mardi 30 décembre 2025

Mauvaise graine de Véronique BLANCHARD et Mathias GARDET

Voici un essai qui retrace deux siècles d’histoire de la justice des enfants en France, en montrant comment la société a successivement qualifié et stigmatisé les jeunes issus des classes populaires — « mauvaises graines », « voyous », « blousons noirs », « racailles » — oscillant sans cesse entre punition et éducation.

Bien que les termes changent au fil du temps (« apaches », « sauvageons », « blousons noirs », etc.), la logique reste la même : désigner les enfants des classes laborieuses comme une menace sociale. Mais outre la stigmatisation des plus jeunes, la Justice des mineurs oscille entre deux pôles :

    • Punir, avec les maisons de correction et l’enfermement,

    • Éduquer, avec une « once » de rééducation, de pédagogie, et d’insertion sociale.

Les auteurs de l’ouvrage exploitent les archives judiciaires et médicales, donnant voix aux enfants placés, aux juges, aux éducateurs et aux médecins. Richement illustré, ce livre permet surtout de comprendre que les discours actuels sur les « jeunes délinquants » s’inscrivent dans une longue continuité historique.

Cet essai historique offre une matière précieuse pour les chercheurs, les éducateurs, mais aussi pour les passionnés d’histoire sociale et de généalogie, car il éclaire les trajectoires de familles confrontées à la justice.

Pour un généalogiste amateur, il permet de contextualiser un parcours familial : par exemple, si un ancêtre a été placé en maison de correction, jugé mineur délinquant ou mentionné dans des archives judiciaires, ce livre aide à comprendre le cadre social et institutionnel dans lequel il a évolué.

Il aide au repérage des stigmates sociaux : les termes comme « mauvaise graine », « blouson noir », « sauvageon » montrent comment la société a étiqueté certains jeunes. Pour un généalogiste, cela permet de relire autrement des mentions dans les actes (par exemple : enfant « vagabond », « sans profession », « pupille »).

Il éclaire sur les trajectoires collectives : parce qu’au-delà des individus, ce livre aide à comprendre les dynamiques de classe et de génération : comment les enfants des milieux populaires étaient perçus, surveillés et parfois enfermés, internés.

Bien évidemment, j’ai littéralement « disséqué » ce livre pour en tirer la substance et m’en inspiré pour des ateliers futurs. Il regorge de tant d’informations que j’ai essayé de rechercher articles, textes de loi, documentaires audio : un réel savoir !

*

Pour en savoir plus :

(26) Les bagnes d'enfants - Film 134 – YouTube

Le Bagne des gosses [Children's Reformatory] (Charles Decroix, 1907)

LA PRISE EN CHARGE DES MINEURS DELINQUANTS EN GUYANE 1957 1964

La révolte des enfants - L'évasion du bagne de Belle-île [ST]


Ce que Fanny veut de Karine LEBERT

À Paris, à la fin du XIXᵉ siècle, Fanny DESCOEUR, une jeune Montmartroise de bientôt seize ans, rêve d’échapper à la misère dans laquelle elle a grandi. Élevée par une mère instable — ancienne prostituée, alcoolique, et incapable de lui offrir un cadre — Fanny a appris très tôt à se débrouiller seule.

Pour survivre, elle pose pour des peintres en quête de modèles bon marché. Mais Fanny ne veut pas seulement survivre : elle veut s’élever, changer de vie, accéder à un monde plus confortable, plus lumineux, plus libre. Ambitieuse, maligne, parfois manipulatrice, elle mise sur trois atouts :

  • sa beauté, à l’image de sa mère Abigaëlle, un sérieux atout comme monnaie d’échange,

  • son culot, sa «  gouaille », loin de la retenue qu’on attendait des jeunes filles dites « bien élevées »

  • et trois hommes qu’elle pense pouvoir utiliser pour avancer :

    • Geoffroy, un jeune aristocrate séduisant,

    • Nathan, un médecin attentionné,

    • et un peintre Henri, qui voit en elle une muse ; attention toutefois, car la frontière est fragile entre modèle, muse et objet.

Fanny gravit peu à peu les échelons : elle devient nourrice dans une famille bourgeoise, découvre les beaux quartiers, les codes sociaux, les opportunités. Mais son désir d’ascension est insatiable. Elle veut plus, toujours plus. Son parcours est marqué par des choix audacieux, parfois dangereux, où se mêlent grâce, gravité, illusions mais surtout désillusions.

