jeudi 30 avril 2026

Actu AVRIL 2026

 

Voici des actualités glanées ça et là,

des articles repérés sur des blogs…

au hasard de mes lectures, de mes recherches


I. ACTUALITES

Inauguration de l’exposition Lafayette, entre France et Amérique | Archives nationales

ARCHIVES-NAT-mag62.pdf

*

GENEANET

L’état civil de l’Aube est en ligne – Geneanet

50 millions d’archives indexées : merci à vous ! – Geneanet

Un siècle de brevets d’invention désormais disponibles sur Geneanet ! – Geneanet

Sur les traces des ancêtres français de Céline Dion – Geneanet

Quand Napoléon signait les contrats de mariage de ses sujets – Geneanet

Les mises en ligne de la semaine du 1er avril – Geneanet

Les mises en ligne de la semaine du 8 avril- Geneanet

Les mises en ligne de la semaine du 15 avril – Geneanet

Les noms de famille qui font l’actualité – Geneanet

Que signifie le terme “Sieur” ? – Geneanet

Que signifie “baptême sous conditions” ? – Geneanet

Les mises en ligne de la semaine du 22 avril – Geneanet

Une interface améliorée pour la consultation des médias de votre arbre - Geneanet

Qu’est-ce qu’un “élève d’hôpital” ? – Geneanet

Sondage Geneanet : trois quarts des Français intéressés par leurs origines ! - Geneanet

*

FAMILYSEARCH

Qu’est-ce qu’un génogramme ? Symboles et exemples de génogrammes

Nouveaux documents historiques avril 2026

Recherches généalogiques en Allemagne et la suite (ici)

*

LA REVUE FRANCAISE DE GENEALOGIE

Généatique booste son IA pour lire les écritures manuscrites et propose une version Linux | La Revue française de Généalogie

Nostragenus, une plateforme collaborative pour identifier documents et photos | La Revue française de Généalogie

Les albums photo de l'Ecole de guerre, nouvelle piste pour vos ancêtres officiers | La Revue française de Généalogie

Geneafinder développe son outil "Correspondances" | La Revue française de Généalogie

En Belgique, les généalogistes successoraux se fédèrent | La Revue française de Généalogie

Alençon lance le site de ses Archives municipales et communautaires | La Revue française de Généalogie

Naturalisation : ce que la nouvelle circulaire change pour vos recherches | La Revue française de Généalogie

Les Allemands se demandent : mon grand-père était il nazi ? | La Revue française de Généalogie

Deux films de mémoire réalisés par les Archives départementales de l’Hérault | La Revue française de Généalogie

Plus de recensements et plus de matricules pour retrouver un ancêtre vosgien | La Revue française de Généalogie

Lequel de nous deux portera l'autre ? | La Revue française de Généalogie

Le CESE veut lui aussi dépénaliser les tests génétiques | La Revue française de Généalogie

ADN généalogique : un outil plébiscité par 65% des Français | La Revue française de Généalogie

ECPAD, une nouvelle porte d’entrée pour les images militaires d'archives | La Revue française de Généalogie

Héraldique : un nouveau visage pour la base Webaldic | La Revue française de Généalogie


Le fonds de l’hôpital psychiatrique de Charenton est désormais en ligne | La Revue française de Généalogie

Seine-Maritime : mise en ligne des registres d’immatriculations 1899-1940 | La Revue française de Généalogie

Une généalogie pour 72 femmes de science | La Revue française de Généalogie

*

FILAE

Nouveauté : Visualisez les demi-frères et demi-sœurs ! | Filae

État civil de Seine-et-Marne : +4,6 millions individus | Filae

Vos documents archivés font peau neuve ! | Filae

Cas pratique : retrouver tous les enfants d’un couple d’ancêtres | Filae

*

GENEAFINDER

Généalogie : explorer les archives hospitalières

Parcours scolaire de vos ancêtres : retrouver les archives scolaires

Élections dans les Archives : Retrouvez vos Ancêtres

Imprimer gratuitement votre arbre d’ascendance sur Geneafinder

Généalogie gratuite avec Geneafinder : 4 modèles d'arbres généalogiques à remplir et à imprimer

Ancêtres alsaciens : mener des recherches entre France et Allemagne

Les sages‑femmes d’autrefois : pionnières de la médecine au féminin

*

LE BLOG DE GALLICA

La voix, un instrument à cordes ou un instrument à vent ? | Blog | Gallica

Petite histoire des œufs de Pâques | Blog | Gallica

Les ressources de presse de Lectura Plus migrent dans Gallica | Blog | Gallica

L’Atlas Miller : le monde avant Magellan | Blog | Gallica

Exposition| Cartes imaginaires | BnF - Site institutionnel

Esquisse d'une géographie gourmande : les cartes gastronomiques | Blog | Gallica

Éthique des neurosciences : peut-on hacker nos cerveaux ? | BnF - Site institutionnel

Les étangs de Corot | Blog | Gallica

Claude Cahun, du surréalisme à la résistance | Blog | Gallica

Écho et Narcisse de Nicolas Poussin | Blog | Gallica

La femme orientale : de la chimère au sujet politique | Blog | Gallica

SophieGermain, une mathématicienne à la BnF | Blog | Gallica

*

ARCHIVES & CULTURE

La première visite aux archives départementales 2/3

La première visite aux archives départementales 3/3

Les archives des bureaux de bienfaisance

Les cartes de déportés de la Première Guerre mondiale – Film 374

Les médaillés de Sainte-Hélène

Retrouver par Internet un titulaire de la Légion d'honneur - Film 347

*

LA FRANCE PITTORESQUE

Légende et fête du Loup-Vert à Jumièges (Seine-Maritime)

La République des bourreaux vertueux. Éditorial du 12 avril 2026

25 avril 1792 : première utilisation de la guillotine, à Paris, lors de l'exécution de Nicolas-Jacques Pelletier

Confiserie Kubli à Morangis : dernier écrin francilien des bonbons d’antan

Muséum d'Histoire naturelle de Paris : un joyau patrimonial en péril

François-Athanase Charette de La Contrie. Guerres de Vendée. Armée catholique et royale. Portrait, biographie, vie et œuvre

25 janvier 1726 : mort du géographe et cartographe Guillaume Delisle

*

LA GAZETTE DU VENDREDI

Jules, Anna et Marie Louise Devos - www.histoire-genealogie.com

Du XVIe au XVIIIe siècle : une génération de nouveaux villages en Lorraine – Persée

