mercredi 20 août 2025

Fleur de tonnerre de Jean TEULE

Ce roman retrace la vie romancée d’Hélène Jégado, une tueuse en série bretonne du XIXe siècle, considérée comme l’une des plus prolifiques de l’histoire française. Née en 1803, surnommée Fleur de Tonnerre par sa mère, elle grandit dans un univers imprégné de légendes celtiques, de superstitions, et de la figure de l’Ankou, personnification de la mort en Basse-Bretagne.

Convaincue d’être l’instrument de cette entité funèbre, Hélène parcourt la Bretagne pendant près de vingt ans, se faisant employer comme cuisinière dans des presbytères tout d’abord, puis des maisons bourgeoises – et même une auberge militaire !… et empoisonne méthodiquement ceux qui croisent sa route — hommes, femmes, enfants, vieillards — à l’arsenic « reusenic’h », intelligemment dissimulé dans ses soupes et plats.

Une « soupe aux herbes à en tomber le front dans l’assiette, gâteau émerveillant à s’en attraper la gorge à deux mains »… et ce n’est pas peu dire !

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Jean Teulé mêle humour noir, poésie macabre et réalisme historique pour dresser le portrait d’une femme à la fois monstrueuse et fascinante, nourrie de folklore et de solitude.

Si ce livre est quelquefois déroutant à la lecture, tant le style de Jean Teulé est très oral, rythmé et parfois cru, les nombreux dialogues nous plongent dans les mentalités populaires, et les expressions bretonnes ajoutent de l’authenticité ; elles peuvent toutefois freiner la compréhension. Certains termes comme Ankou, gwerz, ou fleur de tonnerre ont une forte charge symbolique et appartiennent au « brezhoneg ».

Mais ce roman est intéressant à plein des égards : il se déroule en Bretagne au XIXe siècle, une période riche en mutations sociales, religieuses et culturelles ; il offre un aperçu de la vie quotidienne, des métiers, des structures familiales, et des relations sociales dans les campagnes bretonnes. On y découvre les affres de la « fièvre, choléra, malédiction…. Car la Bretage est pétrie de mauvais sorts et de légendes de toutes sortes ».

Hélène Jégado a traversé de nombreuses communes bretonnes où elle a laissé quelques traces : Plouhinec, Bubry, Seghien, Trédarzec, Guern, Locminé, Auray, Pontivy, Hennbont, Lorient, Ploemer, Port Louis, Vannes et Rennes. Cela peut aider, éventuellement, à localiser des ancêtres ou à comprendre les migrations internes dans la région à cette époque.

Le roman est imprégné de folklore breton, notamment autour de l’Ankou, des superstitions, et des rites funéraires. Hélène Jégado vivait « au milieu des ombres des Korrigans et des fées « ; ces éléments peuvent éclairer les mentalités de l’époque et les pratiques religieuses qui influençaient les actes civils (baptêmes, mariages, décès).

Malheureusement, il faudra attendre les 4/5 du livre pour arriver à son arrestation le 2 juillet 1851, à Rennes. Après une série de décès suspects dans la maison de Théophile Bidard de la Noë, « professeur de droit à la Faculté de Rennes et ancien Substitut du Procureur de la République », Hélène Jegado est soupçonné d’empoisonnement.

Le procès s’ouvre le 6 décembre 1851, devant la Cour d’assises d’Ille-et-Vilaine ; elle est jugée pour 27 empoisonnements, mais la justice ne retient que 5 meurtres, les autres étant prescrits. Malgré son déni total des faits, les preuves médico-légales et les témoignages accablants suffisent à convaincre les jurés.

Au procès, elle apparaît « renfrognée, front bas et dur, devenue laide comme une sorcière qui se serait échappée de la lande bretonne »…..

Elle est condamnée à mort le 14 décembre 1851 ; sa grâce étant refusée par Louis Napoléon Bonaparte, elle est guillotinée le 26 février 1852, à 7h du matin, sur la place du Champ-de-Mars à Rennes, devant une foule immense.

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Ainsi, Hélène Jégado a réellement existé : elle est née le 17 juin 1803 (28 Prairial An XI) à Plouhinec, en Basse-Bretagne ; un généalogiste pourrait être intrigué par son arbre généalogique, ses origines familiales, ou même par des liens collatéraux avec des familles locales, et susciter des recherches dans les archives judiciaires, paroissiales, ou d’état civil. Ce ne sont pas les récits qui manquent !

Si vous faites des recherches en Bretagne ou avez des ancêtres du XIXe siècle dans cette région, ce roman peut être une porte d’entrée originale pour mieux comprendre leur environnement.

La vie d’Hélène Jégado est surprenante. Alors folie ou croyance morbide ?