C’est l’histoire d’une jeune femme prête à tout pour obtenir ce qu’elle veut — quitte à se perdre en chemin….

Une histoire somme toute banale, mais qui mérite toutefois d’y décrypter quelques subtilités : une société patriarcale et très hiérarchisée, le corps comme « ressource » mais aussi comme piège, une héroïne qui refuse la reproduction du destin maternel et la promiscuité du Maquis.

Quitte à se perdre ou à se compromettre, Fanny saisit toutes les opportunités qui s’offrent à elle pour s’élever dans la société, au mépris de tous les codes ; l’ascension sociale féminine passe presque toujours par les hommes, faute d’alternatives et Fanny ne déroge pas à la règle.

Alors lequel de ces trois hommes pourraient faire son bonheur ? Geoffroy d’Albéra, l’aristocrate séduisant, volage et inaccessible ? Le docteur Nathan Destel, doux et respectable ? Ou bien encore Henri le peintre à la liberté bohème et au talent reconnu ? Mais aucune de ces voies n’est simple….

Fanny évolue dans un monde où les femmes disposent de très peu de droits ; les femmes du peuple sont les plus exposées : une totale dépendance au mariage ou un travail précaire aux emplois mal payés, une absence de protection sociale et donc des hospitalisations précaires et dangereuses « avec les rats et les punaises de la Salpétrière ou de Cochin », une constante vulnérabilité face à la pauvreté et à la violence.

Montmartre est un espace où tout semble possible… mais où tout peut aussi basculer. IL y a bien Sam Mazodier, son ami de toujours, son mari pour quelques temps…. Sam incarne la loyauté, la constance, la droiture et la bienveillance ; Sam n’essaie jamais de brider Fanny. Il la connaît trop bien et l’aime pour ce qu’elle est, pas pour ce qu’elle devrait être.

Dans un Montmartre rude, où les femmes sont vulnérables et les destins fragiles, Sam est un point d’ancrage. Il l’a vue grandir, lutter, se débattre contre les contraintes de son époque. Il l’admire pour sa force, son franc-parler, son courage et son refus de se laisser enfermer, même s’il a bien compris que son ambition, parfois jugée immorale, est en réalité une révolte contre l’ordre social.

Il est bien réel que les femmes anonymes ont porté l’Histoire autant que les grandes figures, mais dans l’ombre ; c’est une morale qui résonne particulièrement avec ma pratique de généalogiste « en herbe ».


*

Pour en savoir plus :

Plan du quartier Montmartre | Gallica

Le maquis de Montmartre, une brève histoire

Le Chat Noir, le cabaret créé par Rodolphe Salis boulevardRochechouart, en 1881 | Nautes de Paris

Curiosités du vieux Montmartre : les fontaines, Montmartre-vignoble / CharlesSellier | Gallica

[Paris, rue des Saules. Dossier iconographique] - Bibliothèques spécialiséeset patrimoniales de la Ville de Paris

[Paris, Maquis de Montmartre. Dossier iconographique] - Bibliothèques spécialisées et patrimoniales de la Ville de Paris

Historique du Bazar de la Charité

Les victimes de l'incendie du Bazar de la Charité (généalogie) -Geneanet

lundi 29 décembre 2025

Actu DECEMBRE 2025

 Voici des actualités glanées ça et là,

des articles repérés sur des blogs...


En mai 2025, j’avais renoncé à publier des actualités généalogiques, estimant que de nombreux blogs couvraient déjà très bien le sujet. Mais, avec le temps, les informations se sont dispersées et je m’y retrouvais de moins en moins. J’ai donc choisi de relancer cette rubrique, à ma manière.


I. ACTUALITES

Pour terminer cette année 2025, je vais tenter de faire un tour d’horizon sur les grandes tendances en généalogie numérique.

