lundi 31 mars 2025

Actu MARS 2025


 Voici des actualités glanées ça et là,

des articles repérés sur des blogs...



GENEANET

Les mises en ligne de la semaine du 13 mars

Les mises en ligne de la semaine du 20 mars

L’état civil et les registres paroissiaux de l’Isère

Nouveau projet mémoriel consacré aux Résistants FFI pendant la Seconde Guerre mondiale

Avez-vous fait votre testament généalogique ?

L’état civil et les registres paroissiaux de l’Ardèche

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FamilySearch Blog

À propos des Canadiens français

Découvrez votre ascendance canadienne

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La Revue Française de Généalogie

Un monument rend hommage à l’immigration italienne àNogent-sur-Marne

Exposition sur "L'épopée des manuels scolaires"

Un nouvel écrin pour les archives numérique de Lot-et-Garonne

Les archives de Saint-Pierre-et-Miquelon s'enrichissent pour les généalogistes

TSA indexées par Filae : 58 % des départements déjà en ligne

Le Cher publie une partie des dispenses pour mariage

Nouvelles ressources en ligne dans le Finistère

La généalogie de Louison Bobet

Notaires et cadastre à l’honneur dans la Loire

Antistar ,l’arbre de celles et ceux avec qui on ne voudrait surtout pascousiner

L'Eure-et-Loir enrichit ses archives en ligne

Un premier recensement des réfugiés espagnols indexé en ligne grâce à Girophares

Quand les ancêtres posent des lapins… c'est à vous de résoudre l'énigme !

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FILAE

Les tables de successions et absences de l’Allier sont indexées !

Nettoyer et contrôler sa généalogie : les outils Filae

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GENEA
FINDER

Filles-Mères dans l'Histoire : des parcours généalogiques difficiles

Retrouver les femmes en généalogie : 9 astuces de recherche

Nos ancêtres au coeur de la grande Histoire - comment faire des chronologies ?

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GALLICA

Exposition Apocalypse Images

Les premières femmes élues au Conseil de la République

Les tracts de la Seconde Guerre mondiale à la Réserve des livres rares

Développement du Sport dans les catalogues du Bon Marché

Les 150 ans de Maurice Ravel

Habits de prêtres : achat sur place ou à distance

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ARCHIVES & CULTURE

Et avant les registres matricules ? – Film 396

Une maison bombardée pendant la guerre ? – Film 397

Archives inexplorées...


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LA FRANCE PITTORESQUE

Exposition Camille Benoit : une collection extraordinaire

Louise Labé, la Belle Cordière. Poétesse de la Renaissance. Portrait,biographie

Le calendrier républicain vu par les grands écrivains

Exposition Feuilleter Notre-Dame : chefs-d'œuvre de la bibliothèque médiévale

Plumes, encriers et crayons jadis

Campagnols : rongeurs dévastateurs et source de superstitions

1805 : des Canadiens demandent à Napoléon de reconquérir le Canada

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LA GAZETTE DU VENDREDI

La Grande Guerre et les Morel de Lavoine : correspondance familiale et (…)

Trois fois exilée…

GAÜ de Campagne: 1874 - Deux sacristains se gourment sévèrement dansl’église de Campagne-de-Marsan (Landes).

Dîme et défrichements en Gascogne et Quercy au XVIIIe siècle - Persée

Le décès de Jules Verne - Amiens Métropole

Elle tue l’époux qui ne peut la satisfaire

Emile Renault, fusilier marin du Commando Kieffer Mort pour la France le 6 (…)

Un destin tragique pendant la guerre franco-allemande 1870 – 1871

Pourquoi le mariage se passe dans la maison du père de la mariée ?

Railleries

Un divorce en 1710 ?