Un imprimeur Auvergnat : Antoine GALLAND (1763-1851) - Seconde partie. - www.histoire-genealogie.com

La restauration de la Grande Pancarte de l’Abbaye Saint-Martin de l’Ile-Barbe (1367), AD Rhône 10 G 3408 – Rotulus

Explorer notre histoire familiale ou locale avec nos cinq sens - www.histoire-genealogie.com

Lafayette entre France et Amérique. Histoire et légende | Archives nationales

Des moines violents : Chanteuges 1724 - www.histoire-genealogie.com

Un exemple de « lévirat sorora » dans les sociétés méditerranéennes (…) - www.histoire-genealogie.com

Antoine et Jean Waller et la cathédrale de Metz - www.histoire-genealogie.com

L’histoire des horloges amiénoises - Amiens Métropole

La vie des villages de Wasigny, la Neuville-lès-Wasigny et les pays environnants,

Vandalisme funeste - www.histoire-genealogie.com

*

II. EXPOSITIONS VIRTUELLES


Enluminures en Languedoc (IXe-XVIe siècle) (FranceArchives)

Hôtel Dieu de LYON

*

III. DES SITES, DES BLOGS et aussi des histoires…. 

(c’est désormais ici)

*

IV. DES PODCASTS, A ÉCOUTER

DES VIDEOS A REGARDER, SANS MODERATION….…

Au gré de mes envies, au fil de mes lectures….

Donner sa langue au roi, le français sur ordonnance : épisode 1/4 du podcast La langue française, une histoire politique | France Culture

Quand les diplomates parlaient français : épisode 2/4 du podcast La langue française, une histoire politique | France Culture

Patois, dialectes : le français s’est-il débarrassé de ses accents ? : épisode 3/4 du podcast La langue française, une histoire politique | France Culture

Canada, quand le français était une langue de résistance : épisode 4/4 du podcast La langue française, une histoire politique | France Culture

La marquise de Brinvilliers : épisode 1/5 du podcast L’affaire des poisons a-t-elle révélé tous ses mystères ? | France Inter

1677, l’arrestation de Madeleine de la Grange : épisode 2/5 du podcast L’affaire des poisons a-t-elle révélé tous ses mystères ? | France Inter

1680, la création de la Chambre ardente : épisode 3/5 du podcast L’affaire des poisons a-t-elle révélé tous ses mystères ? | France Inter

La marquise de Montespan : épisode 4/5 du podcast L’affaire des poisons a-t-elle révélé tous ses mystères ? | France Inter

L’épilogue de l’affaire Montespan : une affaire d'État qui fit trembler la Couronne : épisode 5/5 du p odcast L’affaire des poisons a-t-elle révélé tous ses mystères ? | France Inter

DesDogons aux campagnes françaises : rituels et croyances autour duplacenta | France Culture

En 1982, dans "La matinée des autres", Martine Baude s'était intéressée aux rituels et croyances qui entourent la naissance en interrogeant des ethnologues, des psychanalystes, des médecins. L'émission était intitulée : "Placenta : Le compagnon des profondeurs".

Jean Allemane, un ouvrier sur les barricades de la Commune : épisode 1/3 du podcast Jean Allemane, ouvrier typographe, communard, socialiste | France Culture

La domestication : épisode 1/5 du podcast Les animaux font-ils partie de notre histoire ? | France Inter

Les animaux au Moyen Âge et à la Renaissance : épisode 2/5 du podcast Les animaux font-ils partie de notre histoire ? | France Inter

L’animal-machine de la révolution industrielle : épisode 3/5 du podcast Les animaux font-ils partie de notre histoire ? | France Inter

Les animaux dans la guerre : épisode 4/5 du podcast Les animaux font-ils partie de notre histoire ? | France Inter

XIXe-XXe siècles, la lente reconnaissance de l’animal : épisode 5/5 du podcast Les animaux font-ils partie de notre histoire ? | France Inter

11 millions d'équidés, 100 000 chiens, 200 000 pigeons : les animaux ont été enrôlés en masse dans la Grande Guerre, pour porter, tirer, guetter, secourir, informer... Parfois pourchassés, plus souvent gardés et choyés, ils ont souvent aidé les soldats à survivre dans l'enfer, à occuper leur temps.

Des animaux morts pour la France : histoire des bêtes de tranchées | France Culture

Août 1945, Hiroshima et Nagasaki, deux villes japonaises meurtries par l’arme atomique mise au point par les Américains. La fin d’une seconde guerre mondiale sanglante qui, à ses débuts, ne pouvait laisser imaginer que les Etats-Unis remporteraient la victoire dans cette quête de l’arme nucléaire. En 1939, c’est l’Allemagne qui prit la tête de la course à l’atome, forte des meilleurs physiciens et de laboratoires performants, et face à des équipes françaises et américaines déjà bien avancées. On prétend même que les nazis auraient procédé à un essai nucléaire en mars 1945... Vérité ou affabulation ? Que s’est-il passé, côté allemand, pour ruiner cette suprématie de départ ? Qui étaient ses scientifiques allemands qui oeuvraient en secret pour mettre au point la première bombe nucléaire ? Ils s’appelaient Werner Heisenberg, Otto Hahn, Kurt Diebner, Walter Gerlach... et c’est leur histoire que nous raconte l’historien et journaliste Nicolas Chevassus-au-Louis , auteur du livre Pourquoi Hitler n’a pas eu la bombe atomique , paru chez Economica.

Des scientifiques sous le Troisième Reich. Pourquoi Hitler n’a pas eu la bombe atomique | France Culture

Un parricide masculiniste en 1835 : l’affaire Pierre Rivière, avec Jeanne Favret-Saada

Au début du XIXème siècle, la lecture est réservée à une élite avant de se démocratiser au fil des réformes scolaires. Pour les femmes, l'accès au livre reste toujours contrôlé : interdiction de lire seule, à l'extérieur de la maison et encore moins en bibliothèque. Celles qui lisent accompagnent cependant l'essor du roman jusqu'à entrer en littérature : la lectrice devient un personnage. La lecture féminine représente un danger à la bonne morale, pouvant mener au vice voire au meurtre….