Tout d’abord, un fait incontournable : l’IA devient centrale dans les outils généalogiques ; les plateformes majeures renforcent leurs fonctionnalités d’intelligence artificielle :

  • FamilySearch introduit une refonte complète de son interface, avec :

    • des suggestions plus personnalisées selon l’arbre et l’activité de l’utilisateur,

    • un fil d’actualité familial repensé

  • L’IA est désormais intégrée dans la recherche, la transcription et la mise en relation des profils ; ces évolutions vont clairement dans le sens d’une navigation plus intuitive et d’un accompagnement renforcé des utilisateurs

  • En mars 2025, 23andMe, acteur majeur des tests ADN grand public, annonce sa faillite, ce qui soulèvent des inquiétudes sur la pérennité des données, des questions sur la sécurité et la confidentialité.

  • Et puis, comment l’oublier : le Challenge AZ 2025, auquel je n’ai pu participer, mais que j’ai suivi avec attention….


GENEANET

Geneanet change de look !

2025,une année féconde pour Geneanet !

ANCESTRY

Depuis plusieurs années, les collections d’Ancestry fleurissent sur Geneanet ; mais vous pouvez refuser cette indexation en suivant le chemin : Menu / Paramétrer mon arbre / Confidentialité / Réglages avancés.
Si votre arbre généalogique n'est pas indexé par le site de généalogie Ancestry, la visibilité de vos données généalogiques auprès des utilisateurs d'Ancestry sera diminuée.

FAMILYSEARCH

Le chemin de fer clandestin au Canada

Nouveaux documents d’archives pour octobre 2025

REVUE FRANCAISE DE GENEALOGIE

Ancestris, une nouvelle version pour le logiciel libre de généalogie | La Revue française de Généalogie

Une nouvelle médiatrice pour la généalogie | La Revue française de Généalogie

126 registres notariés ajoutés au portail de l'Ardèche | La Revuefrançaise de Généalogie

Etat civil élargi et interface repensée pour les Archives desBouches-du-Rhône | La Revue française de Généalogie

Le Calvados valorise les archives privées | La Revue française deGénéalogie

Une nouvelle vitrine numérique pour les Archives du Loir-et-Cher | LaRevue française de Généalogie

Le dictionnaire historique et généalogique du Poitou est en ligne | LaRevue française de Généalogie

Un site internet pour les archives historiques diocésaines de Pouzzoles| La Revue française de Généalogie

GENEAFINDER

Ancêtres alsaciens : mener des recherches entre France et Allemagne

LE BLOG DE GALLICA

Brillat-Savarin et la mode des physiologies | Blog | Gallica

Faire une recherche de provenance : cas pratique | Blog | Gallica

ARCHIVES ET CULTURE

La réintégration de l’Alsace et de la Moselle dans la Francerépublicaine en 1919 – Film 434

Quand l’administration militaire 1914-1918 se trompe… – Film 435

Était-ce vraiment mieux hier ? – Film 433

LA FRANCE PITTORESQUE

Origine sapin de Noël, Histoire arbre de Noël

5 décembre 1360 : création du franc à cheval (franc d'or). Jean leBon. Rançon, prisonnier des Anglais

BLOGGENWEB

Archivesde la Préfecture de Police au Pré-Saint-Gervais – BlogGenWeb

La bagarre des wikis généalogiques - BlogGenWeb

LA GAZETTE DU VENDREDI

Un ermitage pour le salut de l’âme du seigneur de Lignières -www.histoire-genealogie.com

L’affaire de la couleuvrine. Chanteuges 1686 - www.histoire-genealogie.com

*

II. EXPOSITIONS VIRTUELLES

Coexistence : Catholiques x Protestants dans les Deux-Sèvres (1517-1905) (FranceArchives)

Pour mémoire : la loi du 9 décembre 1905 (FranceArchives)

Ouvrières et ouvriers immigrés en France aux 19e et 20e siècles (ANMT)

Expositions virtuelles (Archives de la ville de Paris)

*

III. DES SITES, DES BLOGS et aussi des histoires…. 

c’est désormais ici


*

IV. DES PODCASTS, A ÉCOUTER

DES VIDEOS A REGARDER, SANS MODERATION….…

LSD plonge dans le monde des cabarets, trop souvent réduit à des images de strass, girls dénudées et paillettes. Mais derrière la fête, sait-on que ce lieu a été l’incubateur de nombreuses révolutions artistiques et sociétales  ? Réalisation Laurent Paulré.