Hélène Jégado entretenait une forme de délire mystique autour de la figure de l’Ankou, le messager de la mort dans la tradition bretonne. On peut aisément supposé qu’elle aurait été traumatisée dès l’enfance.

Figure obsédante, l’Ankou est un personnage du folklore breton, souvent représenté comme un squelette vêtu d’un manteau noir, conduisant une charrette pour emporter les âmes des morts. Elevée dans une Bretagne rurale engluée de légendes, marquée par la ferveur religieuse, Hélène Jégado se serait identifiée à l’Ankou, se voyant comme une élue de la mort, chargée d’accomplir une mission funèbre.

Mais elle n’a jamais été reconnue «  folle » au sens juridique du terme, mais fallait-il encore avoir la notion « d’irresponsabilité » à cette époque ; elle nie tous les faits jusqu’au bout, sans jamais exprimer de remords, ce qui a renforcé son image de femme froide, calculatrice, lucide. De même, son comportement — son calme face à la mort, son obsession pour les enterrements, et son goût pour les poisons — laisse penser à une personnalité « pathologique », peut-être marquée par des troubles psychiques non diagnostiqués. Car elle le dit : « elle est devenue l’Ankou pour devenir quelqu’un d’important », égarée dans les légendes bretonnes….

Elle a été guillotinée à 48 ans.

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Pour en savoir plus :

Plouhinec : Histoire, Patrimoine, Noblesse (commune du canton de Pont-Croix)

Portrait d'une condamnée à mort- Hélène Jégado - Champs de Justice

Archives et patrimoine de Lorient: Jégado Hélène

Hélène Jégado (Archives du Morbihan)

Accueil − Portail numérique de la langue bretonne

Hélène JEGADO : généalogie par Antistar (antistar) - Geneanet

Hélène Jégado (Archives du Morbihan)

Portrait d'une condamnée à mort- Hélène Jégado - Champs de Justice

Hélène Jégado, 1833-1851 - L'Ankou en chair et en os

Hélène Jégado, l'empoisonneuse en série, aux Assises de Rennes —WikiRennes

Hélène Jégado, l’empoisonneuse en série | ici

L'Ankou : Le messager de la mort - Légende de Bretagne

#03 - L’affaire de l’Ankou de Plouhinec - #FrenchHorrorStory #Horreur #threads #HorreurFrançaise - YouTube

LA JEGADO - YouTube

mardi 19 août 2025

Construire ou Reconstruire Mon Arbre, Sosa par Sosa

Après avoir pris le temps de configurer minutieusement les paramètres de GENEATIQUE, de personnaliser mon environnement de travail et de m'approprier les nouvelles fonctionnalités, le moment est venu de m'attaquer au cœur de ma généalogie : la construction et la consolidation de mon arbre.

Je m'engage désormais dans une démarche méthodique et rigoureuse : renseigner un à un tous mes ancêtres SOSA, en y associant systématiquement les documents justificatifs. Pour moi, il ne s'agit pas seulement de saisir des informations ; c'est une véritable reconstruction et une vérification approfondie de chaque donnée.

C'est un peu comme si je recommençais à zéro, mais avec la puissance et l'organisation offertes par Généatique. Pour chaque Sosa, je reprends les informations, je les confronte aux actes originaux (naissance, mariage, décès, recensements, etc.), et je m'assure de l'exactitude de chaque date, de chaque lieu, de chaque lien de parenté.

Cette étape est cruciale. Elle me permet non seulement de bâtir un arbre solide et fiable, mais aussi de découvrir de nouveaux détails, de corriger d'éventuelles erreurs passées et d'enrichir les histoires de vie de mes ancêtres avec la précision des sources primaires. C'est un travail de fourmi, certes, mais infiniment gratifiant, car il garantit la robustesse de ma généalogie et donne une profondeur inédite à chaque individu de ma lignée.

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Bien évidemment, cette étape passe par le téléchargement d’un fichier GEDCOM.

GEDCOM signifie Genealogical Data Communication ; c’est un format standardisé (.ged) permettant d’échanger des données généalogiques entre différents logiciels ou plateformes.

Ce fichier texte brut contient des informations tels que les noms, dates, lieux, relations familiales, sources, notes, etc. Inutile de l’ouvrir, vous ne comprendrez pas son langage…..

Je fais télécharger un fichier GEDCOM de ma généalogie de GENEANET sur GENEATIQUE.

1. Export du fichier GEDCOM de GENEANET en suivant le chemin : Menu / Exporter et Restaurer

2. Import de ce même fichier GEDCOM vers GENEATIQUE en suivant le chemin depuis la page d’accueil : Restaurer et Importer / Gedcom

Une nouvelle page s’ouvre pour aller chercher mon fichier dans le dossier « téléchargement » du PC et mon arbre apparaît !