Retour à Djibouti

La visite de Napoléon III à Beaumont (Auvergne) le 29 juin 1862

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GENEALOGIE : mode d’emploi

Tutoriel - Faire une recherche inversée à partir d'une image - YouTube

Que retrouver à l'aide des Concessions funéraires ? par Christiane Menot et François Lerebourg - YouTube

Les bibliothèques numériques patrimoniales, ressources précieuses pour les recherches généalogiques (Généalogie Alsace)

Annuaires généalogiques (Généalogie pratiques)

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DES SITES, DES BLOGS et aussi des histoires…. (c’est désormais ici)

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DES PODCASTS, A ÉCOUTER

DES VIDEOS A REGARDER, SANS MODERATION….…

Personne n’a oublié la série de Chasseurs d’Héritiers : Secrets de Famille, Héritiers inconnus.. Enquête avec les Experts - Reportage - KM - YouTube

Pour ce mois de mars, j’ai revu avec grand plaisir chaque épisode.

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ET CE MOIS-CI je vous propose

RADIO MON PAIS

Histoire de la petite vérole : la maladie qui a terrorisé le XVIIIe siècle- YouTube

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Bonne lecture et belles trouvailles

Et pour ne rien perdre de toute cette actualité, cliquez sur l’image ci-dessous

mardi 25 mars 2025

La photographie post-morten

« Memento mori » est une locution latine qui signifie littéralement « souviens-toi que tu vas mourir »Pas très gai, me direz-vous, mais la mort est bien la dernière étape de notre existence et nos ancêtres l’ont trop souvent côtoyée de près ; pour beaucoup, elle était une « compagne » du quotidien ; je pense bien évidemment aux maladies, aux guerres, aux conditions de vie difficiles, aux mortalités infantiles ou aux décès de femmes en couches.

Cette expression est souvent utilisée pour rappeler la nature éphémère de la vie et l’inévitabilité de la mort. En art, un « memento mori » peut être représenté par des objets comme des crânes, des sabliers ou des fleurs fanées, symbolisant la fugacité de la vie. Mais également la photographie.

Les photographies post-mortem, également connues sous le nom de « memento mori », étaient une pratique courante au XIXe siècle, particulièrement à l’époque victorienne. Ces photographies étaient prises pour commémorer les défunts, souvent peu de temps après leur décès. Elles servaient de souvenirs tangibles pour les familles en deuil.

L’époque victorienne correspond à la période du règne de la reine Victoria au Royaume-Uni, de 1837 à 1901, une période faste marquant l’apogée de la révolution industrielle britannique, avec des avancées significatives en ingénierie, en technologie et en production industrielle. Est-il nécessaire de préciser ici que des réformes importantes ont vu le jour, comme l’extension du droit de vote à de nouveaux secteurs de la société, bien que les femmes soient, une fois de plus, largement exclues.

L’époque victorienne a été une période florissante pour la littérature, avec des auteurs célèbres comme Charles Dickens, les sœurs Brontë ou bien Oscar Wilde.  Cependant, malgré les progrès, l’époque victorienne reste marquée par de grandes inégalités sociales….

En France, nous n’avons rien à envier à nos amis anglais ; même si l’époque victorienne n’a pas de correspondance directe car spécifique au règne de la reine Victoria. la période correspondante couvre une partie de la Monarchie de Juillet (1830-1848), la Deuxième République (1848-1852), et le Second Empire (1852-1870) sous Napoléon III, suivie par la Troisième République (à partir de 1870). A l’image du royaume britannique, la France a connu une industrialisation rapide, avec des avancées technologiques et une croissance économique plus que significative. Cette période a vu l’émergence de nombreux artistes et écrivains célèbres, tels que Victor Hugo, Gustave Flaubert ou encore Édouard Manet. Sous le Second Empire, le baron Haussmann a transformé Paris, modernisant la ville avec de larges boulevards et de nouveaux immeubles.

Donc, en photographie, le concept de « memento mori » a été particulièrement présent avec la pratique de la photographie post-mortem, qui consistait à prendre une photo du défunt récemment décédé, souvent dans une pose qui le faisait paraître endormi et paisible : une mise en scène pour donner l’impression qu’il était encore en vie.

La photographie post-mortem était souvent la seule image que la famille gardait de leur être cher, surtout à une époque où les portraits photographiques étaient rares et coûteux. Cette image servait à commémorer le disparu et à atténuer la douleur du deuil.

