025

Le paramétrage de Généatique : une étape clé pour un arbre cohérent (1/2)

Lorsque vous débutez votre généalogie avec GENEATIQUE, le paramétrage initial peut sembler une formalité technique. Pourtant, c’est une étape fondamentale : elle pose les bases de votre arbre, définit sa structure, son apparence, et la manière dont les informations seront organisées et affichées. Et puis, il est tout de même plus agréable de travailler sur un bel arbre, esthétique et « propre » de toute incohérence.

Toutefois, ce paramétrage n’est pas figé. Au fil de vos recherches, l’histoire de votre famille peut révéler des cas particuliers : enfants naturels, adoptions, remariages complexes, migrations inattendues… autant de situations qui nécessitent d’adapter vos réglages pour refléter fidèlement la réalité familiale.

Le paramétrage est donc un outil vivant, au service de votre récit familial : il évolue avec vous, au rythme de vos découvertes et des surprises que votre arbre vous réserve.

Adapter les paramètres de GENEATIQUE au fil des découvertes, c’est comme ajuster les lentilles d’un microscope : plus vous avancez, plus vous avez besoin de précision pour révéler les détails cachés de votre histoire familiale. Je m’explique….

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Au départ, lorsque l’on ouvre GENEATIQUE, il faut faire un choix entre « l’écran de saisie 1 » et « l’écran de saisie 2 » :

L’écran de saisie 1 est le modèle par défaut ; mais les deux écrans sont personnalisables ; ils diffèrent simplement par leur ergonomie et la disposition visuelle.

Les deux écrans de saisie contiennent les événements classiques (naissance, mariage, décès, profession, etc.), des événements spécifiques (divorce, résidence, baptême, décoration, etc.…) ; vous pouvez les adapter à vos besoins, ajouter, déplacer ou supprimer des rubriques.

Ils sont totalement modulables, au fil de l’avancée de votre arbre.

Attention ! N’oubliez pas de sauvegarder vos modifications (« OK »). Et si vous avez une configuration particulière de cet écran de saisie, il faudra la sauvegarder sous une appellation personnelle (« Enregistrer sous ») sinon, à la prochaine mise à jour logicielle les paramètres reprendront la configuration par défaut.

Au tout début, j’ai utilisé l’écran de saisie par défaut ; ce qui m’a permis de me familiariser avec une partie du logiciel. Certes, je suis joueuse, mais reste très prudente, mais j'ai tout de même choisi l'écran de saisie 2.

Vous pourriez également avoir besoin d’une rubrique qui n’existe pas : aucun problème, vous pouvez la créer !

Ensuite, j’ai voulu définir

  • l’écran de saisie 1 pour les femmes

  • l’écran de saisie 2 pour les hommes

et comme GENEATIQUE ne permet pas d’affecter automatiquement un écran en fonction du sexe de la personne affichée, je devais basculer d’un écran de saisie à l’autre : pas très pratique, il faut bien avouer !

En posant ce tableau, je me suis aperçue qu’il y avait peu d’évènement qui ne concernait que les femmes, puisque elles pouvaient avoir étudiées, avoir servies durant la guerre, et même reçues une décoration !

Donc, après réflexion, j’ai opté pour l’écran de saisie 2, plus aéré, plus lisible et organisé, et surtout plus complet et personnalisable à ravir.

Justement si j’ai ajouté de nombreuses rubriques, il en manque une essentielle à ma généalogie – et qui n’existe pas comme telle dans GENEATIQUE, c’est celle de la « participation à la Grande Guerre » ; je vais donc la créer : retour sur l’écran de saisie.

Tout en bas, à droite de mon écran je clique sur

  • « Ajouter une rubrique » et une nouvelle page s’affiche

  • puis « Créer une rubrique »

Maintenant, je n’ai plus qu’à saisir correctement toutes mes fiches…