De nombreux débutants font souvent l’impasse sur ce fichier GEDCOM, pourtant indispensable ; il permet de sauvegarder son travail – que dis-je des heures de travail ! – de transférer vers un autre logiciel (Geneanet, Filae, Heredis…) voire de partager son arbre avec d’autres généalogistes.

Mais attention ! certains formats GEDCOM peuvent varier légèrement selon les logiciels ; il est conseillé de vérifier les données après importation, notamment les sources et les médias.

Je viens de transférer mes données de GENEANET vers GENEATIQUE, mais les résultats sont différents : pourquoi ?

Si le GEDCOM est un format standard, son interprétation peut légèrement différer d'un logiciel à l'autre ; lors du transfert de GENEANET vers GENEATIQUE, le fichier GEDCOM peut contenir des informations qui ne sont pas toutes traitées de la même manière. Certains tags ou relations peuvent être ignorés, ou au contraire, donner lieu à la création d'un nouvel individu pour ne rien perdre de l'information.

GENEANET exclut certains individus du décompte :

  • Les personnes sans lien direct avec l’arbre principal (témoins, conjoints sans ascendance, etc.)

  • Les individus marqués comme « privés » ou « masqués »

  • Les doublons non fusionnés

GENEATIQUE, par contre, compte tous les individus présents dans le fichier GEDCOM, y compris :

  • Les conjoints sans ascendance

  • Les enfants sans descendance

  • Les témoins ou personnes secondaires si elles ont été enregistrées comme individus

Par conséquent, GENEATIQUE peut afficher plus d’individus même si l’arbre est identique en contenu. Cette différence de nombre ne signifie pas que j’ai perdu des données, mais au contraire, il est fort probable que j’ai des doublons à fusionner.

C'est l'occasion de faire un travail de vérification et de nettoyage de la base de données pour assurer que tout est exact !

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Pourtant, la généalogie n’est pas une science exacte au sens strict du terme, même si elle s’en approche par certains aspects.

Le généalogiste utilise des sources primaires (actes d’état civil, registres paroissiaux, archives notariales…) et applique des règles de vérification, de croisement et de citation, nécessitant une méthodologie rigoureuse ; la construction d’un arbre repose sur des liens vérifiables, des dates compatibles, et une chronologie cohérente.

Toutefois les documents anciens peuvent contenir des erreurs, des omissions, des homonymes, voire des falsifications ; de même, la lecture d’un acte ancien demande des compétences en paléographie, et parfois une part de supposition ; il faut être honnête, en l’absence de preuve formelle, certaines filiations restent hypothétiques ou sujettes à débat.

La généalogie est donc une discipline historique, documentaire, et humaine, fondée sur des faits mais traversée par des incertitudes. Elle demande autant de rigueur que de prudence, et parfois un brin d’intuition. Et donne tellement de bonheur à celles et ceux qui la pratique !

Comment démarrer un nouveau fichier dans Généatique

Au départ, j’avais envisagé de consacrer le prochain Challenge AZ à une présentation détaillée du logiciel Généatique — une idée qui me trottait dans la tête depuis cet été. Ce logiciel, à la fois puissant et intuitif, s’adresse aussi bien aux débutants qu’aux généalogistes expérimentés. Mon intention était de mettre en lumière ses fonctionnalités à travers des exemples concrets tirés de mes propres recherches.

Mais finalement… j’ai changé d’avis.

Dans un précédent article, je partageais mes hésitations et mes pistes de réflexion. Et puis, une évidence s’est imposée : je ne vais pas attendre plusieurs mois pour avancer sur mon arbre ! Alors, plutôt que de réserver Généatique au Challenge AZ, j’ai décidé de vous en parler dès maintenant — au fil de mes découvertes, de mes essais, de mes réussites… et de mes tâtonnements.

Ce que je vous propose, ce n’est pas un guide exhaustif, ni une démonstration technique. Ce sera une série d’articles pensés pour les novices, dans lesquels je partagerai ce que j’ai compris du logiciel, ce que j’en retiens, et les difficultés que j’ai rencontrées. Parce qu’il est souvent rassurant — et utile — de lire les astuces glanées au fil des pages, les petites trouvailles ou les solutions auxquelles je n’aurais pas pensé seule.

*

Développé par le CDIP, Généatique est un logiciel français de généalogie reconnu pour sa richesse fonctionnelle, sa simplicité d’utilisation et son adaptabilité à tous les niveaux, du débutant au généalogiste chevronné. Il permet de saisir, visualiser et enrichir son arbre généalogique avec une grande souplesse, tout en offrant des outils puissants comme :

  • La transcription assistée d’actes anciens grâce à l’intelligence artificielle.

