mardi 12 mai 2026

Comment la mort laisse des traces administratives, sociales et matérielles

Pour faire suite au dernier atelier que j’ai animé sur les « archives funéraire », voici un cas pratique de recherche : la sépulture d’Antoinestte Deiber Trenck du cimetière d’Oberhaslach, trouvé sur le site Find a grave.

DEIBER et TRENCK sont deux patronymes que je retrouve très souvent dans mon arbre ; j’en déduis donc que cette personne « Antoinette » appartient à mon arbre généalogique, non pas en tant qu’ancêtre directe, mais en qualité de collatérale.

Je relève les noms de famille sur les deux stèles, et sur ce même caveau, tout en bas, a été ajouté une autre plaque. Tous ces gens doivent appartenir à la même famille, et par conséquent, à la même concession.

« Hier ruht in Gott » c’est à dire « ici repose en Dieu (en paix) »

Deux stèles pour un même caveau :

Antoinette TRENCK née DEIBER (1878 - 1933) Auguste DEIBER (1843 – 1907)

Berta TRENCK (1905 - 1918) Joséphine OSWALD (1851 – 1920)

Louis TRENCK (1873 - 1947)

Une 3ème plaque est ajoutée :

Philippe JUCHS(1903 – 1949)

Angèle JUCHS née TRENCK (1904 – 1991)

Mes recherches vont s’effectuer dans les AD 67 en ligne, dans le petit village d’Oberhaslach ; j’ai la chance que les registres sont peu épais et mes « trouvailles » rapides et fructueuses :

Le 1er couple DEIBER-OSWALD

Auguste DEIBER, né le 18 novembre 1843 (AD 67 n°28 page 8/11) et Joséphine OSWALD née le 18 janvier 1851 (AD 67 n°3 page 2/14) se sont mariés à Oberhaslach le 28 janvier 1872 (AD 67 n°1 page 3/7).

Auguste est le fils d’Antoine et le petit-fils de Nicolas, mon SOSA 64.

L’acte de mariage est rédigé en allemand (écriture cursive Kurrent) dans le cadre de l'administration de l'Empire allemand ; les publications ont été effectuées à Oberhaslach et à Niederhaslach les dimanches 14 et 21 janvier de l'année 1872, à midi, sans opposition.

L'acte est daté de 1872, juste après l'annexion de l'Alsace par l'Allemagne. C'est pourquoi le formulaire est en allemand. On remarque que le mois de naissance d'Augustin est noté "Wintermonat" (mois d'hiver), un terme ancien pour désigner novembre.

Grâce à GENEANET, j’ai pu voir que le couple avait eu 4 enfants :

  • Edmond, décédé à 7 mois

  • Justine, décédée à 13 mois

  • Albert, décédé en 1953 à Nagasaki (Japon)

  • et Marie Antoinette, née en 1878 ; ce qui m’amène au 2ème couple


Le 2ème couple TRENCK - DEIBER

Antoinette DEIBER, née le 17 janvier 1878 (AD 67 n°3 page 3/27), et Louis TRENCK, né le 17 avril 1873 ( AD 67 n°12 page 5/13 ) se sont mariés le 13 janvier 1902 à Oberhaslach (AD 67 n°2 page 4/12).

L’acte de mariage est également rédigé en allemand (écriture cursive de type Kurrent) provenant de la commune d'Oberhaslach, le 13 janvier 1902 (dreizehnten Januar tausend neunhundert zwei).

Si Antoinette est une enfant du couple précédent, Louis TRENCK, son conjoint, est un inconnu dans mon arbre ; et pourtant, le patronyme existe bien ! Il est notamment celui de mon SOSA 65, mais il n’existe - au stade de mes recherches actuellement préciserai-je avec prudence - aucun lien de parenté avec Louis TRENCK.

Il aurait été intéressant de trouver les recensements d’Oberhaslach, mais la période concernée n’est justement pas en ligne, entre 1866 et 1880 : une période de trouble….

Sur la stèle est également mentionnée une petite fille, Berta TRENCK (1905 - 1918). Albertine Berta avait une sœur ainée Angèle Marie. Nous abordons alors le 3ème couple.


Le 3ème couple JUCKS - TRENCK

Angèle Marie TRENCK, née le 20 février 1904 à Oberhaslach (AD 67 n°6 page 7/18) et Philippe Antoine, né le 11 avril 1903 à Haguenau (AD 67 n°154 page 90/275) se sont mariés le 26 mai 1933 à Oberhaslach (acte non numérisé).

Le couple a eu des enfants dont je ne révélerai pas l’identité, par simple correction.


La photo sur la stèle

Étant donné le style de la photographie - un médaillon en porcelaine typique de la fin du XIXe ou du début du XXe siècle) et les dates de décès, il est très probable que ce portrait soit celui de Auguste Deiber. Le costume et la posture correspondent aux standards photographiques de son vivant.

L'homme présente un visage ovale avec un regard frontal et direct. Il porte une moustache épaisse et soignée, grise ou peut-être poivre et sel, caractéristique de la mode masculine de la fin du XIXe siècle.

Son expression est digne, solennelle, ce qui est courant pour les portraits funéraires de cette époque destinés à la postérité. Il porte une veste de costume sombre à revers larges, une veste qu’il a très certainement taillé lui-même puisqu’il était tailleur d’habits.

On distingue une chemise blanche à col cassé, agrémentée d'une cravate nouée de couleur sombre.

Le portrait est présenté dans un médaillon ovale avec un cadre noir brillant, probablement en porcelaine ou en émail pour résister aux intempéries. Le fond est neutre et légèrement dégradé, ce qui permet de mettre en valeur la silhouette du défunt.

Ce portrait témoigne d'un certain statut social et surtout, de la volonté de la famille de conserver une image vivante et respectueuse de leur ancêtre.

Un ancêtre presque encore vivant….


*

Pour en savoir plus :

L'histoire des médaillons funéraires, de leur origine à l'apparition de laphotographie - Actualités - Photo-Porcelaine.com

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