L’invention du daguerréotype en 1839 (voir l’article NIEPCE, le père de la photographie) a rendu la photographie plus accessible et moins coûteuse, permettant à un plus grand nombre de personnes de se faire photographier, y compris après la mort. Le photographe mettait en scène le corps, imitant une posture la plus naturelle possible ; le visage pouvait être maquillés pour donner une apparence plus vivante ; le défunt, habillé de ses plus vêtements, pouvait être photographié avec des objets familiers qui lui étaient propres, comme des jouets pour les enfants ou des livres pour les adultes, afin de renforcer l’impression de vie.

Si la photographie post-mortem a commencé à être utilisée en France au milieu du 19ème siècle, son utilisation pour la justice a pris de l’ampleur un peu plus tard ; c’est vers la fin du 19ème siècle et le début du 20ème siècle que la photographie a commencé à jouer un rôle important dans les enquêtes criminelles et la médecine légale ; les photographies de scènes de crime et de victimes seront utilisées pour documenter les preuves et aider à résoudre les affaires.

Mais avant cette pratique, les morts étaient exposés….. et pour le plus grand plaisir des parisiens !

Quoiqu’il en soit la pratique était largement acceptée et faisait partie intégrante du processus de deuil ; d’ailleurs, des ateliers parisiens - comme celui de Frascari - proposaient dès 1842 des portraits à domicile de personnes décédées.

Les mœurs ont évolué, et ce qui était autrefois une pratique courante est devenu un sujet de curiosité historique. D’ailleurs, de nombreuses personnalités se font faites immortalisés dans leur sommeil éternel :Victor Hugo, Émile Zola, Lénine, Staline, Abraham Lincoln, John F. Kennedy et même d’Elvis Presley et François Mitterrand.

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Pour en savoir plus :

Photographie post-mortem — Wikipédia (wikipedia.org)

Le regard de Jeanne ou la vie des photographes itinérants

La mort à l’œuvre - La photographie post mortem - Pressesuniversitaires de Provence (openedition.org)

Comprendre la tradition victorienne de la photographie post-mortem(familytreemagazine.com)

La Photographie Mortuaire | Entre Fascination et Tabou (arnography.fr)

lundi 24 mars 2025

Alexandra DAVID-NEEL (1868-1969)

Passer de Louise Michel à Alexandra David-Neel, rien de plus facile…

Si Louise Michel est une figure emblématique de la Commune de Paris, Alexandra David-Néel est plus connue pour ses explorations et ses écrits sur le bouddhisme que pour ses sympathies anarchistes. Louise Michel a activement participé à la défense des droits des femmes et à leur éducation tandis qu’Alexandra David-Néel a défié les normes de son époque en voyageant seule à travers l’Asie et en narrant ses expériences.

Louise et Alexandra ont toutes deux utilisé l’écriture comme un moyen de diffuser leurs idées et sensibiliser le public : Louise Michel a écrit de nombreux ouvrages sur ses convictions politiques et Alexandra David-Néel a décrit ses voyages et ses découvertes spirituelles.

Quoiqu’il en soit, elles partageaient toutes deux un esprit de rébellion contre les injustices sociales et les normes établies, ce qui en fait, à mon sens, des femmes courageuses et avant-gardistes. Ce qui aujourd’hui peut nous paraître « banal », était une autre affaire à leur époque.

En généalogie, il est important de s’immerger dans le contexte pour mieux comprendre les nuances et les détails d’une situation ; la vision est plus complète, plus précise ; on développe une meilleure empathie et une plus grande sensibilité ; concernant Louise et Alexandra, on peut mesurer les obstacles auxquels elles ont du se confronter ; les siècles précédents n’ont pas toujours été très tendres avec le « deuxième sexe ».

Si j’ai tardivement découvert Louise Michel – tel que je l’ai présentée dans les articles précédents – depuis mon adolescence, j’ai dévoré les livres d’Alexandra David-Neel.