  • L’édition de livres de généalogie personnalisés

  • L’import/export de fichiers GEDCOM.

  • La gestion des implexes, des migrations, et des notices biographiques.

Avant d’aller plus loin, je tiens à préciser que ma démarche autour de Généatique est entièrement altruiste. Je n’ai aucun lien commercial avec le logiciel, ni avec le CDIP qui le développe. Je ne bénéficie d’aucun avantage, d’aucune rémunération, ni d’aucune contrepartie, quelle qu’elle soit.

Si je parle de Généatique, c’est simplement parce que je l’utilise dans le cadre de mes recherches personnelles en généalogie, et que j’ai envie de partager mon expérience — mes découvertes, mes difficultés, mes astuces — avec d’autres passionnés, en particulier ceux qui débutent.

Mon objectif est de contribuer, à ma modeste échelle, à une communauté d’entraide où chacun peut apprendre des autres. Rien de plus.

Alors commençons !

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Lorsque vous ouvrez Généatique, vous tombez sur cette page d’accueil :

Laissez-vous guider pas à pas :

  • Cliquez sur le dossier « Ouvrir et Créer »

  • Dans la section « Création d’un nouveau dossier » saisissez le nom de votre dossier, par exemple celui de votre famille

  • Cliquez sur « Créer » et démarrez votre arbre généalogique : attention ! C’est un hobby qui risque de durer pas mal d’années et très chronophage !!! Mais quand on aime, on ne compte !

Une fois le dossier créé, vous remplissez les cases….

L’arbre s’affiche à l’écran, avec vous au centre, vos parents au-dessus, conjoint(s) et enfants en dessous.

Les onglets successifs « Parents, Enfants, Frères et sœurs, Conjoint » permettent ajouter d’autres personnes.

Dans l’écran de saisie en bas, vous pouvez entrer événements, sources, illustrations, notes…. De quoi vous occuper quelques heures !

Généatique propose une saisie assistée pour accélérer l’entrée des données mais surtout éviter les erreurs de frappe ; le logiciel signale également les incohérences.

Puisque nul n’est à l’abri d’erreur, il existe une fonction pour rechercher les doublons et fusionner les fiches ou les branches, avec comparaison automatique des informations pour éviter les erreurs lors de la fusion.

Que vous préfériez la rigueur d'un logiciel spécialisé, la convivialité d'une plateforme en ligne, ou bien encore le charme intemporel du papier et du crayon, le principe fondamental de la généalogie reste universel : on commence toujours par ce que l'on connaît le mieux... soi-même !

C'est la règle d'or, le point de départ inaltérable de toute quête généalogique. Avant de vous lancer dans la recherche d'ancêtres lointains ou de vous perdre dans des archives complexes, la première étape consiste à recueillir toutes les informations que vous possédez sur votre famille proche ; on remonte ensuite, pas à pas, génération après génération.

Dans Généatique, l’arbre généalogique est toujours visible à l’écran, en haut, avec la fiche de saisie en bas ; la navigation est fluide et un simple clic sur une personne permet d’accéder à sa fiche et à ses relations. De plus, le logiciel fonctionne avec des liens contextuels, ce qui augmente aisément l’utilisation.

1. Personnaliser son arbre

Parce qu’il est important de commencer par du « ludique » et que, pour ma part, je ne peux travailler sur un arbre qui ne me plaît pas, passons à la personnalisation de notre arbre.

Dans le menu de gauche, il y a 3 petits arbres : ce sont des présentations visuelles différentes de l’arbre généalogique, que vous pouvez choisir selon vos préférences ou vos besoins d’affichage :

Modèle 1 : Arbre standard ascendant ou descendant

Les générations sont alignées verticalement ou horizontalement ; les liens familiaux directs (parents, enfants, conjoints)sont affichés ; c’est une vue idéale, synthétique et rapide de la lignée

  • Modèle 2 : Arbre illustré ou décoratif

Les photos, blasons, ou symboles sont intégrés dans les cases ; la mise en page est plus artistique (ex. : fond parchemin, style manuscrit) ; c’est une vue parfaite pour une impression ou un partage familial

  • Modèle 3 : Arbre circulaire ou en éventail

Comme son nom l’indique, c’est une représentation radiale autour d’un individu central ; elle est très utile pour visualiser plusieurs générations en un seul coup d’œil. Esthétique originale, elle est souvent utilisée pour les arbres d’ascendance.

Pour choisir un modèle, il suffit de cliquez sur l’un des modèles d’arbre 1,2 ou 3.