Lire, un apprentissage : épisode 1/8 du podcast Celles qui lisent | France Culture

Exercice critique : épisode 2/8 du podcast Celles qui lisent | France Culture

Les lectrices sur le banc des accusés : épisode 3/8 du podcast Celles qui lisent | France Culture

Trop sensibles à la romance : épisode 4/8 du podcast Celles qui lisent | France Culture

A l’assaut des bibliothèques : épisode 5/8 du podcast Celles qui lisent | France Culture

Le mot "populisme" est omniprésent dans les débats politiques actuels, pour désigner aussi bien la gauche que la droite. Alors que désigne exactement ce terme, et quelle est son histoire ? L'historien Marc Lazar estime que ce mouvement politique prend ses racines en France, durant la Révolution.

Depuis la Révolution française, le mot « peuple » est partout : on dit que le « peuple » a pris la Bastille.  Mais alors, de quel peuple s’agit-il ? Est-il forcément univoque ? En réalité, ce sont quelque 700 personnes qui ont pris la Bastille : des hommes essentiellement, parisiens, des artisans ou des salariés du faubourg Saint-Antoine - pas tout le peuple !

Selon la Constitution de 1958, « la souveraineté nationale appartient au peuple qui l’exerce par ses représentants et par la voie du référendum » (art. 3). Et l’article 4 précise : la Constitution pose le principe de la République comme étant « le gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple ». Ce qui signifie : la souveraineté appartient au peuple, mais par ses représentants !

À quel moment et par quels méandres le mot « populisme », de mouvement politique qui revendique son action en faveur du peuple, s’est mis à désigner toute autre chose ? Et que désigne maintenant le mot "populisme" ? Pour répondre à cette question au cœur de nos débats actuels, l'historien Marc Lazar, professeur émérite à Sciences Po Paris, qui affirme : « La France est le berceau du populisme et l’une de ses terres de prédilection » est l'invité de cette nouvelle série du Fil de l'histoire. Il nous aidera à nous questionner sur la représentation nationale et sur la démocratie.

Le populisme, une histoire de gauche ou de droite ? : un podcast à écouter en ligne | France Inter

Le général Boulanger fait trembler la République : épisode 2/5 du podcast Le populisme, une histoire de gauche ou de droite ? | France Inter

Les ligues des années 1930 : épisode 3/5 du podcast Le populisme, une histoire de gauche ou de droite ? | France Inter

Le poujadisme des années 1950 : épisode 4/5 du podcast Le populisme, une histoire de gauche ou de droite ? | France Inter

Le communisme, le maoïsme et le gaullisme : épisode 5/5 du podcast Le populisme, une histoire de gauche ou de droite ? | France Inter


Né dans la résistance, en 1941, ce bulletin au nom batailleur a a lors pour mission de contrer la propagande vichyste et de convaincre les Françaises et Français que, malgré l’occupation allemande, tout n’est pas perdu. Il faut continuer à se battre ! Et c’est ce que font, inlassablement, les résistants de Combat, prenant les plus grands risques pour faire exister ces pages imprimées porteuses d’espoir. Grâce à leurs efforts et à leurs sacrifices, Combat devient un des journaux clandestins les plus diffusés pendant la Seconde Guerre mondiale.À la Libération, le média entame une première mue et devient un quotidien, légal cette fois, avec Albert Camus en éditorialiste-star. Le journal se veut un lieu de débats, où se pense la reconstruction du pays. Mais la presse est une aventure difficile et au fil des années et des péripéties, Combat va perdre peu à peu ses lecteurs… Jusqu’à mettre définitivement la clé sous la porte, en 1974.

Un récit documentaire de Marie Kirschen

L’histoire du journal "Combat" | France Inter

En octobre 1793, la reine Marie-Antoinette, tant détestée pendant son règne, est condamnée à mort. De quoi paye-t-elle le prix ? Quel est son crime devant le tribunal révolutionnaire ? L'historien Emmanuel de Waresquiel revient sur ce procès politique et dont l'issue ne fit jamais aucun doute...

Marie-Antoinette a toujours fait l'objet de représentations très contradictoires, durant sa vie et bien après sa mort. 

Autrichienne donc traitresse à la France, « reine scélérate », dépensière, saphique... Si détestée que plusieurs fois, dès 1789, on a cherché à s’en prendre à sa vie. C'est finalement un tribunal révolutionnaire qui la condamnera à mort en 1793.

Puis, au début du XIXᵉ siècle, Marie-Antoinette fera l’objet d’un véritable culte, sanctifiée pour son martyre et sa mort sacrilège. Avec le retour de la République, la tradition régicide s’est perpétuée aux XIXᵉ et XXᵉ siècles : il n’y a aucun doute, Marie-Antoinette était coupable, et fut à juste titre condamnée à mort pour avoir orchestré avec les puissances étrangères tous les complots qui visaient à de mettre fin à la Révolution et à ramener au pouvoir la monarchie absolue.

Mais qui était vraiment la femme qui s’est présentée devant le Tribunal révolutionnaire, le 14 octobre 1793 ? Marie-Antoinette, veuve Capet, reine de France déchue, de quoi était-elle accusée ? Avait-elle une chance d’échapper à la mort ? Et lorsqu’elle était finalement condamnée, de quoi était-elle reconnue coupable ?

Emmanuel de Waresquiel, historien, spécialiste de la Révolution française, auteur de Juger la reine (en 2016 chez Tallandier), et académicien, replonge dans le procès de Marie-Antoinette dans cette nouvelle série.

Une reine haïe : épisode 1/5 du podcast Le procès de Marie-Antoinette : de quoi est-elle coupable ? | France Inter

La prison du Temple : épisode 2/5 du podcast Le procès de Marie-Antoinette : de quoi est-elle coupable ? | France Inter

La Conciergerie, antichambre de la mort : épisode 3/5 du podcast Le procès de Marie-Antoinette : de quoi est-elle coupable ? | France Inter

14 octobre 1793, l’ouverture du procès : épisode 4/5 du podcast Le procès de Marie-Antoinette : de quoi est-elle coupable ? | France Inter

La mort : épisode 5/5 du podcast Le procès de Marie-Antoinette : de quoi est-elle coupable ? | France Inter

*

ET CE MOIS-CI je vous propose Welcome to the Genealogy Foundation - Genealogy Foundation

Genealogy Foundation est un site anglophone consacré à la généalogie sous toutes ses formes. Il se présente comme un espace d’exploration, d’apprentissage et de transmission, destiné aussi bien aux débutants qu’aux chercheurs plus expérimentés. Son objectif est clair : « Unlock the Past, Enrich Your Future », c’est‑à‑dire comprendre le passé pour enrichir sa propre histoire familiale.