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En 1924, Alexandra David-Neel fut la première femme occidentale à atteindre Lhassa, capitale du Tibet, une cité monastique, à près de 3600 mètre d’altitude - dans la chaîne montagneuse de l’Himalaya - dont l'entrée était interdite aux étrangers. Elle y parvient déguisée en mendiante après un périple de 2.000 kilomètres avec le jeune Aphur Yongden, son fils adoptif.

Alexandra David-Néel (1868-1969) a été une exploratrice intrépide, écrivaine et adepte du bouddhisme.

Sa vie a été marquée par une quête incessante de connaissance et de spiritualité, défiant les conventions sociales de son époque et inspirant des générations de chercheurs et de voyageurs.

Très tôt dans mon adolescence, j’ai apprécié la lecture de ses récits ; son héritage perdure aujourd'hui, rappelant l'importance de la curiosité, du courage et de la persévérance dans la découverte de nouveaux horizons, tant géographiques que spirituels. Et d’autant plus lorsque l’on est une femme de la fin du XIXème siècle…..

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Louise Eugénie Alexandrine Marie David est née le 24 octobre 1868 à Saint-Mandé (AD 94 n°77 page 78/164)

Elle est la fille unique de

  • Louis Pierre David (Tours 1815 – Bruxelles 1904), franc-maçon issu d'une famille huguenote, instituteur, militant républicain lors de la révolution de 1848, ami de Victor Hugo et d’Elisée Reclus, célèbre géographe anarchiste,

  • Alexandrine Borgmans, 36 ans, sans profession, belge catholique, née de père inconnu.

Son grand-père paternel Pierre (1780 – 1849) fut caporal au 47ème Régiment de ligne (1810), militaire (1815), officier en retraite (1849), instituteur en primaire (1849).

Ses parents étant déjà âgés, Alexandra passe une enfance isolée, férue de Jules Verne, et rêvant de quitter au plus vite sa famille. Un petit frère Jules Louis Alexandre Marie est né le 30 décembre 1872 ( AD94 n°148 page 71/248) pour décéder six mois plus tard : Alexandra avait alors 5 ans.

La jeunesse d'Alexandra David-Néel est marquée par une curiosité insatiable et une soif de découverte. Elle grandit dans un environnement intellectuel et artistique, et dès son plus jeune âge, elle montre un intérêt pour l'exploration et les cultures étrangères, lisant avidement des récits de voyages et des ouvrages sur l'Orient.

À l'âge de 18 ans, elle se rebelle contre les attentes sociales de l'époque, refusant un mariage arrangé et choisissant de poursuivre ses propres aspirations. Elle commence à voyager, explorant l'Europe et développant un intérêt particulier pour l'Inde et le bouddhisme. Elle se lance intensément dans les études, apprenant plusieurs langues étrangères, notamment le sanskrit et le tibétain, ainsi que des disciplines telles que la philosophie et la théosophie. Il semble que cette période de formation a jeté les bases de ses voyages futurs et de son engagement envers la spiritualité orientale.

A 21 ans, elle est donc une inconditionnelle des arts asiatiques, qu’elle a découvert au musée Guimet à Paris ; elle se convertit au boudhisme ; elle apprend le sanskhit et le tibétain.

« Alexandra Myrial » est le pseudonyme qu’elle a utilisé durant sa carrière d’artiste ; elle a chanté dans différents pays, y compris en Indochine, où elle était la chanteuse principale à l’Opéra de Hanoï pendant les saisons 1895-1897.

Sa carrière de cantatrice qui a duré dix ans

Elle a interprété le rôle de Laure de Noves dans l’opéra Pétrarque d’Hippolyte Duprat à Toulon en janvier et février 1899. Elle a joué dans La Traviata de Verdi, Les Noces de Jeannette de Victor Massé, Faust et Mireille de Gounod, Lakmé de Delibes, Carmen de Bizet, Thaïs de Massenet ; elle a même écrit drame lyrique en un acte en collaboration avec le pianiste-compositeur Jean Haustont.