Pour personnaliser votre arbre, rendez-vous dans le menu de droite « choix d’un modèle d’arbre ». Il existe près de 300 modèles d’arbres personnalisables (couleurs, symboles, photos, blasons, etc) vous permettant d’ajouter des illustrations (actes, portraits, cartes postales) pour enrichir visuellement l’arbre :

  • Favoris

  • Ascendants

  • Descendants

  • Mixtes

  • Chronologiques

  • Photo

  • Artistiques

  • Circulaires ascendants

  • Circulaires descendants

  • Branches artistiques

  • Dessins artistiques de J-B Laurent

  • Psychogénéalogiques

  • Auto

  • Format A4

  • Étiquettes

Je crois les avoir tous énoncés : on peut dire qu’il y en a pour tous les goûts !

Chaque modèle d’arbre s’imprime en pdf.

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2. Changer les couleurs des cases

Dans le menu de gauche, cliquez sur l’icone du petit arbre avec des outils pour paramétrer votre arbre : vous pouvez alors choisir les couleurs des cases de votre arbre, mais vous pouvez également activer la gestion des implexes ; vous voyez sur mon exemple que mon arbre est sur fond « noir », idéal pour « protéger » vos yeux lorsque vous travailler longtemps sur l’écran.

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3. Les préférences

Même si cela est douloureux pour certains, il est indispensable, à l’acquisition d’un logiciel, de faire un petit tour dans les « préférences » ; vous pourrez d’ailleurs y retourner régulièrement au fil de l’avancée de votre arbre.

Dans le bandeau du haut, le menu « Préférences », on distingue :

  • les préférences pour ma généalogie

  • les préférences liées l’utilisation de Généatique

Dans le menu « Préférences / Préférences pour cette généalogie », vous pouvez ajuster :

  • les rubriques personnalisées (ajouter des champs comme « nationalité », « source », etc.)

  • les équivalences de lieux ou prénoms, utile pour harmoniser les saisies

  • la structure de la base (types d’événements, relations, etc.)

  • et la synchronisation ; elle vous permettra de garder votre généalogie à jour sur plusieurs supports : PC, le site Geneatique.net, smartphone ou tablette ; c’est une fonction très pratique pour travailler partout, partager avec vos proches, ou sécuriser vos recherches.

Dans le menu « Préférences / Préférences dans l’utilisation de Généatique », plusieurs onglets sont disponibles :

    • des préférences d’affichage

    • des répertoires par défaut.

dimanche 10 août 2025

Commencer par s'intéresser au territoire : les Landes


Avant de se lancer dans la recherche d'une branche généalogique, et plus particulièrement dans une région aussi riche que les Landes, il est essentiel de faire une pause. Plonger directement dans les registres et les bases de données, sans avoir une compréhension du contexte géographique et historique, c'est comme tenter de résoudre une énigme sans toutes les pièces du puzzle.

Pour une recherche dans les Landes, s'intéresser au territoire, c'est s'ouvrir à une multitude d'indices qui ne se trouvent pas dans les actes d'état civil. Ce qui vaut pour les Landes, est également vrai pour l’Alsace, le Nord, la Bretagne…..

Les Landes, c'est un vaste territoire, marqué par les forêts de pins, les zones marécageuses et la proximité de l'océan. La géographie a profondément influencé les modes de vie et les déplacements des habitants. S'informer sur les voies de communication, les grandes propriétés, les hameaux isolés ou les villages littoraux peut vous aider à comprendre pourquoi vos ancêtres ont migré (ou non) et où il est le plus pertinent de chercher.

Chaque village, chaque canton a sa propre histoire. Des épidémies, des guerres, des famines, des catastrophes naturelles (comme les incendies de forêt), mais aussi le développement de l'industrie du gemmage ou l'arrivée du chemin de fer, sont autant d'événements qui ont marqué les populations et qui peuvent expliquer un acte de décès groupé, une migration subite ou un changement de profession.

Dans les Landes, comme dans beaucoup d'autres régions, les noms de famille peuvent être très spécifiques ou, à l'inverse, très répandus. De même, la toponymie (les noms de lieux) a ses propres règles et ses particularités. Se familiariser avec ces spécificités peut éviter des confusions et orienter vers les bonnes sources.

Alors, avant de me lancer dans la traque d'un ancêtre landais, j’ai pris le temps de découvrir son territoire, un territoire totalement inconnu pour moi. J’ai recherché des cartes anciennes, des ouvrages d'histoire locale ; bref, je me suis imprégnée de la culture de la région.

Et je n'ai pas été déçue du voyage....

Car il s’agit bien d’un voyage….