Le commencement était à Montmartre : épisode 1/4 du podcast Cabaret |France Culture

Quand le corps se met à nu : épisode 2/4 du podcast Cabaret | FranceCulture

Le Berlin des années folles : épisode 3/4 du podcast Cabaret | FranceCulture

Au-delà des genres : épisode 4/4 du podcast Cabaret | France Culture

Que trouve-t-on avant la laïcité ? Regard sur le temps long, avec la tolérance, une idée osée en Europe et avec le gallicanisme : du roi ou du pape, c'est qui le patron ? C’est une histoire entre l’État et l’Église, pour un divorce révolutionnaire, jusqu’à la loi de 1905, histoire d’un débat.

Oser penser la tolérance, de l'Angleterre aux Provinces-Unies : épisodedu podcast Vers la laïcité, histoire d'un principe | France Culture

Gallicanisme. Du roi au pape, c'est qui le patron ? : épisode du podcast Vers la laïcité, histoire d'un principe | France Culture

État et Église, un divorce révolutionnaire : épisode du podcast Vers lalaïcité, histoire d'un principe | France Culture

1905, loi sur la séparation des Églises et de l'État. Histoire d'undébat : épisode du podcast Vers la laïcité, histoire d'unprincipe | France Culture

Un anthropologue dans ma famille, un si beau livre – un traité de méthode et de tact pour se connaitre autrement : à la fois les uns les autres au sein d’une famille, mais aussi peut-être se connaitre soi : son autrice, Elsa Ramos, est notre invitée.

Entre mémoire et histoire, les enfants peuvent remonter 5 générations si leurs grands-parents ont connu leur grands-parents – cela permet d’en apprendre tant sur la manière dont on vivait (grandissait, travaillait, aimait, rêvait) dans les époques antérieures. la généalogie ouvre sur un forme d’histoire sociale, à la première personne du singulier et du pluriel. En situant ce "je" et ce "nous" dans le temps. L’historienne Emma Rothschild nous racontera comment un travail sur une famille peut aider à saisir une période historique.

Annette Wieviorka, François Hartog, Camille Lefebvre, Michelle Perrot, Pierre Nora… de l'enquête familiale à l'introspection, c’est penser le temps, mais le sien… Une mise en abyme, et un sacré défi, quand l’historien, l’historienne, se prête au jeu… de la première personne.

Annette Wieviorka, des années chinoises à l'enquête familiale : épisode1/5 du podcast Souvenirs d’historiennes et d’historiens | FranceCulture

Camille Lefebvre, écrire l’histoire des siens : épisode 2/5 du podcastSouvenirs d’historiennes et d’historiens | France Culture

François Hartog, historien à temps plein : épisode 3/5 du podcast Souvenirsd’historiennes et d’historiens | France Culture

Michelle Perrot : comment devient-on féministe ? : épisode 4/5 du podcast Souvenirs d’historiennes et d’historiens | France Culture

Pierre Nora, faire œuvre de Mémoires : épisode 5/5 du podcast Souvenirsd’historiennes et d’historiens | France Culture

La télévision « témoin de notre temps » retransmet aux publics d'aujourd'hui 80 ans d'une histoire filmée de la France rurale. La transmission de cette mémoire audiovisuelle permet de: - Comprendre comment les paysans d'hier sont devenus pour quelques-uns les agriculteurs d'aujourd'hui... - Comprendre comment le paysage rural s'est transformé en paysage semi-urbain, et comment de nombreux villages ont été abandonnés... - Comprendre comment une alimentation paysanne est devenue industrielle... et comment la culture biologique semble la solution du futur.

Mieux comprendre l'histoire de la Révolution française à travers le portrait de dix personnages qui ont marqué la période dont Danton, Marie-Antoinette, Robespierre, Charlotte Corday, Théroigne de Méricourt, Olympe de Gouges, Lucile et Camille Desmoulins…

1789 : Pierre-François Lepoutre, paysan et député des États Généraux: épisode 1/10 du podcast Dans le tumulte de la Révolutionfrançaise | France Inter

Théroigne de Méricourt, l’amazone de la Révolution française : épisode2/10 du podcast Dans le tumulte de la Révolution française | FranceInter

Camille et Lucile Desmoulins, un couple dans la Révolution : épisode 3/10du podcast Dans le tumulte de la Révolution française | FranceInter

Olympe de Gouges. Une femme en politique : épisode 4/10 du podcast Dans letumulte de la Révolution française | France Inter