Le site propose plusieurs axes de découverte :

1. Comprendre et explorer ses origines

Il met en avant l’importance de connaître ses racines pour mieux saisir son identité, ses héritages culturels, les traditions familiales et les trajectoires qui ont façonné les générations.

2. Grandir par la généalogie

Genealogy Foundation insiste sur la dimension personnelle de la recherche :

  • sentiment d’appartenance,

  • compréhension des épreuves et réussites des ancêtres,

  • transmission intergénérationnelle.

3. Utilité pratique

Le site rappelle que la généalogie peut aussi avoir des implications concrètes :

  • démarches juridiques ou citoyennes liées à la filiation,

  • connaissance de l’histoire médicale familiale.

4. Ressources et apprentissages

Il propose des contenus variés pour progresser :

  • techniques de recherche,

  • analyses de documents anciens,

  • conseils pour dater des photographies,

  • études de cas et histoires familiales.

5. Ouverture et partage

Genealogy Foundation valorise la dimension communautaire :

  • renouer avec des proches,

  • découvrir des cousins éloignés,

  • échanger avec des passionnés du monde entier.

6. Préserver la mémoire

Enfin, le site encourage la conservation des récits, des traditions et des archives familiales pour les générations futures.

*

Bonne lecture et belles trouvailles

Et pour ne rien perdre de toute cette actualité, cliquez sur l’image ci-dessous

Hétomesnil 1714 : trois vies minuscules

Dans un village pauvre de Picardie, trois bouches de plus à nourrir n’étaient pas un cadeau du ciel. Et pourtant, en ce 25 mars 1714, à Hétomesnil, certains verront dans cette naissance un prodige, un signe venu de Dieu, un écart rare dans l’ordre immuable de la nature. Mais pour Françoise Maillard, trente‑sept ans, ce prodige a le goût amer d’une épreuve.

*

La petite maison dort encore. Dans la pièce unique qui leur sert de chambre, trois garçons sont étendus sous des couvertures rapiécées : Charles, douze ans, déjà l’air grave des enfants qui travaillent trop tôt ; François, sept ans, qui dort la bouche ouverte ; et Barthélémy, cinq ans, roulé en boule comme un chaton. Les deux petites filles, elles, dorment du sommeil de l’éternité : Marie‑Anne, morte à trois jours, et Marie, morte à trois mois, reposent dans la terre froide du cimetière.

Sa petite Marie est décédée en décembre 1712 : il lui semble que c’était hier...

La première douleur arrive comme une lame sourde, un coup de couteau dans le bas‑ventre. Elle se redresse, lentement, comme si chaque mouvement risquait de la briser. Le feu est presque mort dans la grande cheminée ; une seule braise rouge pulse faiblement, comme un cœur fatigué. Pourquoi faut‑il toujours que les enfants naissent la nuit…

Elle pose une main sur son ventre rebondi. Charles, son mari, l’observe en silence. Il ne reconnaît plus vraiment la femme vive et joyeuse qu’il a épousée, il y a déjà treize ans. Depuis la mort de la petite, un voile sombre s’est posé sur elle. Il espère - naïvement peut‑être - que cette naissance lui rendra un peu de lumière.

Mais les gémissements de Françoise le tirent de ses pensées. Il se lève d’un bond, enfile sa veste, et court chercher la sage‑femme. Le bébé arrive. Pourvu que ce soit un garçon.

Depuis cet hiver, Françoise vit dans un silence épais. Le petit cercueil qui descend dans la terre froide n’en finit pas de la hanter, jour après jour. Tout cela est encore si présent. Elle n’a pas eu le temps de guérir. Elle n’a même pas eu le temps de respirer.

Une nouvelle contraction la plie en deux. Elle serre les dents. Elle ne veut pas réveiller les enfants. Elle ne veut pas être vue ainsi, vulnérable, ouverte, défaite. Elle ne veut pas crier, mais la douleur est si vive, si profonde, que la pudeur s’efface devant l'instinct. Alors qu’elle expulse un hurlement animal, rauque et long, ses doigts se crispent sur la couverture, son corps se cambre et ses mains agrippent celles de la sage-femme jusqu'à blanchir les articulations ; la matrone est arrivée, essoufflée, les joues rougies par le froid. Françoise la regarde sans vraiment la voir. Elle n’est que douleur. Tout se brouille : la lumière de l’unique chandelle, les gestes rapides, les paroles qu’elle n’entend plus. Elle sent seulement qu’on lui prend la main, qu’on lui dit de respirer, de tenir, de ne pas lâcher.

La sage‑femme approche la chandelle et repousse délicatement quelques mèches humides collées par la moiteur de son visage. La flamme tremble, projetant sur les murs des ombres qui s’étirent comme des bras. « Courage, ma fille…je suis là... » murmure-t-elle.

La matrone prononce quelques prières et applique des linges tièdes, mais les remèdes qu’elle espère réconfortants, ne sont que des caresses dérisoires sur un incendie qui ravage le ventre de la mère. Françoise se mord les lèvres pour moins hurler, elle balance frénétiquement la tête et dans un dernier hurlement, expulse une masse sombre et sanguinolente.

Charles attend dehors, assis sur le banc, fumant sa pipe. Il a entendu les vagissements du nouveau-né et s’apprête à rentrer. Mais la sage-femme lui intime l’ordre de ressortir car un deuxième enfant arrive…..

Françoise a compris que ce n’est pas fini…. une autre vague de douleur la submerge. Les contractions, un instant suspendues, reviennent avec une violence décuplée. La sensation de déchirement atteint un paroxysme tel qu’elle croit que son cœur va lâcher.

Un deuxième cri. Puis un troisième.

Elle ferme les yeux. Un. Deux. Trois. Trois enfants. Elle sent son cœur se serrer, comme si une main invisible l’écrasait trop fort. Comment les nourrir ? Comment les garder en vie ? Comment ne pas les perdre, eux aussi ?

Charles rentre. Il regarde les trois bébés ; Jean Baptiste, Siméon et Marie sont si petits, si légers, qu’ils tiennent tous les trois dans le même berceau. Charles n’avait pas envisagé qu’ils seraient trois….

