Chaque fin d’année est une
invitation à se retourner un instant, à regarder le chemin parcouru
et à mesurer tout ce que la généalogie nous a offert. 2025 n’a
pas échappé à cette règle : elle a été riche, dense, parfois
exigeante, mais toujours nourrissante.
Il me plaît de
faire le bilan d’une année passée à explorer les archives, à
écouter les voix du passé et à tisser des liens entre générations.
Cette année a été
marquée par de nombreuses trouvailles, petites et grandes, qui ont
enrichi les branches de mon arbre familial : des actes d’état
civil et registres paroissiaux venus éclairer des ancêtres oubliés,
des matricules militaires et recensements permettant de mieux situer
les parcours de vie, quelques tranches de vie écrites sur ce blog,
mais trop peu à mon goût….. Il est vrai qu’en
généalogie, on remonte les siècles… mais jamais le temps qu’on
n’a pas !
Le bonheur d’écrire
l’histoire de mes ancêtres
Écrire l’histoire
de mes ancêtres, c’est entrer dans un espace où la petite
histoire rejoint la grande, où les gestes minuscules d’une vie,
semble t-il ordinaire, éclairent les mouvements immenses du monde.
C’est un bonheur discret mais puissant, celui de sentir que chaque
acte, chaque trace, chaque mot retrouvé dans une marge d’archive
devient une porte ouverte vers un passé qui continue de respirer.
J’éprouve une
émotion toute particulière à redonner une voix à celles et ceux
qui n’en ont plus. À reconstituer un parcours, à imaginer une
maison, un métier, une odeur de terre ou de linge chaud. À
comprendre comment une famille a traversé les guerres, les
migrations, les joies simples, les deuils silencieux. À replacer un
ancêtre dans son époque, dans ses contraintes, dans ses possibles.
Ce bonheur-là
tient aussi à la transmission. Lorsque j’écris, je ne fais pas
que raconter : je relie. Je relie les générations entre elles, je
relie les vivants aux disparus, je relie les grandes dates de
l’Histoire aux petites décisions du quotidien. Je tisse un fil qui
n’appartient qu’à ma famille, mais qui résonne avec tant
d’autres histoires humaines.
Et puis, il y a
cette sensation douce de réparer quelque chose. De donner une place
à ceux qui n’en ont jamais vraiment eu. Car écrire l’histoire
de mes ancêtres, c’est finalement écrire un peu la mienne. C’est
comprendre d’où je viens pour mieux avancer. C’est accueillir
les héritages, les forces, les fragilités. C’est un travail de
mémoire, mais c’est surtout un geste d’amour. Il me plaît de
penser que, peut-être, beaucoup plus tard, de lointains cousins
liront leur histoire….
Des
ateliers de généalogie toujours plus vivants
Cette année, les ateliers que j’ai animés ont été de véritables espaces de
partage et de découverte. La plupart des généalogistes de l’année
passée sont revenus, d’autres sont arrivés, pour découvrir, pour
« parler généalogie », échanger et progresser
bien sûr. Entre initiation, accompagnement personnalisé et
exploration de sources parfois méconnues, chaque séance est
l’occasion de transmettre, d’écouter, de guider et d’apprendre
ensemble. Ces moments collectifs ont nourri ma pratique autant qu’ils
ont enrichi celle des participants, du moins je l’espère. Ils
restent l’un des moteurs essentiels de ma démarche généalogique.
J’ai toujours
pensé que l’on apprend des autres, et ces ateliers me le
confirment chaque semaine.
Une absence
assumée au Challenge AZ
Pour la première
fois depuis longtemps, je n’ai pas participé au Challenge AZ. Non par manque d’envie – loin s’en faut ! - mais
parce que l’année a été dense, riche en projets et en
engagements. Cette pause m’a permis de me recentrer sur mes
recherches, mes supports d’ateliers et un calendrier de l’Avent sur les bases de la photographie, une
autre passion.
Peut-être que
cette parenthèse ouvrira la voie à une participation plus inspirée
l’an prochain. Car j’espère bien participer en 2026 !
Apprendre
Généatique : apprivoiser la technologie sans se laisser dépasser
Autre étape
importante de l’année : l’acquisition du logiciel Généatique.
Ce nouvel outil s’intègre désormais pleinement dans mon
organisation généalogique et ouvre de nouvelles perspectives pour
mes projets à venir.
Apprendre Généatique, c’est un peu apprivoiser la technologie tout en
gardant son souffle. J’ai souvent peur d’être dépassée par les
outils qui évoluent trop vite, de ne plus réussir à suivre le
rythme. J’ai envie de rester à la page, pour mes recherches, pour
mes ateliers, pour continuer à transmettre avec justesse.
Alors j’ai avancé
pas à pas. J’ai exploré, tâtonné, recommencé. Et peu à peu,
le logiciel est devenu moins intimidant, presque familier. Il m’aide
à structurer mes données, à clarifier mes branches, à voir plus
loin.
Ce que j’apprends
surtout, c’est que même avec mes appréhensions, je peux encore
progresser. La généalogie évolue, et moi avec elle, à mon rythme,
sans renoncer à ce qui me ressemble.
Chamarande
: un lieu magique pour apprendre à lire le passé
Chamarande a
quelque chose d’unique. Dès que j’y arrive, j’ai l’impression
de franchir un seuil, de quitter le quotidien pour entrer dans un
espace où le temps circule autrement. Le parc, les arbres immenses,
le château qui veille depuis des siècles… tout semble inviter à
ralentir, à écouter, à se laisser traverser par l’histoire.