AMA, Axel aime Marie-Antoinette : épisode 5/10 du podcast Dans le tumultede la Révolution française | France Inter

Robespierre ou l'intransigeance de la vertu : épisode 6/10 du podcast Dans letumulte de la Révolution française | France Inter

13 juillet 1793. Charlotte Corday assassine Marat : épisode 7/10 dupodcast Dans le tumulte de la Révolution française | France Inter

Marie-Antoinette. Le procès d’une reine : épisode 8/10 du podcast Dans le tumultede la Révolution française | France Inter

1794. La chute de Danton : épisode 9/10 du podcast Dans le tumulte de laRévolution française | France Inter

1799 ,un espion chez les Chouans : épisode 10/10 du podcast Dans letumulte de la Révolution française | France Inter

*

V. GENEALOGIE : mode d’emploi

Pour celles et ceux détenteurs du logiciel GENEATIQUE, voici quelques articles et/ou podcasts particulièrement intéressants (ICI)


ET CE MOIS-CI je vous propose

Les articles - La Boucle Généalogique un site que je viens de découvrir, animé par Stéphanie Durand, passionnée de généalogie depuis l’enfance, avec un parcours marqué par l’Histoire (licence d’Histoire) et une pratique personnelle de longue date. Elle se présente dans une démarche authentique, personnelle et passionnée, ce qui donne un ton chaleureux et accessible.

Ce site s’adresse aussi bien aux débutants en généalogie qu’aux curieux d’histoire locale ou familiale. Un menu minimaliste et une présentation épurée rendent ce site facile à parcourir, où vous trouverez des articles bien construits. A visiter sans modération !

*

Bonne lecture et belles trouvailles

Et pour ne rien perdre de toute cette actualité, cliquez sur l’image ci-dessous

dimanche 28 décembre 2025

Bilan de l'année 2025 : entre découvertes, récits et transmission

Chaque fin d’année est une invitation à se retourner un instant, à regarder le chemin parcouru et à mesurer tout ce que la généalogie nous a offert. 2025 n’a pas échappé à cette règle : elle a été riche, dense, parfois exigeante, mais toujours nourrissante.

Il me plaît de faire le bilan d’une année passée à explorer les archives, à écouter les voix du passé et à tisser des liens entre générations.

Cette année a été marquée par de nombreuses trouvailles, petites et grandes, qui ont enrichi les branches de mon arbre familial : des actes d’état civil et registres paroissiaux venus éclairer des ancêtres oubliés, des matricules militaires et recensements permettant de mieux situer les parcours de vie, quelques tranches de vie écrites sur ce blog, mais trop peu à mon goût….. Il est vrai qu’en généalogie, on remonte les siècles… mais jamais le temps qu’on n’a pas !

Le bonheur d’écrire l’histoire de mes ancêtres

Écrire l’histoire de mes ancêtres, c’est entrer dans un espace où la petite histoire rejoint la grande, où les gestes minuscules d’une vie, semble t-il ordinaire, éclairent les mouvements immenses du monde. C’est un bonheur discret mais puissant, celui de sentir que chaque acte, chaque trace, chaque mot retrouvé dans une marge d’archive devient une porte ouverte vers un passé qui continue de respirer.

J’éprouve une émotion toute particulière à redonner une voix à celles et ceux qui n’en ont plus. À reconstituer un parcours, à imaginer une maison, un métier, une odeur de terre ou de linge chaud. À comprendre comment une famille a traversé les guerres, les migrations, les joies simples, les deuils silencieux. À replacer un ancêtre dans son époque, dans ses contraintes, dans ses possibles.

Ce bonheur-là tient aussi à la transmission. Lorsque j’écris, je ne fais pas que raconter : je relie. Je relie les générations entre elles, je relie les vivants aux disparus, je relie les grandes dates de l’Histoire aux petites décisions du quotidien. Je tisse un fil qui n’appartient qu’à ma famille, mais qui résonne avec tant d’autres histoires humaines.

Et puis, il y a cette sensation douce de réparer quelque chose. De donner une place à ceux qui n’en ont jamais vraiment eu. Car écrire l’histoire de mes ancêtres, c’est finalement écrire un peu la mienne. C’est comprendre d’où je viens pour mieux avancer. C’est accueillir les héritages, les forces, les fragilités. C’est un travail de mémoire, mais c’est surtout un geste d’amour. Il me plaît de penser que, peut-être, beaucoup plus tard, de lointains cousins liront leur histoire….