Il n’avait pas imaginé cela. Quand les premières douleurs ont commencé, il s’est dit que ce serait comme les autres fois : une longue nuit, des allers-retours vers le feu, quelques mots murmurés à sa femme pour l’encourager, puis un enfant, un seul, fragile mais vivant.

La sage‑femme s’arrête, les mains encore couvertes de sang. Elle échange un regard avec le père, un regard lourd de ce qu’ils n’osent pas dire. Trois enfants. Trois. Dans cette maison où l’on peine déjà à nourrir les vivants.

Charles ne comprend pas. Il ne sait pas comprendre. Il n’a pas les mots, pas les repères, pas l’expérience pour accueillir ce qui vient de se produire.

Trois enfants. Trois.

Il s’appuie contre le mur, les jambes soudain trop faibles. Il regarde les trois petits corps minuscules, alignés dans des linges encore humides. Il ne voit que leur fragilité, leur peau presque transparente, leurs poings serrés comme des petites graines.

Il pense à la terre froide du cimetière où repose sa petite dernière. Il pense au blé qui manque, au bois qu’il faudra couper, au lait qu’il n’a pas. Il pense à sa femme, épuisée, qui ferme les yeux comme si elle tombait au fond d’un puits.

Il ne dit rien. Il ne sait pas quoi dire d’ailleurs. Il reste là, immobile, les mains ouvertes, comme un homme qui reçoit un fardeau trop lourd pour lui.

Dans sa tête, une seule phrase tourne en boucle, sans qu’il ose la prononcer : « Comment allons‑nous faire ? »

Ce n’est pas de la joie. Ce n’est pas de la peur. C’est un mélange étrange, brutal, un vertige. La surprise pure, celle qui renverse un homme et lui fait comprendre que sa vie vient de basculer, peut‑être pour quelques jours seulement, peut‑être pour toujours.

Les jours suivants se ressemblent : des heures de veille, des tentatives d’allaitement, des prières murmurées, des gestes lents pour maintenir la chaleur autour des berceaux improvisés. La mère lutte contre le sommeil, contre la peur, contre la mémoire encore vive de leur petite Marie, perdue quelques mois plus tôt.

*

Au XVIIIème, la mortalité infantile était extrêmement élevée ; ces trois petites vies n’y survivront pas : impossibilité d’allaiter trois enfants à la fois, impossibilité de choisir, absence de soins adaptés. Survivre plus de quelques jours aurait été exceptionnel pour cette année 1714.

Dans le registre paroissial, trois prénoms seront inscrits, quelques lignes à peine. Mais dans cette maison d’Hétomesnil, en cet hiver de 1714, ce sont trois vies minuscules qui auront traversé le monde comme des étincelles - brèves, fragiles, mais bien réelles.

Et dans l’histoire de cette famille, ils sont trois passages furtifs qui disent la fragilité du monde d’autrefois, la force des mères, et la dignité des existences qui n’ont duré qu’un souffle. Mais Françoise n’oubliera jamais….

Et que dire de Charles…. Il ouvre la porte. Le froid lui mord le visage. Il inspire profondément, comme pour se donner du courage. Et il part.

Chaque pas dans la terre humide lui rappelle ce qu’il laisse derrière lui. Mais il avance. Parce qu’il n’a pas le choix. Parce que la vie, même dans sa cruauté, exige qu’on continue.

Dans le champ, il lève les yeux vers le ciel gris. Il pense à sa femme. Aux trois petits. À ceux qui restent. Et il serre les dents.

Parce qu’aujourd’hui, comme hier, comme demain et après-demain, il doit travailler. Pour eux. Pour tenir debout. Pour ne pas sombrer.

mercredi 15 avril 2026

Elisabeth Deiber ou l'histoire d'un féminicide

Voici une manière stimulante d’enrichir sa généalogie : repérer un fait divers dans RetroNews ou dans tout autre journal de presse ancienne (Gallica), puis vérifier si le patronyme mentionné apparaît dans son arbre familial. Pour ma part, je suis partie d’un article sensationnaliste relatant l’affaire d’Élisabeth Deiber, assassinée par son patron, Eugène Gruber, boucher à Oberhaslach.

Si à ce jour je n’ai pu trouver aucun lien de parenté avec Elisabeth Deiber, bien que nous portions le même patronyme, Eugène Gruber est un petit-neveu de l’époux de Françoise Siat, dont je suis une descendante à la 4ème génération d'un cousin au 4ème degré : autant dire une très lointaine « connaissance »….

Oberhaslach, un petit village pas si tranquille que ça….

Hier soir, 12 mars 1936, le corps de Mlle Élisabeth Deiber, âgée de 24 ans, a été découvert dans la maison Grüber à Oberhaslach. Le meurtrier avait tranché la gorge de sa victime. Les soupçons se sont immédiatement portés sur Eugène Gruber, âgé de 41 ans, boucher à Oberhaslach, qui, après avoir longtemps nié, a fini par avouer son acte. C’est la propre épouse du meurtrier qui, à son retour de Strasbourg, a découvert le corps. Les motifs qui ont poussé Grüber à son funeste geste restent encore inconnus.

Rappel des faits (Le Unterländer Kurier)

Depuis 1932, Élisabeth assure le ménage et veille sur les cinq enfants du couple Gruber. Madame Gruber, souffrante depuis longtemps, doit en effet se rendre régulièrement à Strasbourg pour y suivre des soins. Parallèlement à son activité de boucher, monsieur Gruber tient également un petit restaurant à Oberhaslach.

Dans le village, on raconte que Gruber multipliait les avances auprès de la jeune domestique, pourtant réputée pour sa conduite irréprochable. Pour couper court aux commérages, Élisabeth décide, à partir de février 1936, de se rendre moins souvent à la boucherie. Cette distance attriste profondément Gruber, qui tente de la convaincre de revenir sur sa décision. Il lui demande notamment de venir prendre les mesures de nouveaux rideaux destinés à la chambre conjugale, un cadeau qu’il souhaite offrir à son épouse.

Mais à 19 heures, le corps de la jeune femme est retrouvé dans cette même chambre. Selon la déclaration de l’accusé, Élisabeth s’y serait rendue dès son arrivée pour mesurer les fenêtres du premier étage. Lorsque Gruber la rejoint, elle lui annonce qu’elle ne l’accompagnera plus en voiture, afin de mettre définitivement fin aux rumeurs qui circulent dans le village. Saisi d’une colère soudaine, Gruber se serait alors jeté sur elle et aurait tenté de l’étrangler.