Lors d’une excursion à Tunis, elle rencontre Philippe François Néel, brillant ingénieur de la Compagnie des Chemins de Fer Bône-Guelma ; ils se marient le 4 avril 1904 à Tunis ; Alexandra a près de 36 ans et Philippe 43 ans. Mais leur union est particulière ; Alexandra est avide de liberté et réfractaire à la vie conjugale et Philippe est quelque peu bourgeois et volage. Au bout de quelques mois de mariage, Alexandra commence à voyager…. Philippe ne s’y oppose pas – a t-il vraiment le choix ?! - et une correspondance régulière s’instaure entre les deux époux ; Philippe sera le meilleur confident d’Alexandra… et son banquier…

On peut s’interroger sur cette union peu conventionnelle. Alexandra a décrit leur mariage comme étant « par défi et par méchanceté ». Ils se sont mariés plus par provocation que par amour, ce qui a donné le ton à leur relation. Bien qu’ils aient eu des différences majeures, ils ont entretenu un respect mutuel ; Philippe a soutenu Alexandra dans ses explorations et ses travaux intellectuels, même s’il ne partageait pas toujours ses convictions ; Alexandra a poursuivi ses voyages et ses recherches, tandis que Philippe menait sa propre vie, soutenant moralement et financièrement les expéditions de son épouse.

En tant qu’ingénieur en chef des chemins de fer tunisiens, Philippe Neel avait un esprit analytique et curieux ; Alexandra, avec ses études sur le bouddhisme et les cultures asiatiques, partageait cette curiosité intellectuelle, lors de longues correspondances. Philippe Neel était très engagé dans son travail ; il a d’ailleurs supervisé la construction de plusieurs lignes ferroviaires en Afrique du Nord. Durant les absences très prolongés de sa femme, il aimait passer du temps en mer, sur son yach « l’hirondelle », où il « sociabilisait » ses conquêtes...

Alexandra David-Néel est surtout connue pour son esprit aventureux et ses contributions significatives aux études orientales. Elle a rencontré en 1914 un jeune moine tibétain de 14 ans, Aphur Yongden ; au fil de ses expéditions, il est devenu son compagnon de voyage, traducteur, co-auteur et finalement son fils adoptif.

Durant la Première Guerre, Alexandra David-Néel n’a pas échappé au conflit mondial : Après l’invasion britannique de 1904, la chute de la dynastie Qing en 1911, le Tibet a expulsé les autorités chinoises et a proclamé son indépendance en 1913 sous le 13ème dalaï-lama (1876 – 1933) ; toutefois, cette indépendance n’a pas été reconnue internationalement, et la Chine a continué à revendiquer le territoire tibétain.

En 1914, la convention de Simla a été signée entre les Britanniques et les Tibétains, redéfinissant le statut du Tibet et la frontière entre le Tibet et la Chine ; mais cette période reste marquée par des tensions et des négociations continuelles entre les deux pays et la puissance coloniale de la Grande-Bretagne.

Le Tibet a été touché par des pénuries de nourriture et autres ressources en raison des perturbations causées par la guerre.

Et pourtant, en 1924, Alexandra David-Néel sera la première femme occidentale à pénétrer dans Lhassa, la capitale du Tibet, interdite aux étrangers.

On peut dire qu’Alexandra David-Néel était une femme libertaire. Orientaliste, tibétologue, chanteuse d’opéra, féministe, journaliste, romancière, féministe, elle est restée déterminée.

En 1925, elle rentre en France avec son fils adoptif ; Ils s’installent à Digne-les-Bains, où elle a acheté une maison « Samten Dzong » . Aphur Yongden l‘accompagne dans ses tournées de conférences en France et en Europe.

Puis ils sont repartis en Asie entre 1937.

Durant la Seconde Guerre mondiale, le Tibet a maintenu une position de neutralité, mais son isolement géopolitique a rendu difficile l’obtention du soutien international et la reconnaissance de son indépendance ; le Tibet a également été le site d’expéditions étrangères, notamment l’expédition allemande de 1938-1939, qui avait des objectifs géostratégiques et racistes sous le patronage du Troisième Reich.