J'ai vécu un moment à la fois simple et profondément émouvant. En écoutant une femme gasconne parler, j'ai été submergée par un sentiment de familiarité. Ses intonations, les tournures de phrases, le rythme de sa voix, cette façon de rouler les « r » ... C'était comme si j'entendais ma propre grand-mère maternelle, partie il y a tant d'années.

C'est fascinant de voir à quel point les sons, les accents et les particularités du langage peuvent être ancrés en nous, même après des décennies. En généalogie, nous recherchons des noms, des dates et des lieux. Nous essayons de reconstituer des vies. Mais parfois, c'est un simple détail sensoriel, une voix, une odeur, qui nous reconnecte de manière si puissante et si intime à notre passé.

C'est un rappel que nos ancêtres ne sont pas que des lignes sur un arbre généalogique. Ils nous ont laissé des héritages vivants, parfois inconscients, comme ces intonations qui se transmettent de génération en génération. Et aujourd'hui, cette voix m'a fait un cadeau précieux : le souvenir ému et vibrant de ma grand-mère Marguerite.

Et puis, j’ai découvert un artiste : Felix Renaudin, dont j’ignorai l’existence jusqu’alors. Il m’a permis de voir les Landes avant qu’elles ne disparaissent sous les pins plantés par la loi de 1857.

Félix Arnaudin incarne une figure singulière : poète, ethnographe, photographe, rêveur solitaire, surnommé Lou Pèc (le niais) par ses contemporains, mais reconnu aujourd’hui comme un visionnaire qui a su capter l’âme d’un territoire en voie de disparition…. Pour mon plus grand bonheur.

En parallèle de son œuvre photographique, il a recueilli des contes, proverbes, chants populaires et mots en gascon. Il publia quelques ouvrages de son vivant, comme :

  • Contes populaires recueillis dans la Grande-Lande (1887)

  • Chants populaires de la Grande-Lande (1912)

Mais l’essentiel de son travail — des milliers de pages manuscrites et plus de 3 000 plaques photographiques — n’a été redécouvert qu’à partir des années 1960.

Sa maison à Labouheyre est aujourd’hui la Maison de la photographie des Landes, un espace d’exposition dédié à son œuvre et un lieu de mémoire.

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Pour en savoir plus :

Félix Arnaudin (1844-1921) : sa vie, son œuvre

Les fonds Félix Arnaudin (1844-1921), collecteur et photographe des"Choses de l’ancienne Grande Lande" - Garae

Félix Arnaudin et la Grande-Lande | Ministère de la Culture

Félix Arnaudin, témoin des Landes avant la forêt - Rue89Bordeaux

Des concessions de terrains communaux dans le département des Landes :loi du 19 juin 1857, relative à l'assainissement et à la mise enculture des landes de Gascogne, jurisprudence / par P. Cuzacq,... |Gallica

dimanche 3 août 2025

Adrienne BALLOUX (1771 – 1833) : rien qu'une petite paysanne

Veuf deux fois, Claude BOIRE – mon SOSA 82 – épouse mon SOSA 83 Adrienne BALLOUX le 17 janvier 1790. Claude a 31 ans et Adrienne 19 ans : une différence d’âge si courante….

Au XVIIIe siècle, la vie est courte et fragile. Dans les villages du Morvan, comme ailleurs, un enfant sur trois ne survit pas à sa première année, et la moitié n’atteint pas l’âge de dix ans. Les maladies infectieuses, les épidémies et les famines récurrentes laissent peu de répit aux familles. La mort frappe tôt, souvent sans prévenir, et n’épargne ni les jeunes époux, ni les mères en couches.

Quand une femme meurt, elle laisse souvent derrière elle le chaos, un mari débordé, des enfants parfois encore au berceau, et un foyer à faire tourner. Le remariage devient alors une évidence, presque une urgence. Il ne s’agit pas seulement d’amour ou de compagnie, mais de survie : il faut quelqu’un pour élever les enfants, nourrir la maisonnée, tenir la maison, continuer à faire vivre la ferme....

Se marier jeune est courant pour les femmes, parfois dès la fin de l’adolescence. Elles enchaînent les grossesses, dans des conditions souvent éprouvantes, sans règle d’hygiène, et prennent de plein fouet les dangers liés aux accouchements. Ce rythme, associé à la dureté de la vie quotidienne, explique en partie leur mortalité élevée, et donc la succession de remariages chez les hommes.

Avec nos yeux d’aujourd’hui, il est facile de juger cette réalité, de voir dans ces femmes des figures interchangeables, réduites à leur fonction de mères et d’épouses. Mais ce serait ignorer le contexte d’une époque où la société était profondément patriarcale, et où la survie de la famille passait par une répartition stricte des rôles. Les hommes agissaient dans la sphère publique ; les femmes, elles, étaient les piliers discrets de la sphère domestique. C’est là, dans cette ombre familière, qu’elles élevaient les enfants, préparaient les repas, tissaient, filaient, récoltaient, soignaient… Leur rôle, bien que subordonné, était essentiel et irremplaçable.