Élisabeth se défend de toutes ses forces et parvient à griffer le visage de son agresseur. Mais, prise d’un violent étouffement, elle s’évanouit sur le lit. Gruber saisit alors un rasoir dans le tiroir de la table de chevet et lui tranche la gorge. Sans accorder davantage d’attention à la jeune femme, il descend à la cuisine pour se laver les mains couvertes de sang. Il affirme avoir ensuite jeté le rasoir, encore dégoulinant, dans la fosse à boussier - fosse extérieure où le boucher jetait autrefois les déchets de boucherie (graisses, rognures, restes organiques). À ce moment-là, dit-il, il aurait entendu un bruit provenant de la chambre où il venait de commettre son acte. En y retournant, il constate que le corps est tombé du lit, entraînant la table de chevet dans sa chute.

L’accusé aurait alors remis les objets en place et fermé les volets, mais il prétend ne plus s’en souvenir clairement. Il se rend ensuite dans son magasin, où il se sert une bière. D’un calme déconcertant, il raconte s’être blessé en tombant dans un buisson. Lorsque le frère d’Élisabeth vient la chercher à deux reprises, Gruber affirme qu’elle est partie en laissant son vélo. Il va même jusqu’à l’inviter à boire une bière avec lui.

C’est l’épouse de Gruber qui, de retour de Strasbourg vers 19 heures, découvre le corps et alerte les voisins. On retrouve le meurtrier dans le jardin : il paraît abattu, mais nie tout. Son attitude laisse transparaître une certaine indifférence. Après son arrestation par la gendarmerie, il tente de s’évader. Ce n’est que tard dans la nuit, au terme d’un interrogatoire long et minutieux, qu’il finit par avouer.

L’audition de l’accusé

L’autopsie révèle que la mort est due à la coupure infligée au rasoir, précédée d’une tentative d’étranglement. Les vêtements de la victime ne présentent aucun signe de désordre.

Gruber est soumis à un examen psychiatrique. Les experts constatent chez lui des anomalies psychologiques d’allure épileptique, susceptibles d’expliquer un passage à l’acte dans un accès de sadisme. Toutefois, comme cet épisode n’a pas été accompagné d’une altération de ses facultés sensorielles, il est déclaré pleinement responsable de ses actes sur le plan pénal.

Élisabeth Deiber jouissait d’une réputation irréprochable. Hormis un bref séjour à Rothau, où elle avait travaillé dans une famille, elle avait toujours vécu à Oberhaslach auprès de ses parents. Les habitants du village louent unanimement la conduite exemplaire de la jeune femme et de sa famille.

Quant à l’accusé, il était considéré comme intelligent, mais également comme un homme grossier et brutal.

Eugène Gruber est né le 1ᵉʳ avril 1894. Son père exerçait déjà les métiers de boucher et d’aubergiste à Oberhaslach. Pendant la guerre, Gruber a été blessé à deux reprises : une balle au pied gauche et un éclat d’obus à la main droite. À son retour, il reprend l’affaire familiale et se marie en 1926.

En apparence, il mène une vie stable, mais il sombre peu à peu dans l’endettement, qui atteint désormais 120 000 francs. Il attribue cette situation à un accident de voiture ainsi qu’aux maladies de son épouse et de ses enfants. Le couple a cinq enfants, dont l’aîné n’a que neuf ans.

Au cours de l’interrogatoire, le président souligne qu’Élisabeth Deiber avait été profondément troublée en apprenant que des rumeurs circulaient au sujet de sa relation avec Gruber.

L’accusé, un homme grand et massif, au visage congestionné, essuie parfois ses yeux avec son mouchoir, mais retrouve rapidement son sang‑froid. On apprend également qu’après son arrestation initiale, il avait été placé dans le local de détention communal, d’où il a défoncé la porte pendant la nuit avant de rentrer chez lui, prétendument pour faire ses adieux à ses proches.

Les témoignages

Le docteur Pfersdorf, chargé d’évaluer l’état mental de l’accusé, conclut à une légère altération de sa responsabilité. Il le décrit comme facilement irritable. Le crime paraît d’autant plus énigmatique qu’aucune explication convaincante ne semble pouvoir l’éclairer.

Le docteur Sizaret, également expert psychiatre, affirme que l’accusé présente une tendance à la violence, tout en donnant l’impression d’être sincère.

Le docteur Wehrung, qui l’a suivi médicalement à plusieurs reprises, estime que l’homme n’était pas maître de ses actes au moment des faits.

Enfin, le docteur Pfister expose les résultats de l’autopsie.

Un gendarme rapporte qu’au moment de l’arrestation, il a trouvé une mèche de cheveux dans la poche du gilet de l’accusé, que celui-ci dit avoir reçue d’Elisabeth en souvenir.


Maître Pflimlin lit la déclaration écrite de Mme Rosalie Kalt, absente pour raisons de santé. Selon cette déclaration, Elisabeth aurait confié à la témoin qu’elle ne voudrait jamais séparer un père de ses enfants, ni se marier.

Les autres témoins n’apportent aucun élément nouveau significatif.

Le verdict est un acquittement

Eugène Gruber, pourtant arrêté, interrogé, et après avoir avoué le meurtre d’Élisabeth Deiber, est acquitté par la cour d’assises : les jurés ont estimé que l’intention homicide n’était pas suffisamment prouvée, en raison de l’absence de témoins directs, de l’absence de mobile clair, de la possibilité — avancée par la défense — d’un geste commis dans un « accès » ou un « trouble » sans préméditation, et surtout d’un climat social où l’on privilégiait souvent le doute au bénéfice de l’accusé, surtout en milieu rural.

Ce verdict s’est accompagné d’un franc symbolique accordé à la famille de la victime au civil — un mécanisme courant à l’époque lorsque la responsabilité pénale n’était pas retenue, mais qu’une faute ou négligence était reconnue.

Je n’en crois pas mes yeux…. ! Je relis les différents articles trouvés sur le net : il n’y a aucun doute, Gruber a bien été ac-quit-té….. Mais pourquoi ?

Pourquoi l’acquittement d’un meurtrier était-il possible en 1936 ?

Dans les années 1930, la cour d’assises exigeait une intime conviction des jurés. Sans preuve directe (aveu, témoin oculaire, arme identifiée), l’acquittement était fréquent, même dans des affaires où l’accusé était fortement soupçonné.