En 1946, Alexandra et son fils adoptif reviennent en France définitivement, dans la grande maison de Digne-les-Bains. Philippe Neel est décédé le 8 février 1941 à Saint Laurent d’Aigouze dans le Gard : le couple n’a jamais divorcé.

Et puis, Aphur Yongden est tombé malade et est décédé à son tour en 1955 d’une crise d’urémie foudroyante….

Alexandra David-Néel a été profondément affectée par le décès de son fils adoptif, mais elle a continué à vivre dans sa résidence à Digne-les-Bains, ; elle a poursuivi ses travaux d’écriture et de recherche. Et malgré la douleur de cette perte, elle a trouvé la force de continuer grâce à sa détermination et à son engagement envers ses projets intellectuels et spirituels.

En tant que bouddhiste pratiquante, d’une grande force intérieure et d’une détermination remarquable, Alexandra a probablement trouvé du réconfort dans ses pratiques méditatives ; elle a également été soutenue par Marie-Madeleine Peyronnet, devenue son assistante, son amie dévouée, et une compagnie précieuse durant les dernières années de sa vie.

Alexandra David-Néel s’est éteinte le 8 septembre 1969 à Digne-les-Bains.

Elle était une femme de conviction, féministe, pacifiste et anticolonialiste. Elle s’est battue pour l’égalité des droits entre les hommes et les femmes et pour la paix dans le monde. Ses travaux d’érudits, accessibles au plus grand nombre, ont largement contribué à faire connaître l’Orient.

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Pour en savoir plus
 :

Le siècle d'Alexandra David-Néel (France Culture)

Wikipedia

Geneastar

https://www.alexandra-david-neel.fr/

Alexandra David-Neel / Bouddhisme et drapeau noir (Cairn)

La maison Alexandra David-Neel (site de Dignes les Bains)

The Lost Ones : Alexandra David-Néel (Arte)

Au milieu de l'Himalaya, avec Alexandra David-Néel une émission deGuillaume Gallienne

Alexandra David Neel = Une parisienne à Lhassa (Arte)

Le Maitron

Alexandra David-Néel, exploratrice et musicienne (L’influx)

AlexandraDavid-Néel / d'Éric Le Nabour | Gallica (bnf.fr)

Le sortilège du mystère : faits étranges et gens bizarres rencontrésau long de mes routes d'Orient et d'Occident / Alexandra David-Néel (Gallica)

Toutes les œuvres d’A. David-Neel (Wikipedia)

Madeleine PELLETIER, une femme avant-gardiste (1874 - 1939)

Anne Pelletier est née le 18 mai 1874 à Paris 2ème au 38 rue des Petits Carreaux (AD 75 n° 727 page 7/31), un quartier très pauvre ; son père Louis, 43 ans, ancien cocher de fiacre, s’est reconverti dans un commerce de fruits et légumes. Sa mère Anne Passavy, 37 ans, secondait son époux dans le magasin.

Alors que Anne avait 4 ans, son père s’est retrouvé invalide à la suite d’un accident vasculaire cérébral ; il passa alors beaucoup de temps à s’occuper de sa fille jusqu’à son décès en 1889 : Anne avait 15 ans.

Si Anne était une brillante élève à l’école, sa mère l’a peu encouragée dans les études ; elle était une femme rude et peu maternelle ; on peut aisément comprendre la situation entre mère et fille, dans un environnement de grande précarité, où la mère devait faire face au quotidien ; elle aurait eu douze grossesses, mais seulement deux enfants à l’âge adulte….. Il a fallu malgré tout, continuer à vivre, faire bouillir la marmite et régler les factures.

Pour se démarquer d’une mère qu’elle appréciait peu, Anne prend le prénom de « Madeleine » ; à l’encontre d’un père qui lui a transmis « un message de démystification des mensonges et des hypocrisies, notamment sexuelles », d’un père aimant qui la traitait en garçon, sa mère veut l’enfermer sans son rôle féminin et lui inculque la « moindre valeur des femmes » précisant qu’une femme doit se marier, avoir des enfants et savoir faire la cuisine. Madeleine concède toutefois que, si sa mère n’est pas cultivée, elle n’en demeure pas moins intelligente.