Des ateliers de généalogie toujours plus vivants

Cette année, les ateliers que j’ai animés ont été de véritables espaces de partage et de découverte. La plupart des généalogistes de l’année passée sont revenus, d’autres sont arrivés, pour découvrir, pour « parler généalogie », échanger et progresser bien sûr. Entre initiation, accompagnement personnalisé et exploration de sources parfois méconnues, chaque séance est l’occasion de transmettre, d’écouter, de guider et d’apprendre ensemble. Ces moments collectifs ont nourri ma pratique autant qu’ils ont enrichi celle des participants, du moins je l’espère. Ils restent l’un des moteurs essentiels de ma démarche généalogique.

J’ai toujours pensé que l’on apprend des autres, et ces ateliers me le confirment chaque semaine.

Une absence assumée au Challenge AZ

Pour la première fois depuis longtemps, je n’ai pas participé au Challenge AZ. Non par manque d’envie – loin s’en faut ! - mais parce que l’année a été dense, riche en projets et en engagements. Cette pause m’a permis de me recentrer sur mes recherches, mes supports d’ateliers et un calendrier de l’Avent sur les bases de la photographie, une autre passion.

Peut-être que cette parenthèse ouvrira la voie à une participation plus inspirée l’an prochain. Car j’espère bien participer en 2026 !

Apprendre Généatique : apprivoiser la technologie sans se laisser dépasser

Autre étape importante de l’année : l’acquisition du logiciel Généatique. Ce nouvel outil s’intègre désormais pleinement dans mon organisation généalogique et ouvre de nouvelles perspectives pour mes projets à venir.

Apprendre Généatique, c’est un peu apprivoiser la technologie tout en gardant son souffle. J’ai souvent peur d’être dépassée par les outils qui évoluent trop vite, de ne plus réussir à suivre le rythme. J’ai envie de rester à la page, pour mes recherches, pour mes ateliers, pour continuer à transmettre avec justesse.

Alors j’ai avancé pas à pas. J’ai exploré, tâtonné, recommencé. Et peu à peu, le logiciel est devenu moins intimidant, presque familier. Il m’aide à structurer mes données, à clarifier mes branches, à voir plus loin.

Ce que j’apprends surtout, c’est que même avec mes appréhensions, je peux encore progresser. La généalogie évolue, et moi avec elle, à mon rythme, sans renoncer à ce qui me ressemble.

Chamarande : un lieu magique pour apprendre à lire le passé

Chamarande a quelque chose d’unique. Dès que j’y arrive, j’ai l’impression de franchir un seuil, de quitter le quotidien pour entrer dans un espace où le temps circule autrement. Le parc, les arbres immenses, le château qui veille depuis des siècles… tout semble inviter à ralentir, à écouter, à se laisser traverser par l’histoire.

C’est dans ce décor presque hors du temps que je suis mes ateliers de paléographie. Et il y a une forme d’évidence à apprendre à déchiffrer les écritures anciennes dans un lieu qui porte lui-même tant de traces du passé. Les murs, les allées, les pierres semblent murmurer qu’ils ont vu passer des générations, des vies, des archives, des histoires. On se sent accompagné, porté, comme si le lieu lui-même encourageait la patience et la persévérance.

À Chamarande, lire une ligne du XVIIᵉ siècle devient plus qu’un exercice : chaque atelier est un moment suspendu. Une parenthèse où l’on apprend, certes, mais où l’on respire aussi. Où l’on se reconnecte à ce qui nous anime profondément : comprendre, transmettre, faire revivre. Chamarande n’est pas seulement un lieu où je me forme. C’est un lieu qui m’inspire, qui m’ouvre, qui me rappelle pourquoi j’aime tant la généalogie et la mémoire des familles.

On ne va pas se mentir, déchiffrer les écritures anciennes, c’est douloureux ; l’apprentissage est bien compliqué…. Les séances me permettent de mieux comprendre les contextes administratifs et juridiques, d’aborder avec plus de confiance des documents atypiques et surtout d’améliorer ma fluidité dans la lecture.