Et puis, la police scientifique n’existait pas, du moins pas comme nous la connaissons aujourd’hui : pas d’ADN, une balistique balbutiante, des analyses de sang limitées, et des scènes de crime souvent mal conservées.

Un meurtre pouvait donc manquer de preuves matérielles solides, rendant la condamnation impossible.

N’oublions pas non plus le statut social de l’accusé ; un patron, un commerçant établi, le boucher Gruber jouissait d’une excellente réputation locale et d’une présomption de respectabilité. Peut-être a t-il reçu des témoignages de moralité….

À l’inverse, la jeune employée, Élisabeth Deiber, simple domestique – et femme de surcroît - pouvait être décrite de manière biaisée, ce qui influençait les jurés.

Le poids de la presse alsacienne de 1936

La presse alsacienne de 1936 a présenté Gruber comme un artisan respectable, travailleur et sans histoire, tandis qu’Élisabeth Deiber a été décrite comme une jeune employée fragile, naïve ou maladroite. Ce cadrage, typique des faits divers de l’époque, orientait le lecteur vers la thèse de l’accident plutôt que du meurtre. Il a contribué à rendre l’acquittement socialement acceptable.

Les articles de faits divers décrivaient presque toujours le patron comme un homme sérieux et travailleur, bien connu dans la commune, sans antécédents et estimé de ses voisins. Ce type de portrait crée un halo de respectabilité. « Il nie farouchement avoir voulu faire du mal ». Dans un village comme Oberhaslach, l’artisan est un pilier social. Un boucher est indispensable à la vie locale ; la presse ne s’y est pas trompée ; elle reflète cette position sociale en insistant sur la stabilité, la moralité et la réputation.

A l’inverse, les jeunes employées rurales étaient presque toujours décrites selon des stéréotypes très marqués : « réservée », « jeune fille sans défense »,« timide ». Les journaux soulignaient souvent leur jeune âge, la condition modeste, voire la dépendance économique, le statut d’employée ou d’apprentie. Ces termes ne visent pas à les dévaloriser, mais ils les placent dans une position passive, fragile, presqu’infantilisée : la position de la femme….

Toutefois, une « faute » a été retenue : même en cas d’acquittement pénal, la cour d’assises statue aussi sur les dommages et intérêts. Le versement d’un franc symbolique signifie que le tribunal a admis une responsabilité minime ; il n’y avait pas de faute lourde, mais une simple négligence, une imprudence….

Un féminicide ? Sans aucun doute….

L’affaire Elisabeth Deiber, survenue à Oberhaslach en 1936, est un cas d'école particulièrement sombre de la violence masculine de l'époque.

Le terme « féminicide », bien qu'utilisé par certaines militantes dès les années 1970, n'est entré dans le dictionnaire français qu'en 2014. Et pourtant, le crime commis par Eugène Gruber coche toutes les cases de la définition moderne du féminicide : à savoir , le meurtre d'une femme parce qu'elle est une femme.

  • Le meurtrier est l’employeur d’Élisabeth, dans une position d’autorité, voire de « possession »,

  • Il la harcelait et ne supportait pas les refus de ses avances,

  • Le passage à l’acte survient après un rejet explicite de la jeune femme,

  • Le mobile est donc lié au refus féminin et à la frustration masculine, non à un conflit matériel ou politique.

En 1936, la presse et la justice parlaient de « crime passionnel ». Aujourd'hui, on analyse cela comme la manifestation d'un contrôle coercitif : « Si tu n'es pas à moi, tu ne seras à personne ». Gruber a agi avec une cruauté extrême, ce qui souligne la volonté de détruire la victime pour avoir exercé son autonomie.

C'est le récit type d'une femme tuée pour avoir tenté de reprendre sa liberté face à un homme qui considérait avoir un droit de propriété sur elle.

*

Pour en savoir plus :

Domesticité rurale (valet de labour ou de ferme) — DHIALSACE

Les sœurs Papin, double assassinat au Mans - Grands Avocats

Affaire Papin (1933) | Criminocorpus

Femmes en colère de Mathieu MENEGAUX

Cour d'assises de Rennes, juin 2020.

Mathilde Collignon, gynécologue, mère de deux enfants est accusée d’un « crime barbare » qu’elle reconnaît avoir commis. Elle attend le verdict dans sa cellule, où elle tient un journal intime qui dévoile progressivement sa version des faits.

Trois ans plus tôt, Mathilde a été violée par deux hommes. Convaincue que la justice ne la protégera pas — en tant que médecin, elle connaît trop bien les failles du système — elle décide de se faire justice elle-même. Ce geste, médiatisé dans le monde entier, la place aujourd’hui sur le banc des accusés, risquant 20 ans de réclusion.

Pendant ce temps, dans la salle des délibérations, jurés et magistrats doivent choisir entre punition et pardon. Dans cette affaire de vengeance, médiatisée à outrance, trois magistrats et six jurés populaires sont appelés à trancher : avoir été victime justifie-t-il de devenir bourreau ?

Le récit alterne entre :

  • le huis clos des délibérations, où jurés et magistrats projettent leurs propres histoires, leurs colères, leurs contradictions

  • le journal de Mathilde, qui révèle peu à peu ce qu’elle a subi, ce qu’elle a fait, pourquoi et comment

Il aborde les thèmes

  • des violences sexuelles et de la culture du viol

  • des défaillances de la justice face aux victimes

  • de la place de la parole des femmes dans l’espace public, et donc de la colère féminine

  • de la vengeance, la légitimité et la responsabilité

La question centrale reste donc : avoir été victime justifie t-il de devenir bourreau ? Faut-il pardonner ou punir ? Le verdict, rendu à la fin, apporte une conclusion claire mais laisse un malaise volontaire, une réflexion ouverte sur la justice et ses limites.

La justice et ses failles

Notre système judiciaire est certes imparfait, parfois inhumain, souvent défaillant pour les victimes de violences sexuelles : difficulté de prouver un viol, la lenteur des procédures, la solitude des victimes, l’écart entre la loi et la réalité vécue.

La justice apparaît comme un labyrinthe froid, où la vérité émotionnelle n’a pas toujours sa place. Ce thème est central : c’est l’impuissance face à ce système qui pousse Mathilde à agir.