C’est dans ce
décor presque hors du temps que je suis mes ateliers de
paléographie. Et il y a une forme d’évidence à apprendre à
déchiffrer les écritures anciennes dans un lieu qui porte lui-même
tant de traces du passé. Les murs, les allées, les pierres semblent
murmurer qu’ils ont vu passer des générations, des vies, des
archives, des histoires. On se sent accompagné, porté, comme si le
lieu lui-même encourageait la patience et la persévérance.
À Chamarande, lire
une ligne du XVIIᵉ siècle devient plus qu’un exercice : chaque
atelier est un moment suspendu. Une parenthèse où l’on apprend,
certes, mais où l’on respire aussi. Où l’on se reconnecte à ce
qui nous anime profondément : comprendre, transmettre, faire
revivre. Chamarande n’est pas seulement un lieu où je me forme.
C’est un lieu qui m’inspire, qui m’ouvre, qui me rappelle
pourquoi j’aime tant la généalogie et la mémoire des familles.
On
ne va pas se mentir, déchiffrer les écritures anciennes, c’est
douloureux ; l’apprentissage
est bien compliqué…. Les
séances me permettent de mieux
comprendre les contextes administratifs et juridiques, d’aborder
avec plus de confiance des documents atypiques et surtout d’améliorer
ma fluidité dans la lecture.
Mais Il
me faudra sans doute plusieurs années avant de proposer des ateliers
de paléographie dignes de ce nom.
Des
blocages
persistants et
des zones d’ombre
Aucune année de
généalogie n’est linéaire. Les blocages font partie du voyage,
et ils enseignent autant que les trouvailles.
Certaines branches
résistent encore : ancêtres introuvables, registres lacunaires,
homonymies trompeuses, et je peux vous dire que dans le Morvan ou les
Landes, ce n’est pas ce qui manque ! Ces zones d’ombre
restent des invitations à la patience et à la créativité. Ne
dit-on pas que l’on apprend de ses erreurs…. Il faut quelquefois
prendre les chemins de traverse pour retrouver les grands axes.
Ces obstacles m’ont
permis de clarifier les méthodes, de repenser l’organisation et
d’identifier de nouvelles pistes pour l’année à venir.
Les perspectives
: ouvrir les portes de l’année prochaine
L’année qui
s’annonce promet déjà de belles explorations. Quant
je pense que certains s’ennuient…. Mes journées ne font hélas
que 24 heures et le temps manque toujours ! Il me faut
approfondir certaines branches encore mystérieuses, explorer
davantage les archives judiciaires ou notariales
nouvellement numérisées, et puis écrire : continuer
à enrichir ce
blog de récits sensibles et accessibles.
Parler de
généalogie est un plaisir… mais aussi un défi. Comment
transmettre des savoirs parfois techniques sans perdre l’élan de
la découverte ? Comment rester passionnant sans submerger son
public ? Comment éveiller la curiosité tout en respectant le
rythme de chacun ?
Animer un atelier
de généalogie, c’est avant tout accompagner un groupe dans une
découverte progressive. Le défi, c’est de rendre accessibles des
notions parfois techniques tout en gardant l’attention et le
plaisir d’apprendre ; on souhaite partager des méthodes, des
outils, des astuces, mais aussi offrir un espace où chacun peut
s’émerveiller, comprendre, expérimenter. Il faut donc doser,
simplifier sans appauvrir, illustrer sans alourdir, guider sans
imposer.
Car dans un
atelier, chacun arrive avec son niveau, ses questions, ses
appréhensions. Certains découvrent les archives pour la première
fois, d’autres ont déjà commencé un arbre. Il faut donc avancer
pas à pas, en expliquant clairement, en donnant des exemples
concrets, en montrant les gestes, et en laissant le temps
d’expérimenter. Et lorsque l’on parle de généalogie numérique,
tout le monde n’est pas au même niveau d’informatique : il
faut composer….
C’est cette
alchimie qui rend les ateliers si vivants. On y apprend, on y
explore, on y échange. On y découvre que la généalogie n’est
pas seulement une affaire de dates et d’archives, mais un voyage
sensible, fait de récits, de traces et de liens.
Trouver cet
équilibre demande du temps, de l’écoute et beaucoup de passion,
d’autant plus que je n’ai jamais eu de formation pédagogique. On
peut dire que je le fais « au feeling »…..Mais
lorsque les regards s’illuminent, lorsque les participants
repartent avec l’envie de poursuivre leurs recherches, on sait que
l’essentiel est là : avoir transmis, sans lasser, un peu de ce
goût de la mémoire qui nous anime.
« On voulait juste vérifier une
date, et voilà qu’il est déjà minuit. »
En refermant ce
bilan de l’année 2025, une évidence s’impose : chaque avancée, aussi petite soit-elle, a contribué à enrichir ma compréhension de ma
famille « ordinaire ». Cette année a été faite de
trouvailles inattendues, de pistes patiemment dénouées, de
documents enfin déchiffrés, mais aussi de moments de doute - j'ai dû migrer de Eklablog vers Blogger ! - de
lenteur ou de silence dans les archives. Et pourtant, tout cela fait
partie intégrante du chemin généalogique.
L’année 2026,
qui arrive à grands pas, n’effacera rien de ce qui a été
accompli. Elle m’invite simplement à poursuivre, à approfondir, à
oser de nouvelles méthodes, à explorer d’autres sources, à
raconter autrement.
Car la généalogie
n’est jamais un travail terminé : c’est un mouvement, une
respiration, un fil que l’on tisse avec patience et respect.
Que ce soit la
rigueur, la joie des découvertes, la force des transmissions, je
garde tout pour 2026 ! Avec la même envie d’explorer, de
comprendre et de faire vivre la mémoire familiale !