Mais Il me faudra sans doute plusieurs années avant de proposer des ateliers de paléographie dignes de ce nom.

Des blocages persistants et des zones d’ombre

Aucune année de généalogie n’est linéaire. Les blocages font partie du voyage, et ils enseignent autant que les trouvailles.

Certaines branches résistent encore : ancêtres introuvables, registres lacunaires, homonymies trompeuses, et je peux vous dire que dans le Morvan ou les Landes, ce n’est pas ce qui manque ! Ces zones d’ombre restent des invitations à la patience et à la créativité. Ne dit-on pas que l’on apprend de ses erreurs…. Il faut quelquefois prendre les chemins de traverse pour retrouver les grands axes.

Ces obstacles m’ont permis de clarifier les méthodes, de repenser l’organisation et d’identifier de nouvelles pistes pour l’année à venir.

Les perspectives : ouvrir les portes de l’année prochaine

L’année qui s’annonce promet déjà de belles explorations. Quant je pense que certains s’ennuient…. Mes journées ne font hélas que 24 heures et le temps manque toujours ! Il me faut approfondir certaines branches encore mystérieuses, explorer davantage les archives judiciaires ou notariales nouvellement numérisées, et puis écrire : continuer à enrichir ce blog de récits sensibles et accessibles.

Parler de généalogie est un plaisir… mais aussi un défi. Comment transmettre des savoirs parfois techniques sans perdre l’élan de la découverte ? Comment rester passionnant sans submerger son public ? Comment éveiller la curiosité tout en respectant le rythme de chacun ?

Animer un atelier de généalogie, c’est avant tout accompagner un groupe dans une découverte progressive. Le défi, c’est de rendre accessibles des notions parfois techniques tout en gardant l’attention et le plaisir d’apprendre ; on souhaite partager des méthodes, des outils, des astuces, mais aussi offrir un espace où chacun peut s’émerveiller, comprendre, expérimenter. Il faut donc doser, simplifier sans appauvrir, illustrer sans alourdir, guider sans imposer.

Car dans un atelier, chacun arrive avec son niveau, ses questions, ses appréhensions. Certains découvrent les archives pour la première fois, d’autres ont déjà commencé un arbre. Il faut donc avancer pas à pas, en expliquant clairement, en donnant des exemples concrets, en montrant les gestes, et en laissant le temps d’expérimenter. Et lorsque l’on parle de généalogie numérique, tout le monde n’est pas au même niveau d’informatique : il faut composer….

C’est cette alchimie qui rend les ateliers si vivants. On y apprend, on y explore, on y échange. On y découvre que la généalogie n’est pas seulement une affaire de dates et d’archives, mais un voyage sensible, fait de récits, de traces et de liens.

Trouver cet équilibre demande du temps, de l’écoute et beaucoup de passion, d’autant plus que je n’ai jamais eu de formation pédagogique. On peut dire que je le fais « au feeling »…..Mais lorsque les regards s’illuminent, lorsque les participants repartent avec l’envie de poursuivre leurs recherches, on sait que l’essentiel est là : avoir transmis, sans lasser, un peu de ce goût de la mémoire qui nous anime.

« On voulait juste vérifier une date, et voilà qu’il est déjà minuit. » 

En refermant ce bilan de l’année 2025, une évidence s’impose : chaque avancée, aussi petite soit-elle, a contribué à enrichir ma compréhension de ma famille « ordinaire ». Cette année a été faite de trouvailles inattendues, de pistes patiemment dénouées, de documents enfin déchiffrés, mais aussi de moments de doute - j'ai dû migrer de Eklablog vers Blogger ! - de lenteur ou de silence dans les archives. Et pourtant, tout cela fait partie intégrante du chemin généalogique.

L’année 2026, qui arrive à grands pas, n’effacera rien de ce qui a été accompli. Elle m’invite simplement à poursuivre, à approfondir, à oser de nouvelles méthodes, à explorer d’autres sources, à raconter autrement.

Car la généalogie n’est jamais un travail terminé : c’est un mouvement, une respiration, un fil que l’on tisse avec patience et respect.

Que ce soit la rigueur, la joie des découvertes, la force des transmissions, je garde tout pour 2026 ! Avec la même envie d’explorer, de comprendre et de faire vivre la mémoire familiale !