Sous la domination d’une mère maltraitante, Madeleine fait alors preuve d’une grande force de caractère, avec une ambition hors du commun et un goût certain pour la politique. Très tôt elle fréquente des groupes socialistes et anarchistes qui l’ont façonnée jusqu’à sa mort.

Madeleine attendra le décès de sa mère pour commencer des études de médecine en 1898. Elle a passé son baccalauréat en autodidacte et entre en Faculté ; sur 4500 étudiants inscrits, elles ne sont que 129 femmes ! Après avoir brillamment soutenue sa thèse, elle entre en 1904 à l’hôpital Saint-Anne.

Madeleine ne cessera jamais de se battre contre les « tracasseries naissantes de ses collègues de travail », contre une société d’hommes misogynes qui affirment haut et fort que « la seule carrière consentie pour la femme, c’est le mariage. »

Toute sa vie, Madeleine Pelletier a lutté pour être reconnue et démontrer « comment en France, on traite les femmes qui se disent intellectuelles. »

Elle revendique sa différence, à commencer par son apparence physique : « mon costume dit à l’homme : je suis ton égal ! »

Parallèlement à sa carrière médicale, Madeleine continue à militer activement pour ses convictions ; membre de la Section française de l’Internationale ouvrière (SFIO), elle travaille activement pour faire avancer la cause des femmes au sein de cette organisation et de la franc-maçonnerie.

Car Madeleine Pelletier était effectivement franc-maçonne. En 1906, elle a été initiée à la franc-maçonnerie à la Loge n°3 « Philosophie sociale », de la Grande Loge Symbolique Ecossaise, qui était ouverte aux femmes. Elle est ensuite entrée dans la loge Diderot, dont elle est devenue « Vénérable Maître ». Après la guerre, elle a adhéré au Droit Humain.

Toujours soucieuse de réhabiliter les femmes dans leurs droits, refusant par ailleurs toute domination et toute exploitation, elle est mise à l’écart des partis politiques et se voit contrainte de se rapprocher des mouvements anarchistes.

En 1937, Madeleine Pelletier devient hémiplégique du côté droit, suite à un accident vasculaire cérébral (AVC). Malgré son handicap, elle continue à se battre pour ses causes. Mais en 1939, elle est accusée d’avoir aidée une jeune fille violée à avorter ; elle est internée d’office à Perray Vaucluse, jugée irresponsable de ses actes, atteinte d’une démence totale ( au regard de l’article 64 du Code Pénal / en vigueur de 1810 à 1994) reconnue dangereuse pour l’ordre public et la sécurité des personnes, et atteinte d’affaiblissement intellectuel.

Elle meurt, seule et malheureuse, dans cet asile psychiatrique, ne recevant que la rare visite de son amie Hélène Brion.

Anne (Madeleine) Pelletier est donc décédée le 29 décembre 1939 à Epinay sur Orge (AD 91 n°284 page 75/81) ; son nom est bien inscrit sur le registre des entrées et des sorties, mais son dossier médical a disparu.

Madeleine répondrait tout simplement : « voilà comment en France on traite les femmes qui se disent intellectuelles. »

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Pour en savoir plus :

Généalogiede Madeleine Pelletier (Geneanet)

WikiRouge

Savoirs d’histoire

Wikipedia

La Franc-Maçonnerie féminine

Mon voyage aventureux en Russie communiste / Dsse Pelletier (Gallica)


Madeleine Pelletier, la santé des femmes à cœur
(FeministoClic)

Le mensonge du féminisme : opinions de Léon H... / recueillies etpubliées par Théodore Joran (Gallica)

PELLETIER Madeleine [PELLETIER Anne, Madeleine] (Le Maitron)

Madeleine Pelletier, psychiatre travestie (Double genre)

Madeleine Pelletier (1874-1939) : conférence du lundi 23 janvier 2012 /Christine Bard, aut. du texte (Gallica)

L’incroyable histoire de l’asile psychiatrique de Perray-Vaucluse (Paris-Saclay et son histoire)