Et puis n’oublions pas qu’au moment du mariage, la femme apporte une dot, qui vient enrichir le patrimoine du mari. Même modeste, cette dot n’est pas seulement symbolique : elle joue un rôle réel dans les négociations entre familles, et reconnaît à la mariée une certaine valeur économique. Car le mariage, bien plus qu’une affaire de sentiments, est une alliance entre lignées, où la femme occupe une place centrale : elle transmet des terres, des biens, mais aussi des liens, des ponts entre familles, renforçant des réseaux, assurant la continuité.

Dans un monde où la vie est courte, où la mort est omniprésente, la priorité est de maintenir le foyer debout, coûte que coûte. Refaire sa vie après un veuvage n’est donc pas une option, mais une nécessité. Assurer une descendance, préserver l’équilibre économique d’une exploitation, élever les enfants déjà nés… autant de raisons qui font du remariage une réponse pragmatique aux aléas brutaux de la démographie. Pour les hommes comme pour les femmes, il s’agissait avant tout de survivre — et de transmettre.

C'est donc dans ce contexte que Claude prend une 3ème femme : Adrienne.

Adrienne est née le 5 février 1771 à Alligny en Morvan : elle est la fille de Claude, laboureur à La Chaux et de Anne BALIVET ; elle est baptisée le lendemain. Son parrain est Léonard BALIVET, un oncle maternel et frère aîné de sa mère ; sa marraine est Adrienne ROUSSEAU, épouse de René BALLOUX, frère aîné de son père.

Adrienne BALLOUX est l’aînée d’une fratrie de dix enfants, un modèle tout à fait conforme à l’époque :

  • Jeanne (1772- ?)

  • Jean (1776-1837)

  • Léonard (1776-1847)

  • Claude (1780-1842)

  • Edmé (1781-1850)

  • Claudine (1783-1789)

  • Emiland (1786-1863)

  • Philippe (1788-1808)

  • Françoise (1789-1849) : à la naissance de cette dernière sœur, Adrienne a déjà 18 ans….

Adrienne a déjà pris en charge la quasi-totalité de la fratrie ; il est temps pour elle de constituer son propre foyer.

De prime abord, je pense qu’elle a fui sa famille en épousant un homme de 30 ans, mais le couple est resté vivre sur Alligny-en-Morvan ; peut-être que pour Adrienne le mariage représentait une émancipation ou un moyen d’échapper à une enfance trop préoccupée ; elle a grandit au cœur des turbulences sociales, dans un foyer sûrement animé par les cris, les rires, les responsabilités qui incombent à une jeune fille aînée, les lessives à la rivière….

Claude incarne une porte de sortie, un possible refuge, voire une promesse d’autonomie dans une société où les femmes disposent de peu de marges de manœuvre. Ce mariage n’est pas nécessairement un acte romantique, mais peut-être un acte stratégique, ou tout simplement la volonté paternelle... Adrienne se marie jeune, certes, mais dans ce geste, on devine une soif de recommencement, une volonté de tracer sa propre route en dehors de l’ombre familiale. Je peux imaginer que Claude avait une « situation » établie, attractive pour une jeune femme recherchant l’autonomie mais aussi la stabilité et la sécurité.

Au moment de son mariage, Claude est veuf depuis le 15 janvier 1788, date du décès de sa deuxième épouse Jeanne COURTOIS. Le seul et unique enfant du couple, la petite Jeanne, est décédée à onze mois, soit moins de trois mois avant sa maman. Claude habite donc seul dans sa grande longère en pierre de granit, avec le toit couvert de chaume.

Lorsque Adrienne arrive dans la demeure de son mari, elle s’aperçoit bien qu’aucune femme n’y a mis les pieds depuis pas mal de temps…. Tout y est en désordre mais digne d’une habitation morvandelle, traditionnelle.

Dans la grande pièce de vie, la cheminée monumentale n’a pas dû cuisiner ou fumer de viandes depuis plusieurs mois. Les cendres y sont nombreuses et la pierre aurait bien besoin d’un grand nettoyage. Une grande marmite y attend son heure de gloire pour une famille riche et nombreuse…..

Le coucher est un « chatit » avec une paillasse dont la toile devra être changé. La couverture de « poulangis » grossier recouvrait correctement le lit et les rideaux de grosse serge avaient été tirés ; et tout ce fouillis…. Au pied du lit, se trouve un grand coffre, ouvert, où le linge a été jeté en vrac ; au milieu de la pièce, trône une table et un banc de chaque côté pour s’asseoir.