La colère

La colère est le moteur du récit, qu’elle soit intime, silencieuse, accumulée, née de l’injustice et de l’humiliation.

Le roman s’inscrit dans l’après #MeToo, mais sans slogans. Il explore la colère des femmes quand elles ne sont ni crues, ni protégées. Cette colère devient un personnage à part entière.

La parole des femmes

Mathilde écrit son journal dans sa cellule ; elle peut enfin dire ce qu’elle a vécu, dire ce qu’elle ressent, dire ce qu’elle n’a jamais pu expliquer devant la justice.

Le roman interroge la légitimité de la parole féminine : pourquoi faut-il tant de preuves pour être crue ? Pourquoi la parole des femmes est-elle encore suspecte, contestée, minimisée ?

Le poids des histoires personnelles

Les jurés ne sont pas neutres. Chacun arrive avec ses blessures, ses préjugés, ses expériences, et aussi ses colères.

Le roman montre que juger n’est jamais un acte purement rationnel. La justice est humaine, donc imparfaite. Ce thème donne une profondeur sociologique au récit.

Le trauma et ses conséquences

Le viol n’est pas décrit de manière graphique, mais ses effets sont omniprésents : la dissociation, la perte de confiance, la peur, l’isolement, le sentiment d’injustice, d'où la révolte.

Le dilemme moral

Le cœur du roman est un cas de conscience : Mathilde a été victime mais elle a commis un acte terrible. Le lecteur est placé dans une zone de profond malaise :

  • Peut-on comprendre sans excuser ?

  • Peut-on juger sans condamner ?

  • La vengeance peut-elle être un acte de survie ?

Mathilde est à la fois : victime, coupable, mère, médecin, et une femme brisée.

Le roman interroge : Qu’est-ce qu’être responsable quand on a été détruite ? La responsabilité n’est pas effacée, mais elle est complexifiée. C’est un thème éthique majeur.

Alors, avoir été victime justifie‑t‑il de devenir bourreau ?

Au regard de la loi, non, jamais. La justice française repose sur un principe fondamental : la souffrance subie ne donne pas le droit de faire souffrir en retour. Sinon, on bascule dans la vengeance privée, dans la spirale de la violence, dans un monde où chacun devient juge et bourreau.

La loi protège la société précisément parce qu’elle refuse la logique du talion.

Au regard de la morale, c’est beaucoup plus compliqué. Notre système de valeurs tient compte du contexte, de l’intention, de la détresse, de l’impuissance, de la défaillance des institutions.

Une victime qui n’a pas été crue, pas protégée, pas accompagnée, peut être poussée à des actes extrêmes. Si cela ne se justifie pas, cela peut s’expliquer. Car comprendre n’est pas excuser.

La colère peut alors déborder

Quand la justice échoue, quand la société minimise, quand la parole est étouffée, la colère peut devenir un moteur, un refuge, une arme, une manière de reprendre du pouvoir.

Mathilde ne devient pas bourreau par cruauté. Elle devient bourreau parce qu’elle a été abandonnée. Le roman montre comment une victime peut glisser vers l’irréparable quand elle n’a plus d’autre espace pour exister, d’autre choix que le passage à l’acte.

Le roman cherche à faire réfléchir

A aucun moment, l’auteur ne prend position ; le roman ne cherche pas à trancher : il nous invite à réfléchir et nous place face à un dilemme impossible :

Que vaut la justice quand elle ne protège pas ?

Que vaut la loi quand elle laisse les victimes seules ?

Que vaut la morale quand la souffrance déborde ?

Une seule certitude demeure : être victime n’autorise pas à devenir bourreau. Mais être bourreau n’efface pas la douleur lorsque l'on a été victime….

Mathilde, une femme ordinaire

Mathilde n’est pas « une femme ». Elle est à la fois toutes celles qui n’ont pas été crues, qui ont été abandonnées par la justice, qui ont dû continuer à vivre avec un trauma, qui ont ressenti une colère sans issue.

Car Mathilde est construite comme un miroir : elle pourrait être n’importe laquelle d’entre nous.

Même si l’histoire est contemporaine, elle éclaire, elle explore la condition féminine à travers le temps : la vulnérabilité des femmes, la difficulté d’accéder à la justice, la pression sociale, la charge mentale, la solitude face au trauma.

Ces thèmes traversent malheureusement les siècles.

*

Pour en savoir plus :

Femmes en colère de Mathieu Ménégaux et Pierre-Alain Leleu - Captation du 7 avril 2025

Femmes de porcelaine de V. de CLAUSADE et E. HESME

Ce roman historique est ancré dans la réalité sociale de 1905 au cœur de l’industrie florissante — et impitoyable — de la porcelaine ; il se déroule à Limoges commune de Nouvelle-Aquitaine, préfecture du département de la Haute-Vienne, capitale de la province historique du Limousin. Les ouvrières de la manufacture Haviland subissent des conditions de travail dures, aggravées par le droit de cuissage exercé par un contremaître.

Au centre du récit deux femmes :

  • Anne, ouvrière à la manufacture, figure de la révolte

  • Clotilde, épouse du patron… et sœur d’Anne, dont elle a été séparée dans l’enfance.

Tout les oppose : classe sociale, mode de vie, loyautés. Pourtant, l’insurrection les force à se retrouver, à affronter leur passé commun et à reconstruire une sororité brisée.

Femmes de porcelaine s’appuie sur une histoire vraie… mais reste un roman puisqu’il est construit autour d’un événement historique réel.

Voici donc un roman historique qui mêle mouvements sociaux et éveil syndical, solidarité ouvrière, violences faites aux femmes, amours contrariés, questionnement sur le pouvoir et les conventions sociales et bien sûr les stratégies de survie.

Anne et Clotilde, telles des pièces de porcelaine réparées selon l’art du kintsugi, tentent de magnifier leurs fractures pour retrouver leur liberté et leur voix.

*

Pour en savoir plus :

VARDELLECamille, Jean-Baptiste – Maitron

Sanglantes émeutes à Limoges · Bibliothèque numérique du Limousin ·Limoges

Guerre civile à Limoges : la révolte de la « ville rouge »

Limoges,1905 : grève historique des ouvrières de Haviland contre leharcèlement sexuel - Caminteresse.fr

Archives en ligne

usine de porcelaine Théodore Haviland – POP

Porcelaine de Limoges - Haviland site officiel

Les grèves de 1905