Dans un coin, près de la cheminée : le rouet, et un petit coffre devant contenir le matériel à couture, sans doute celui de la précédente épouse. Mais Adrienne utilisera celui qu’elle a amené avec elle.

Dehors, la soue et le poulailler, vides tous les deux. L’appentis accolé à la maison, qui abritait un petit four à pain, n’a pas servi depuis bien longtemps lui non plus…... Par contre, dans la grange attenante, les outils de travail avaient été admirablement rangés : une cognée, une serpe, une scie, un « goyard », quelques faucilles, un dard avec l’enclume et son marteau pour le battre, une bêche, une fourche et une pelle en bois. Adrienne reconnait bien là l’atelier soigné de son mari. Pauvre mais soigneux.

Car Claude est apprécié dans son travail ; il a commencé à travailler comme « manouvrier », un homme de peine, louant sa force de travail pour survivre, un travailleur rural situé tout en bas de l’échelle sociale — juste au-dessus des vagabonds et des errants. Mais Claude est dur à la besogne et son ardeur est reconnue par son patron ; il ne possède ni bêtes de trait ni cheval, mais il acquière au fur et à mesure du matériel qui l’aide dans ses tâches.

Consciencieux, Claude rêve de devenir un jour « laboureur » , d’être suffisamment à l’aise pour pouvoir s’acheter un ou deux chevaux de trait, un attelage et pourquoi pas une charrue… Pour le moment, il est ravie qu’Adrienne prenne possession des lieux ; elle va pouvoir s’occuper de la maison laissée à l’abandon, et reprenne en main le petit lopin de terre situé derrière la chaumière ; elle pourra cultiver quelques légumes de subsistance : des fèves, des choux, des raves, des poireaux… Et puis, peut-être…. Auront-ils des enfants…..


Des enfants, Adrienne et Claude en auront neuf :

  • Jeanne (19/02/1791 – 26/01/1862)

  • Jean (03/02/1793 – 08/09/1868)

  • Claude (10/01/1795 – 16/02/1869)

  • Pierre (14/06/1798 – 30/01/1865)

  • Jeanne ( 29/06/1806 - 07/05/1870)

  • Pierrette ( 30/06/1804 - 10/06/1806)

  • Françoise (11/01/1807 – 16/09/1871)

  • Reine (28/06/1810 – 09/12/1882)

  • Claudine (20/02/1813 - 23/04/1882)

A l’exception de la petite Pierrette, décédée à l’âge d’un an, tous les enfants atteindront l’âge adulte et le vieux couple aura de nombreux petits-enfants….

En attendant, Adrienne contemple « son domaine » ; elle imagine déjà ses enfants dans la cour : les petits garderont les volailles, tandis que les adolescents s’occuperont des travaux auxiliaires dans les champs ; les filles – tout comme elle lorsqu’elle était enfant – fileront la laine, alors qu’elle préparera le repas de son homme, qui, le soir, rentrera exténué.

Mais nous sommes en 1790 ; les cahiers de doléances, à la demande du roi Louis XVI, reflètent les préoccupations et les espoirs des Allignycoises et Allignycois : des charges fiscales trop lourdes (plaintes contre les impôts royaux et seigneuriaux), des inégalités sociales, le souhait d’une réforme judiciaire plus accessible, des améliorations d’infrastructures dans une région qui semble oubliée de tous et bien sûr davantage de libertés locales.

Malgré toutes les agitations dans le pays, Adrienne ne comprend rien à la politique des hommes ; elle sait simplement que son « Claude » a participé aux débats houleux mais nécessaires.

Adrienne n’est qu’une petite paysanne du Morvan vivant une période de bouleversements profonds, entre traditions rurales et promesses révolutionnaires. A l’image de sa mère, ses préoccupations sont enracinées dans un quotidien exigeant : cultiver le jardin, élever les animaux, entretenir la maison, filer, coudre, nourrir la famille… tandis que Claude assurera les récoltes malgré les aléas climatiques, s’acquittera des impôts et peut-être seulement, pourra emprunter pour acheter une vache, un cochon et des volailles.

Ainsi va la vie…. Et pour le moment, à défaut de brioche, elle doit cuire le pain.

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Pour en savoir plus :

La maison en Morvan | Patrimoine du Morvan

L'évolution politique et sociale | Patrimoine du Morvan

Objets de la mémoire | Patrimoine du Morvan

Mairie d'Alligny-en-Morvan - Histoire

Le Morvan : topographie, agriculture, moeurs des habitants, étatancien, état actuel / par M. Dupin,... | Gallica